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Guerre en Ukraine: l'attaque de civils presque inévitable

Guerre en Ukraine: l'attaque de civils presque inévitable
AFP

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Affamer des villes et attaquer des civils fait souvent partie de la stratégie de l’envahisseur, rappellent plusieurs experts qui ne s’attendent pas à une très grande éthique de guerre de la part de la Russie en Ukraine.  

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«Malheureusement, l’attaque sur des civils, c’est régulier. C’est dans presque tous les conflits», résume François Audet, professeur de gestion et spécialiste d sujet de l’aide humanitaire à l’UQAM. 

L’exode de milliers d’Ukrainiens tentant de fuir les bombardements se poursuivait mardi. Des habitants évacués de la ville de Soumy sont arrivés sains et saufs dans le centre du pays grâce à un couloir humanitaire qui semble avoir été respecté. 

Le portrait est toutefois différent dans la ville assiégée de Marioupol, où les civils sont coincés et privés d’eau, de nourriture et d’aide humanitaire. 

Combien de temps la population de Marioupol pourrait-elle tenir? Les experts n’osent pas se prononcer, puisque tout dépend des réserves sur place et du contexte. 

Mais France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale, rappelle que pendant la guerre de Bosnie, le siège de Sarajevo a tenu quatre ans. 

«Ils ne mourront pas de faim à court terme. Mais sur plusieurs semaines, ça peut devenir extrêmement difficile», explique M. Audet. 

«Si en plus ils n’ont pas d’électricité, le froid peut devenir pire que tout», ajoute-t-il à propos des gens réfugiés dans l’humidité et la noirceur des abris et sous-sols de béton. 

Violation évidente

L’armée russe a-t-elle le droit d’empêcher ainsi l’approvisionnement d’une ville en denrées vitales? «Non, c’est une violation évidente du droit international humanitaire», répond de but en blanc Mulry Mondélice, professeur en droit international au Collège militaire royal de Saint-Jean. 

Or, étouffer une ville en empêchant le ravitaillement «fait partie des tactiques de la guerre», déplore Mme Langlois. 

Selon la Convention de Genève, l’éthique de guerre veut que les belligérants évitent de prendre des civils comme cibles et permettent aux organismes humanitaires d’accéder aux territoires de guerre, notamment pour soigner les blessés. 

«Depuis la fin des années 1990, le droit humanitaire est de plus en plus mis à mal», observe Mme Langlois. 

«La Russie ne s’enfarge pas du tout dans le droit international. Du point de vue occidental, ça nous apparaît épouvantable. Mais du côté russe [...], on fait fi complètement de ça», dit M. Audet. 

Levier politique

Dans les conflits récents, la souffrance des civils est même utilisée comme levier politique. «Plus le temps passe, plus les politiciens ukrainiens vont devoir juger jusqu’à quel point ils sont prêts à perdre des civils», ajoute-t-il. 

Ce qui vient complexifier la situation, c’est que la ligne qui sépare civils et militaires devient floue lorsque les gens décident de s’armer pour résister. Reste que les Ukrainiens font face à «un drame humanitaire et historique», conclut M. Audet. 

-Avec l’AFP

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