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Un nouveau casino autochtone s’installe au Québec

Les Abénakis de Wôlinak se lancent officiellement dans l’industrie du jeu

Casino de Wôlinak
Photo Andréanne Lemire Le Grand Royal Casino, situé dans la communauté de Wôlinak, près de Bécancour, a officiellement ouvert ses portes lundi dernier.

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Depuis une semaine maintenant, le Québec compte un cinquième casino. Non, il n’appartient pas à Loto-Québec, mais bien, en partie, à la communauté abénakise de Wôlinak, où il est situé, près de Bécancour, entre Québec et Montréal.

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Le Grand Royal Casino a accueilli 500 personnes dès le premier jour, lundi dernier.

« On ne s’attendait pas à avoir autant de gens », lance Dave Bernard, directeur général du Conseil des Abénakis de Wôlinak, ravi. 

C’est lui qui, depuis 2015, porte le projet à bout de bras. Son plan d’affaires vise la récolte de 4 à 6 millions de dollars par année qui ira directement dans les poches de la petite communauté de 200 personnes. 

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure, des 35 000 pieds carrés que comptera le complexe, seuls 1500 sont accessibles, soit ceux consacrés à la portion casino et salles de jeux. 

On y trouve entre autres 350 machines à sous, trois tables de black jack et bientôt de six à huit tables de poker. Deux restos, un plus chic et un plus décontracté, complètent l’offre. 

Pour faire rouler le tout, le Grand Royal compte sur une équipe d’environ 75 personnes, dont à peu près 30 sont membres de la communauté. 

Les autres pieds carrés prendront la forme d’une salle de spectacle de 1200 places qui devrait être terminée au mois de septembre. L’équipe souhaite y organiser des combats de boxe, entre autres. 

Un projet de 12 millions $

Pour financer son opération, Dave Bernard a fait la ronde des investisseurs potentiels. Il s’est rendu aussi loin que Londres, en Angleterre. 

« On avait un problème de capacité. Les investisseurs étaient intéressés par des projets de 20-25-50 millions, mais on n’avait pas la capacité à Wôlinak d’accueillir une aussi grosse structure », expose le DG.

C’est plutôt le Québécois Ofer Baazov, mieux connu sous le prénom de Josh, qui a été choisi pour financer le projet. Il s’agit du frère de David Baazov. Tous deux sont les principaux acteurs de la saga Amaya, qui a été pendant des années dans le collimateur de l’Autorité des marchés financiers.

En avril dernier, notre bureau d’enquête révélait que Josh Baazov a signé une entente avec le conseil de bande pour la gestion du casino au cours des 20 prochaines années qui prévoit qu’il touchera 75 % des profits. Les 25 autres % iront à la communauté. 

Avec deux partenaires d’affaires de Montréal, le gestionnaire du casino a également fait un prêt de plus de 7 millions $ pour la construction de l’établissement de jeu.

Dave Bernard prévoyait que le projet allait coûter 8 millions à bâtir. Ce fut plutôt 12 millions.

« La construction en pandémie, ce n’est pas ce qui est le plus agréable. On a connu des délais de livraison et des augmentations du coût des matériaux », indique-t-il.

Un point de départ pour faire connaître la culture abénakise aux Québécois  

On l’aura compris, Dave Bernard et le Conseil des Abénakis de Wôlinak voient grand avec leur nouveau casino. 

Le but, outre de garnir les comptes de la communauté, est d’amener les gens à découvrir la culture abénakise dont les jeux de hasard font clairement partie. Et pour cela, il ne faut pas que Wôlinak soit un endroit de passage, mais bien un lieu où l’on reste. D’où la construction prochaine d’un hôtel.

« Maintenant qu’on amène des gens à Wôlinak, il faut qu’on leur offre un endroit où dormir. Ensuite, on veut les occuper pour la fin de semaine, on pense à une offre récréotouristique qui va être développée avec notre culture au centre de tout ça », explique Dave Bernard.

Activités culturelles

La culture autochtone ne sera jamais bien loin.

« Jardin extérieur à saveur autochtone, activités et excursions de traîneau à chiens, activité de pêche, activité de sudation, cérémonie des fêtes avec la fête du maïs à l’automne, etc. », tout a été pensé pour proposer, à long terme, une véritable expérience autochtone dans la communauté. 

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