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Des pâtissiers inquiets pour leurs proches

Le couple originaire de l’Ukraine verse les profits d’un dessert spécial directement à ceux qui en ont besoin

Andriy Tsoy et Hanna Bespoiasko
Photo Clara Loiseau Andriy Tsoy et sa femme, Hanna Bespoiasko, deux Montréalais d’origine ukrainienne, ont décidé d’utiliser leur talent culinaire pour ramasser des fonds qui seront directement versés aux Ukrainiens qui ont besoin d’aide.

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Craignant le pire pour ses proches coincés sous les bombardements, un couple de pâtissiers d’origine ukrainienne a décidé de reverser les profits d’un dessert spécialement créé pour aider directement leur communauté.

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« Ce n’est pas grand-chose, on n’a pas des milliers de dollars à envoyer, mais on sait que sur le terrain ça peut faire une grande différence pour aider les familles, les personnes âgées cachées ou même les militaires qui défendent l’Ukraine », soutient Andriy Tsoy, 38 ans, originaire d’Odessa en Ukraine et copropriétaire de la pâtisserie Alice & Théo située sur la rue Wellington dans l’arrondissement Verdun à Montréal.

Avec son partenaire d’affaires, Oleg, originaire de Moscou en Russie, ils ont décidé de se lancer dans la confection de choux à la crème aux couleurs du drapeau ukrainien. 

Les profits de cette pâtisserie aux arômes de noix de coco, fruit de la passion et fleur de pois bleus sont directement reversés à des amis et volontaires en Ukraine qui s’occupent d’approvisionner ceux qui sont coincés au pays.

« On a créé une pâtisserie spéciale aux couleurs bleu et jaune, comme le drapeau, et tout l’argent qu’on reçoit, on va l’envoyer là-bas. C’est un geste concret », explique l’homme de 38 ans, qui cuisine avec sa femme Hanna, originaire de Dnipropetrovsk en Ukraine.

Corruption

C’est parce qu’ils craignent que l’argent envoyé à la Croix-Rouge ou aux autres organismes ne se rende pas dans les mains des citoyens qu’ils ont lancé cette campagne de récolte de dons, explique celui qui est arrivé au Canada il y a près de 20 ans.

« Malheureusement en Ukraine, il y a un peu de corruption, et l’argent qui rentre pour aider, certains vont le garder dans leurs poches plutôt que le donner. Le petit frère de ma femme [qui a été enrôlé pour défendre le pays] nous a dit que son bataillon avait reçu beaucoup de dons, et pourtant il manque tous les jours de choses », ajoute-t-il.

Chaque jour, M. Tsoy reçoit des photos des achats qui ont déjà pu être faits grâce à l’argent qu’il fait parvenir là-bas par virement.

« Ils peuvent acheter de la nourriture en conserve, mais aussi des produits de premiers soins », indique-t-il.

Pour Hanna Bespoiasko, c’est aussi pour aider des gens comme sa grand-mère de 82 ans, que cette campagne est née.

« Elle n’arrête pas de me répéter qu’elle est née pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’elle va mourir pendant la Troisième. Elle veut s’enfuir, mais elle ne peut pas... Elle devrait conduire plus de huit heures pour arriver à la frontière, c’est le voyage qui la tuerait », laisse tomber la jeune femme de 27 ans, qui espère encore se réveiller d’un mauvais rêve.

Incapables de dormir

Depuis le début de la guerre, M. Tsoy et sa femme passent leur temps à regarder les nouvelles et à vérifier que leurs amis et leur famille sont corrects. 

Les premiers jours, le couple se couchait chaque jour à 4 h du matin, soit midi en Ukraine avec le décalage horaire, pour être certain que tout le monde allait bien, soutient M. Tsoy.

« Au début, on n’arrivait même plus à dormir. J’ai tellement pleuré la première semaine que je n’ai plus de larmes dans mon corps », explique Mme Bespoiasko, qui espère pouvoir faire une différence dans son pays, même en étant à des milliers de kilomètres. 

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