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Dépeuplée, l’Europe de l’Est s’ouvre aux Ukrainiens... pour l’instant

Dépeuplée, l’Europe de l’Est s’ouvre aux Ukrainiens... pour l’instant
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Réfugiés par millions, les Ukrainiens arrivent dans des pays d’Europe centrale et orientale proches culturellement et qui voient d’un bon œil cette potentielle main-d’œuvre qualifiée... tout en s’inquiétant d’un point de rupture.  

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Roumanie, Hongrie, Moldavie, Bulgarie : ces États sont plus habitués depuis la fin du communisme en 1989 à voir partir leur population qu’à accueillir de nouveaux habitants. 

Et même si la pénurie de bras ainsi qu’une solide croissance chez certains d’entre eux ont déjà nécessité ces dernières années de faire venir nombre d’ouvriers ukrainiens sur les chantiers ou chaînes de montage, les chiffres auxquels ils sont confrontés depuis l’invasion russe constituent un défi. 

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Plus de 2,5 millions de civils ont déjà fui les combats et les bombardements lancés par Moscou le 24 février pour gagner principalement, dans un premier temps, les pays de cette région, confrontée selon l’ONU au dépeuplement le plus rapide du globe.

Aubaine

Une opportunité à saisir, selon le patronat à Sofia : dans une lettre au gouvernement, ses représentants ont rappelé que des Ukrainiens pourraient occuper jusqu’à 200 000 postes non pourvus, dans l’informatique, l’hôtellerie, la construction ou le textile. 

D’autant que ces nouveaux venus sont aussi Slaves et chrétiens orthodoxes pour la plupart. Ils utilisent l’alphabet cyrillique et selon le premier ministre Kiril Petkov, ils sont «intelligents, éduqués, hautement qualifiés».

«Ce sont des Européens, donc nous sommes prêts à les accueillir», a déclaré ce libéral, tablant sur leur intégration rapide.

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Les employeurs visent particulièrement la large minorité bulgare en Ukraine.

Pays de 6,5 millions d’habitants — le plus pauvre de l’UE — la Bulgarie n’est pas en première ligne : quelque 20 000 Ukrainiens y sont actuellement recensés, un chiffre qui devrait grimper si les Russes s’emparent de la ville d’Odessa sur la mer Noire. 

Mais elle se montre très accueillante, tout comme la Hongrie, qui vante pourtant depuis 2015 une politique de tolérance zéro envers les clandestins traversant sa frontière avec la Serbie en provenance du Proche et du Moyen-Orient.

Obstacles

Logique pour Viktor Orban, un nationaliste au pouvoir depuis douze ans, en pleine campagne pour décrocher un quatrième mandat consécutif le 3 avril. 

«On sait faire la différence», dit-il sans prendre de gants. 

«Les migrants qui viennent du sud, on les arrête. Les réfugiés, eux, ont droit à toute notre aide», a-t-il résumé devant les journalistes la semaine dernière. Lui aussi pointe la proximité culturelle, une minorité hongroise étant là encore présente en Ukraine.

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Pas sûr, ceci dit, que tous ceux qui franchissent la frontière veuillent rester : si la région est en plein essor économique, son retard avec les pays les plus avancés d’Europe de l’Ouest reste abyssal. 

D’autres obstacles pourraient vite se révéler insurmontables. Personnes âgées, mères isolées, enfants : la plupart des demandeurs d’asile ne sont pas employables immédiatement. 

Vague d’ampleur

L’ONU rappelle que jamais depuis 1945 une crise n’a vu le nombre de personnes déplacées croître aussi rapidement.

«Comment cet afflux massif va-t-il être absorbé à travers l’Europe ? Cela va poser problème», prédit Brad Blitz, professeur au sein de l’University College de Londres, interrogé par l’AFP. 

Exemple en Moldavie, qui ne compte que 2,6 millions d’habitants et enregistre déjà 105 000 réfugiés sur un territoire modeste. 

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«Pour faire face, nous avons besoin d’aide, et tout de suite», lance d’ailleurs publiquement Natalia Gavrilita, la première ministre de ce pays d’ex-URSS désormais entièrement tourné vers Bruxelles, qui semble déjà submergé. 

Les 27 devraient se préparer dès maintenant à «répartir des centaines de milliers de personnes», exhorte Gerald Knaus, du groupe de réflexion European Stability Initiative. 

La crise ne fait en plus que commencer : «Ceux qui sont déjà là sont bien formés et comblent un vide», estime Sieglinde Rosenberger, de l’Université de Vienne en Autriche.

«Mais dans quelques mois, quand les plus pauvres suivront, il est fort probable que la position de ces pays évolue», prévient-elle, et qu’ils renouent avec leur hostilité passée envers les réfugiés.

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