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[SONDAGE] Les effets de la pandémie sur les Québécois, deux ans plus tard

[SONDAGE] Les effets de la pandémie sur les Québécois, deux ans plus tard
Illustration Journal de Montréal

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Les jeunes et les femmes ont été particulièrement bouleversés par la pandémie, selon un sondage Léger, qui révèle l’ampleur des mauvaises habitudes de vie qu’ont prises les Québécois.

«Il était temps qu’elle finisse, la pandémie», observe Jean-Marc Léger, président de la firme Léger, à la lumière des résultats d’un sondage Léger/Le Journal réalisé au début du mois de mars.

Dans les deux dernières années, plus d’un adulte sur trois a vécu du stress, a mal dormi, pris du poids et fait moins d’exercice qu’avant. «C’est beaucoup de monde», s’exclame le sondeur.

Impact sur le stress
41% des québécois se disent plus stressés, contre 11% pour qui le niveau de stress a diminué.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous été…?
Plus stressé
41%
Autant stressé
43%
Moins stressé
11%
NSP / Refus
5%
Voir les résultats selon le genre

Certaines catégories de la population ont été plus perturbées que d’autres, soit les femmes, les jeunes de 18 à 34 ans et les gens habitant la région métropolitaine.

À la base, les jeunes et les femmes tendent à présenter plus de symptômes anxieux ou dépressifs que les autres groupes, explique Isabelle Doré, professeure en kinésiologie et en santé publique de l’Université de Montréal. «C’est donc une vulnérabilité déjà présente et qui est exacerbée.» 

Impact sur la consommation d’alcool
19% des québécois ont consommé plus d'alcool, contre 17% qui en ont consommé moins.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous consommé…?
Plus d’alcool
19%
Autant d’alcool
34%
Moins d’alcool
17%
NSP / Refus
2%
Ne s'applique pas
28%
Voir les résultats selon l'âge
Impact sur la consommation de drogue
4% des québécois admettent avoir augmenté leur consommation de drogue, contre 2% qui l'ont réduite.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous consommé…?
plus de drogue
4%
autant de drogue
8%
moins de drogue
2%
NSP / Refus
2%
Ne s'applique pas
84%
Voir les résultats selon l'âge

Ce sont souvent les femmes qui ont dû jongler avec les répercussions de l’école à la maison et la fermeture des garderies, notent les experts interrogés.

Les femmes sont aussi nombreuses à occuper des emplois précaires dans les domaines qui ont subi le plus d’instabilité, comme la restauration, tandis que d’autres étaient surmenées, comme dans les hôpitaux. 

Impact sur le travail
16% des québécois ont diminué leur charge de travail alors que 14% l'ont augmentée.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Travaillé plus
14%
Travaillé autant
37%
Travaillé moins
16%
NSP / Refus
3%
Ne s'applique pas
30%
Impact sur le revenu
22% des québécois ont vu leur revenu diminuer, alors que 15% l'ont au contraire vu augmenter.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Gagné plus
15%
Gagné autant
61%
Gagné moins
22%
NSP / Refus
2%
Voir les résultats selon l'âge

Pour les jeunes, les confinements se sont succédé à un moment charnière de leur vie, où la socialisation est importante, où la carrière n'est pas encore établie.

«Deux ans de perdus, ça vaut beaucoup plus cher à 20 ans qu’à 50 ans», image Mircea Vultur, spécialiste de l’insertion professionnelle à l’Institut national de la recherche scientifique.

Pour ce qui est des résidents de Montréal, le fait d’avoir été confinés dans des logements plus petits qu’en région a sans doute pesé dans la balance, supposent plusieurs experts.

Comment expliquer que l’isolement vécu par les aînés ne se reflète pas dans les résultats? «Ils en ont vu d’autres», résume Jean-Marc Léger. 

Les gens qui ont plus d’expérience de vie ont en effet tendance à être plus résilients et à avoir une meilleure santé mentale que les plus jeunes, explique Isabelle Doré.  

Impact sur le bonheur
38% des québécois estiment avoir été moins heureux, alors que 5% se disent au contraire plus heureux.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous été…?
Plus heureux
5%
Autant heureux
53%
Moins heureux
38%
NSP / Refus
4%
Voir les résultats selon le genre

Impact sur la santé mentale
34% des québécois se sont senti plus fragiles, alors que 4% se sont senti plus équilibrés.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous été…?
plus équilibré
4%
autant équilibré
59%
plus fragile
34%
NSP / Refus
3%
Voir les résultats selon l'âge

De plus, la catégorie des 55 ans et plus inclut une grande part de gens actifs sur le marché du travail. «Et qui sont très heureux d’être à la maison le soir et de faire du pain», illustre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues.  

Impact sur le fait de cuisiner
33% des québécois ont cuisiné plus souvent, contre 6% qui admettent avoir été moins souvent derrière les fourneaux.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Cuisiné plus
33%
Cuisiné autant
59%
Cuisiné moins
6%
NSP / Refus
2%
Impact sur l'alimentation
69% des québécois n'ont pas modifié leurs habitudes alimentaires.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Mangé mieux
14%
Mangé comme avant
69%
Mangé moins bien
15%
NSP / Refus
3%
Voir les résultats selon la provenance

Notons qu’un grand nombre de Québécois (entre 40% et 60%) semblent avoir été peu affectés dans leurs habitudes de vie et leur bien-être. Mais dans la plupart des cas, le nombre de personnes dont l’état ou le quotidien s'est assombri est plus grand que le nombre d'individus dont la situation s’est améliorée.  

Impact sur l'équilibre de vie
34% des québécois ont un bilan négatif de la pandémie, alors que 13% considèrent leur vie plus équilibrée aujourd'hui.
Lorsque vous pensez à votre bilan des deux dernières années, diriez-vous que la pandémie vous a permis d’avoir une vie…?
Plus équilibrée
13%
Autant équilibrée
48%
Moins équilibrée
34%
NSP / Refus
5%
Voir les résultats selon le genre

«Globalement, le Québec est plus gros qu’avant», tout en étant moins en forme, résume Jean-Marc Léger.

Impact sur le poids
37% des québécois ont pris du poids, alors que 13% en ont perdu.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Pris du poids
37%
Maintenu votre poids
48%
Perdu du poids
13%
NSP / Refus
2%
Voir les résultats selon le genre

La fermeture des gyms y est sans doute pour quelque chose.

Impact sur l'exercice
44% des québécois admettent avoir fait moins d'exercice, alors que 13% en ont profité pour augmenter leur fréquence d'entraînement.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous fait…?
Plus d'exercice
13%
Autant d'exercice
39%
Moins d'exercice
44%
NSP / Refus
4%

De plus, les télétravailleurs n’avaient plus besoin de se déplacer, alors que bon nombre de Montréalais utilisaient ce déplacement pour être actifs, note Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids.  

On peut aussi voir un lien entre le stress vécu et les habitudes de vie, notent les experts.

Par exemple, les personnes anxieuses tendent à avoir plus de difficulté à s’endormir ou à avoir un sommeil réparateur, explique Georgia Vrakas, du Département de psychoéducation de l’UQTR.

Impact sur le sommeil
34% des québécois ont moins bien dormi, alors que 4% ont vu leur sommeil s'améliorer.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous dormi…?
mieux
4%
aussi bien
59%
moins bien
34%
NSP / Refus
2%

Aussi, il est plus difficile de se motiver à bouger quand on est anxieux ou déprimé. À l’inverse, le fait de bouger a des bienfaits sur la santé mentale.

«C’est un peu l'œuf ou la poule», résume Christine Grou, de l’Ordre des psychologues.

Le temps passé devant un écran a augmenté pour presque la moitié des adultes, mais ce chiffre est encore plus élevé chez les jeunes.

Impact sur l’écoute de la Télévision
45% des québécois confessent avoir plus écouté la télévision alors que 8% d'entre eux l'ont moins écoutée.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Écouté plus
45%
Écouté autant
45%
Écouté moins
8%
NSP / Refus
2%

Quelque 58% des gens de 18 à 34 ans ont en effet passé plus de temps sur les réseaux sociaux.

«Souvent, les réseaux sociaux peuvent être un véhicule de stress accru», note Isabelle Doré, professeure en kinésiologie et en santé publique de l’Université de Montréal.

Impact sur le temps passé sur les réseaux sociaux
40% des québécois admettent avoir passé plus de temps sur les réseaux sociaux alors que 10% ont au contraire diminué leur consommation.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous passé…?
Plus de temps
40%
Autant de temps
44%
Moins de temps
10%
NSP / Refus
5%
Voir les résultats selon l'âge

Elle croit d’ailleurs que l’importance de délaisser quelque peu les écrans pour se remettre à l’exercice sera l'un des enjeux de santé publique de l’après-pandémie.

Impact sur les achats en ligne
53% des québécois ont fait plus d'achat en ligne, contre 10% qui en ont effectué moins.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous…?
Acheté plus
53%
Acheté autant
30%
Acheté moins
10%
NSP / Refus
7%

On aurait pu croire que les couples ont profité des confinements pour passer plus de temps sous la couette. Ce n’est pas le cas, particulièrement chez les personnes ayant entre 35 et 54 ans.

«Je ne suis pas sexologue», avertit Chiara Piazzesi, mais on peut émettre l’hypothèse que le stress, l’anxiété et la reconfiguration constante du quotidien ont joué un rôle dans cette baisse de l’activité sexuelle.

«Le renfermement dans l’espace domestique peut aussi avoir causé des frictions», ajoute la professeure de sociologie de l’intimité amoureuse à l’UQAM.

Impact sur la sexualité
31% des québécois ont eu une vie sexuelle moins active alors que 5% ont vu cette dernière augmenter.
Durant les deux ans qu'ont duré la pandémie, avez-vous eu une vie sexuelle…?
plus active
5%
autant active
47%
moins active
31%
NSP / Refus
17%
Voir les résultats selon l'âge

«Pour qu’un couple soit vivant, c’est important qu’il y ait un ailleurs, abonde Geneviève Beaulieu-Pelletier, professeure de psychologie. Autrement dit, il faut parfois se distancer pour se dire: j’ai hâte de te voir.»

Pour ce qui est des célibataires, les couvre-feux et les fermetures des bars et restaurants ont rendu ardue la possibilité des rencontres, notent les expertes.  

Intentions post-pandémiques de sorties
20% des québécois ont l'intention de sortir moins, contre 13% qui au contraire veulent sortir plus.
Lorsque vous pensez à la fin de la pandémie, prévoyez-vous…?
sortir plus
13%
sortir autant
62%
sortir moins
20%
NSP / Refus
5%

FORT APPUI POUR LA LEVÉE DES MESURES SANITAIRES  

Les Québécois en ont assez des mesures sanitaires, puisque plus de la majorité d’entre eux appuie la levée des restrictions, incluant le port du masque obligatoire.

Chez les moins de 55 ans, c’est même plus de 65% qui sont en faveur d’un retour complet à la normale.  

Fin des restrictions sanitaires
59% des québécois.e.s sont POUR la levée de toutes les restrictions sanitaires.
Êtes-vous pour ou contre la levée de toutes les restrictions sanitaires (incluant le port du masque)?
Oui
59%
Non
33%
NSP / Refus
8%
Voir les résultats selon la langue

Catherine Maertens, analyste de recherche chez Léger, s’est elle-même reconnue dans les données quand elle a rédigé le rapport du sondage.

«J’ai six spectacles de prévus dans les trois prochaines semaines», avoue en riant la jeune femme de 25 ans.

Évolution rapide

Or, il n’y a pas si longtemps, les Québécois étaient beaucoup plus frileux. En février, ils étaient 36% à se dire pour la levée des restrictions et, en janvier, seulement 20%, rappelle Jean-Marc Léger.

Cela s’explique notamment par la fulgurance de la vague Omicron, explique Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. «Quand ça monte vite en flèche, c’est très court.»

«Une bonne partie des Québécois ont eu la COVID-19. Ils font le calcul et estiment qu’ils vont être protégés» pour une certaine période, analyse-t-il.

Stress et retour à la normale
68% des québécois ne se sentent pas stressés par le retour à la normale, contre 28% qui avouent ressentir du stress.
Est-ce que le retour à la normale vous stresse?
oui
28%
non
68%
NSP / Refus
4%
Voir les résultats selon la région

«Il y a eu un engouement pour les manifestations de camionneurs», ajoute Geneviève Beaulieu-Pelletier, professeure de psychologie à l’UQAM. Parmi ceux qui ont changé leur fusil d’épaule, «il y a des gens qui suivaient les consignes depuis le début, mais qui sont juste tannés», suggère-t-elle.


 

Méthodologie: Sondage web mené du 4 au 6 mars 2022 auprès de 1013 Québécois. Les résultats ont été pondérés afin de garantir un échantillon représentatif de la population. Un échantillon probabiliste de 1013 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1%, et ce, 19 fois sur 20.


 

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