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Contre Poutine : fermeté, patience et imagination

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Les appels se multiplient pour un engagement militaire direct de l’Alliance atlantique contre les forces russes en Ukraine. Ce serait périlleux.

Devant l’horreur de l’invasion russe en Ukraine et la colère qu’elle entraîne en Occident, des voix s’élèvent pour réclamer que l’OTAN impose une zone d’interdiction aérienne ou envoie ses troupes sur le terrain.

Comme les Russes en ont déjà plein les bras avec la résistance héroïque des Ukrainiens, on peut supposer qu’une intervention directe de l’OTAN suffirait à les rabattre vers la frontière.

Alors, pourquoi ne pas entrer dans la mêlée ?

Dangereuse escalade

On ne le répétera jamais assez : une confrontation directe de l’OTAN contre la Russie présenterait un risque réel d’escalade et il est impossible d’exclure qu’un tel scénario mène – par le biais d’une action consciente ou par accident – à une catastrophe nucléaire.

Même si on écarte la menace nucléaire, il ne faut pas négliger l’avantage politique interne que représenterait pour Vladimir Poutine l’initiation d’une confrontation directe par l’OTAN.

Pour un régime qui peine à justifier auprès de sa population une guerre contre un peuple voisin qui ne menace aucunement la Russie, l’engagement direct des Américains et des alliés aurait un effet mobilisateur inespéré.

Fermeté et patience

Les Occidentaux doivent s’inspirer de la détermination des résistants ukrainiens pour faire preuve de fermeté et d’audace, sans céder à l’impatience.

D’abord, les sanctions économiques contre la Russie s’avèrent plus mordantes que prévu. À moyen terme, les larges segments de la population russe qui tolèrent le régime répressif de Poutine dans la mesure où ils peuvent profiter des bienfaits de l’intégration économique avec l’Ouest vont se poser de sérieuses questions sur leurs perspectives d’avenir derrière le nouveau rideau de fer que le maintien des sanctions leur garantirait.

Les sanctions sont imparfaites, notamment celles qui touchent le pétrole et le gaz, mais leur portée augmente chaque jour. Évidemment, l’augmentation rapide des prix du carburant teste la volonté politique et la patience des gouvernements occidentaux. Aux États-Unis, par exemple, l’opposition républicaine blâme Biden pour les prix élevés à la pompe pour se faire du capital politique auprès d’un public déjà exaspéré par l’inflation.

L’imagination à la rescousse

Les dirigeants occidentaux doivent surtout faire preuve d’imagination pour aider concrètement la résistance des Ukrainiens et resserrer les sanctions économiques.

Par exemple, le casse-tête qui entoure la possibilité de fournir des avions de chasse polonais Mig à l’aviation ukrainienne sans que ce transfert n’implique un engagement direct de troupes alliées dans le conflit devrait pouvoir être surmonté. C’est un problème logistique complexe, mais pas insoluble.

Pareillement, les efforts doivent être intensifiés pour trouver des sources alternatives pour remplacer à court terme le pétrole et le gaz russes sur le marché mondial et pour assurer à plus long terme une réduction de la dépendance sur le pétrole de nos économies.

L’invasion russe en Ukraine a provoqué la colère de l’Occident, mais la colère est mauvaise conseillère dans ce genre de situation. La fermeté, la patience et l’imagination doivent prévaloir.

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