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Bryan Adams déçoit

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Trois ans après un album plutôt pop-rock opportuniste – et deux années après un gazouillis controversé combinant pandémie, véganisme et peut-être un soupçon de racisme –, Bryan Adams grimpe sur le proverbial ring avec un 15e LP qui se veut un pied de nez à la COVID-19 en soulignant notre « retour à la vie », à la joie, à l’éphémère, à l’envie de monter le son de la radio fort, fort en brûlant des kilomètres sur l’autoroute. 

Bryan Adams 

Photo courtoisie

★★1⁄2

So Happy It Hurts

On dirait un cliché de disque rock canadien, donc, et – pire encore – ça sonne tel quel.

ENTRE LA PARODIE ET LA NOSTALGIE

Par où commencer ? 

Adams fait autant écho à Tom Cochrane sur la pièce-titre qu’il flirte avec le blues sur Never Gonna Rain, la pièce suivante, pour ensuite abonder dans la ballade rock fromagée des années 1980 – synthés à l’appui – sur You Life Me Up. So Happy It Hurts est un LP nerveux. Sans temps mort, certes, mais aussi sans direction artistique ou investissement personnel perceptibles. On y tire tellement à boulets rouges que le penchant visiblement nostalgique – on ne criera pas à l’album « retour aux sources », mais presque – tangue vers le rock à numéros, voire le parodique.

C’est très bien ficelé, cela étant dit. 

Adams, le mélodiste, est rudement efficace. Le chanteur, lui, s’époumone toujours avec brio (d’où le pointage quand même moyen). C’est juste que, malgré les prétentions de l’œuvre, So Happy It Hurts est un hymne à la joie qui s’avère plutôt mollasson et, surtout, cruellement sage. Dommage. 

Men Without Hats 

Photo courtoisie

★★★

Again, Pt. 2

Ivan Doroschuk persiste et signe avec un nouvel album de synthpop seulette. Entre l’entêtement et le remâchement, l’artiste montréalais et ses sbires offrent un huitième LP aux fans de Men Without Hats, une décennie après Love in the Age of War et quelques mois après le maxi Again, Pt. 1 qu’on a déjà abordé ici. Again, Pt. 2, c’est de la pop d’une autre époque accompagnée de textes oscillant entre le nébuleux et le beau délire (All Into Stars en témoigne tout particulièrement). Doroschuk a visiblement une vision artistique, certes, mais celle-ci demeure davantage dans son cortex que sur disque cette fois. Pour fans purs et durs.

Rex Orange County 

Photo courtoisie

★★★1⁄2

WHO CARES ?

Le crooner pop Alexander James O’Connor, lui, tente de démontrer que l’effervescence entourant son projet est toujours justifiée sur ce quatrième LP qui divise déjà la critique. Du côté de The Guardian, on trouve l’album conservateur et l’artiste, lui, un peu trop enlisé dans son personnage d’éternel romantique au cœur invariablement brisé. De mon côté, je constate tout ça, en effet, mais je craque quand même pour celui qu’on pourrait également surnommer le Michael Bublé des hipsters. Sympa, bref. 

Ingrid St-Pierre 

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★★★★

Ludmilla

C’est maintenant autour d’Ingrid St-Pierre de lancer un album instrumental. Dans la foulée des œuvres remarquables d’Alexandra Streliski et de Cœur de pirate, notamment, St-Pierre propose – en compagnie du réalisateur Philippe Brault – une dizaine de pièces dignes de la fameuse mouvance néoclassique. Ludmilla demeure surtout une expérience tantôt solennelle, tantôt lumineuse qui s’écoute d’un trait, concentré, dans l’ordre et dans le calme. Une réussite, bref. 

Coup de coeur 

PECK

Photo courtoisie

★★★★1⁄2

Bronco : Chapters 1 & 2

Le fameux artiste country masqué démontre qu’il n’est pas un feu de paille sur ce deuxième LP ambitieux. Bien que le chanteur canadien galope toujours dans le même sillon de country sombre versant parfois dans le théâtral, voire le grandiloquent, Peck surprend aussi avec des morceaux comme The Curse of the Blackened Eye qui s’avèrent particulièrement lumineux et où l’énigmatique interprète atteint des notes inattendues. Pour les cowboys en mal d’amour et, étrangement, pour les amateurs de pop Instagram à la Lana Del Rey itou.

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