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Parahockey : le combat de Raphaëlle Tousignant

Parahockey : le combat de Raphaëlle Tousignant
PHOTO COURTOISIE JEAN-BAPTISTE BEVANENT

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C’est avec le cœur gros que Raphaëlle Tousignant regardera la finale mettant en vedette l’équipe canadienne de parahockey des Jeux paralympiques de Pékin, tard samedi soir, à l’heure du Québec. 

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La Québécoise, qui est l’une des meilleures joueuses de parahockey au pays, a de la difficulté à comprendre pourquoi elle et ses coéquipières de l’équipe nationale féminine n’ont pas la même opportunité que les hommes.

Il n’y a pas et n’a jamais eu de tournoi féminin dans cette discipline lors de cette prestigieuse compétition. Le comité organisateur a d’ailleurs annoncé qu’il n’avait pas l’intention de remédier à la situation pour l’événement de 2026 à Milan, en Italie.

«Ça prend un minimum de sept équipes pour tenir une compétition aux Jeux paralympiques, explique Tousignant. Présentement chez les gars, il y a deux groupes et le groupe A compte seulement trois équipes. Je me demande pourquoi on ne pourrait pas juste tenir une compétition avec les clubs féminins?»

Présentement, il y a seulement trois équipes féminines qui représentent leur pays en parahockey, soit le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

«Pour justifier la situation, on affirme que le parahockey est un sport mixte. Mais la réalité, c’est qu’il y a seulement eu trois femmes dans l’histoire qui ont participé aux Jeux paralympiques dans notre discipline», avance Tousignant.

Parahockey : le combat de Raphaëlle Tousignant
PHOTO COURTOISIE FACEBOOK RAPHAËLLE TOUSIGNANT

Manque de support

La jeune femme de 19 ans a aussi dit regretter que l’équipe nationale féminine, dont elle fait partie depuis l’âge de 14 ans, ne soit pas encadrée par la plus haute instance au pays.

«Nous ne sommes pas chapeautés par Hockey Canada. Nous travaillons avec leur fondation, mais c’est juste pour développer le sport. On ne soutient pas l’excellence.»

Pour faire partie de l’équipe féminine, Tousignant doit débourser tous les frais, ce qui n’est pas le cas chez les messieurs.

«On nous regarde de loin, mais il n’y a rien qui est fait. C’est dommage. Aux États-Unis, les femmes sont sous Hockey USA [l’équivalant de Hockey Canada].»

Avec les messieurs

Pour un jour vivre son rêve de représenter son pays sur la plus grosse scène, Tousignant doit se résigner et espérer devenir la première femme de l’histoire du Canada à percer la formation masculine.

«Il y a une partie de moi qui aime le défi de devoir compétitionner aux côtés des hommes, mais je me dis également que je ne devrais pas avoir à me battre autant pour quelque chose qui devrait déjà être un acquis en 2022», affirme l’athlète de Lachenaie.

«Je suis encore invitée au camp de développement de l’équipe masculine cette année, ce qui démontre qu’il y a une certaine ouverture. Je m’accroche beaucoup à ça, parce qu’il ne me reste pas beaucoup d’étapes à franchir pour y parvenir», ajoute celle qui avait été l’une des deux premières femmes de l’histoire à être invitées à ce type de camp en 2019.

Tousignant, qui a été frappée par un cancer des os quand elle avait seulement 9 ans, n’a cependant aucunement l’intention d’arrêter de se battre pour qu’un jour les femmes puissent participer aux Jeux paralympiques.

«Je me concentre sur la relève, dit-elle. Mon premier objectif est de travailler avec Hockey Canada dans les prochaines années afin de les convaincre de nous représenter. Ce serait déjà une étape importante de franchie.»

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