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Guerre en Ukraine : Des chercheurs québécois appréhendent une catastrophe pour la science

Guerre en Ukraine : Des chercheurs québécois appréhendent une catastrophe pour la science
AFP

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Des chercheurs québécois s’inquiètent pour leurs collègues ukrainiens et craignent un choc fatal pour la science dans le pays en guerre. 

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Le professeur Tigran Galstian mène depuis plus de 30 ans des travaux en collaboration avec un des meilleurs chercheurs dans le domaine de l’optique et de la physique théorique, l’Ukrainien Victor Reshetnyak. « Nous étions sur le point de terminer un article ensemble lorsque la guerre a éclaté. Depuis, aucune nouvelle. Il paraît qu’il est dans un abri, comme plusieurs collègues universitaires », commente le chercheur d'origine arménienne arrivé au Québec en 1995. 

Tigran Galstian
Courtoisie
Tigran Galstian

Jusque-là considérée comme un centre reconnu en physique théorique, la capitale ukrainienne, comme les autres grandes villes du pays, a vu ses activités scientifiques tomber à zéro après l’invasion russe. « Pour la science, cette guerre est un désastre sans nom », commente le professeur de l’Université Laval.

À la demande du Journal, le directeur de l’Observatoire de la science et de la technologie de l’UQAM, Yves Gingras, a analysé l’effet de la guerre en Irak, en 1991, sur la production scientifique. « Ç’a pris 20 ans avant de retrouver une activité scientifique équivalente à celle de 1989. Même si la guerre en Ukraine prenait fin rapidement, il faut s’attendre à de très lourdes conséquences ; reconstruire une infrastructure scientifique, ça prendra au moins une décennie », soutient-il.

Même si la communauté scientifique internationale est sensible au sort des chercheurs actuellement sous les bombes, Yves Gingras croit qu’il faut éviter de les recruter de façon permanente dans le monde libre. « Ce drainage de cerveaux priverait le pays de ses meilleurs éléments à l’issue du conflit. Il faut plutôt les inviter de manière temporaire le temps de la guerre, et ensuite les aider à reconstruire leur système scientifique », conclut-il.

Grâce à une base de données sur les articles publiés entre 2006 et 2020 dans les plus importantes revues savantes, le professeur au Département d’histoire de l’UQAM évalue à environ 71 000 les articles internationaux publiés par les scientifiques ukrainiens. De ce nombre, 10 138 ont été signés avec des collègues de Russie et seulement 1322 avec des chercheurs canadiens. 

Comptant 2 % de ses publications avec des chercheurs et chercheuses du Canada, le pays n’est pas un partenaire scientifique important de l’Ukraine. La Russie et l’Allemagne (14 % des collaborations chacun) sont ses principaux partenaires. Les autres sont la Pologne (12 %), la France (9 %), le Royaume-Uni (8 %) l’Italie (7 %) et la Chine (5 %).

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