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L’extrémisme intérieur «là pour rester au Canada», selon la conseillère en sécurité nationale

L’extrémisme intérieur «là pour rester au Canada», selon la conseillère en sécurité nationale
AFP

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OTTAWA | L’extrémisme violent est un problème bien ancré au Canada, au point qu’il inquiète la conseillère en sécurité nationale du premier ministre Trudeau et les espions canadiens.

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«La violence domestique motivée par l’extrémisme est présente au Canada et elle est là pour rester», a prévenu la conseillère à la sécurité nationale et au renseignement auprès du premier ministre, Jody Thomas.

Mme Thomas participait aujourd’hui à la Conférence d’Ottawa sur la défense et la sécurité.

«Nous avons vécu avec une splendide et naïve supériorité en pensant que ce n’était pas un problème au Canada, que c’était un problème du sud de la frontière, que ça existait dans d’autres pays, mais pas au Canada, et ce n’est simplement pas vrai», a-t-elle déclaré, se disant préoccupée.

Mme Thomas a souligné que ce type de violence, liée notamment au suprématisme blanc et à l’extrême droite, avait tué 26 personnes et en avait blessé 40 autres depuis 2016 au pays.

«Convoi de la liberté»

La conseillère de Justin Trudeau est de fait d’avis que le gouvernement fédéral a bien fait de déclarer l’état d’urgence le mois dernier face au convoi qui assiégeait la capitale fédérale et plusieurs points frontaliers stratégiques.

«Il n’y a aucun doute qu’ils sont venus pour renverser le gouvernement», a-t-elle dit.

Mme Thomas a expliqué que les assiégeants d’Ottawa avaient établi une chaîne d’approvisionnement et bénéficiaient de fonds provenant de tout le Canada et d’ailleurs, ce qui leur aurait permis de rester longtemps.

Plusieurs étaient arrivés en ville avec en main un mémorandum réclamant la démission du gouvernement, afin qu’ils puissent eux-mêmes constituer un gouvernement avec la gouverneure générale et le Sénat.

Les espions préoccupés

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a signalé dès 2019 qu’il était de plus en plus préoccupé par «le nombre d'activistes d'extrême droite et de suprémacistes blancs» actifs au pays.

«Nous voyons des gens utiliser les méthodes des terroristes pour causer des préjudices», avait alors déclaré le directeur de l'agence, David Vigneault, devant le Sénat.

Il se référait alors à l'attaque meurtrière perpétrée à Toronto par Alek Minassian, un homme radicalisé en ligne qui invoquait la philosophie misogyne des «incels» (célibataires involontaires).

Le SCRS explique que l’extrémisme violent à caractère politique «appelle au recours à la violence pour instaurer de nouveaux régimes politiques ou pour modifier les structures et les normes des régimes existants».

L’extrémisme violent à caractère idéologique, selon le SCRS, est lui le résultat d’«une série de récriminations et d’idées qui couvrent tout le spectre idéologique traditionnel».

La vision du monde de ses adeptes «s’articule autour d’un discours personnalisé, axé sur la volonté de mobiliser des personnes, de les inciter à perpétrer des actes de violence et de leur donner les moyens de passer à l’action», indique l’agence.

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