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Droits des femmes: nous ne devons jamais reculer

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Comme toutes celles et tous ceux qui ont lutté pour l’égalité des chances, pour que nous reconnaissions pleinement l’égalité des femmes, pour que chacune et chacun puisse participer pleinement à la construction d’une société où tous sont traités équitablement, je m’impatiente et je trouve que les choses ne progressent pas assez rapidement.

Pourtant, quand on regarde en arrière, on est stupéfaits du travail accompli. Nous partions de tellement loin. Jusqu’en 1960, sous un régime politique passéiste, les Québécoises étaient soumises aux diktats d’un clergé profondément ancré dans une vision très traditionnelle du rôle de la femme.

Photo AFP

Il a fallu attendre le 14 décembre 1961 pour qu’une première femme, Marie-Claire Kirkland, soit élue députée à l’Assemblée nationale. En 1964, c’est elle qui réussit à faire amender le Code civil pour qu’une femme mariée ne soit plus soumise à l’obligation d’obéissance à son mari. Le rôle de la majorité des femmes était bien défini : procréer, tenir maison et élever les enfants.

En trois générations, la situation a changé radicalement. Aujourd’hui, les Québécoises sont formées et présentes dans tous les domaines de l’activité humaine. Elles vivent dans une des sociétés les plus avant-gardistes.  

Création des CPE

Depuis la création des CPE et la mise en œuvre de la politique familiale, elles sont devenues les championnes de la participation au marché du travail. Elles ont démontré qu’elles peuvent occuper toutes les fonctions. Comment ne pas souligner que deux femmes dirigent Hydro-Québec, notre plus grande société d’État, que 40 % des députés de l’Assemblée nationale sont des femmes ?

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Nous avons fait des pas de géant, mais pour les femmes rien n’est jamais définitivement acquis. Depuis quelques années, nous voyons croître l’influence des mouvements de l’extrême droite américaine et des groupes évangélistes qui luttent contre le droit des femmes de contrôler librement leur corps. Il ne faut pas se leurrer, nous ne sommes pas à l’abri. L’influence de ces mouvements intégristes ne nous épargnera pas si nous ne sommes pas vigilantes.

Par ailleurs, notre monde évolue à une vitesse inouïe. Nous avions pressenti l’importance des changements technologiques et la nécessité du combat contre les changements climatiques, mais qui avait prévu la pandémie qui nous a frappés de plein fouet ? Qui avait deviné qu’une folie guerrière ferait des centaines de milliers de réfugiés en Europe ?

L’histoire qui s’écrit sous nos yeux n’est pas sans risque pour les femmes.

Et maintenant, une guerre...

Depuis plus de deux ans, la pandémie a affecté l’emploi des femmes plus que celui des hommes et, bien souvent, ce sont elles qui ont eu à supporter le surcroît des travaux à la maison.

Et voilà qu’avant même que nous puissions dire adieu à la COVID, la guerre éclate en Europe. Hier, en regardant les actualités, on a vu des femmes qui courent avec leurs enfants pour fuir les zones de combats, qui attendent des jours dans des conditions sanitaires déplorables pour prendre un train afin d’échapper aux fusils et aux bombes. Je n’ose penser à ce qui arrive à celles qui sont dans les maisons aux mains des envahisseurs.

Cette nouvelle donne géopolitique aura aussi pour conséquence de forcer les États à investir des sommes faramineuses dans les budgets militaires. Si nous ne sommes pas vigilantes, cela se fera notamment au détriment des services en éducation et en santé, là où se dessine l’égalité des chances.

Aujourd’hui, 8 mars, je crois qu’il faut parler clair et fort : nous ne devons jamais reculer.

Nous devons poursuivre notre marche vers l’égalité réelle et toujours garder en mémoire Simone de Beauvoir, qui disait avec clairvoyance :

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Pauline Marois, ex-première ministre du Québec

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