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Un ex-policier coupable de s’en être pris au journaliste Yves Poirier

L’ex-policier a reconnu des communications harcelantes

Un ex-policier coupable de s’en être pris au journaliste Yves Poirier
Capture d'écran TVA Nouvelles

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L’air penaud, un ex-policier de Laval connu pour son opposition aux mesures sanitaires a plaidé coupable ce matin de communications harcelantes envers le journaliste Yves Poirier.

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«Les journalistes font un travail essentiel dans notre société et ils ont le droit de le faire sans craindre d’être importunés ou harcelés par qui que ce soit qui n’est pas d’accord avec ce qu’ils écrivent», a dû rappeler la juge Marie-Josée Di Lallo, ce lundi, au palais de justice de Montréal.

Juste avant, Maxime Ouimet plaidait coupable de communications harcelantes envers le journaliste de TVA Nouvelles.

Un ex-policier coupable de s’en être pris au journaliste Yves Poirier
Photo tirée de Facebook

L’affaire remonte à novembre 2020 quand l’accusé de 36 ans, qui se fait appeler «le policier du peuple», a voulu s’en prendre à M. Poirier, en utilisant les réseaux sociaux.

«Plusieurs personnes me donnent de super bons scoops et aimeraient partager les infos à des journalistes, mais ils ne savent pas comment les rejoindre. J’ai beaucoup de contacts, et ça me ferait plaisir de vous les partager si cela peut vous aider», avait écrit Ouimet sur sa page Facebook.

Geste criminel

Pour accompagner son message, il donnait le numéro de cellulaire d’Yves Poirier. Ouimet avait le numéro en raison de reportages passés à son sujet, dont un sur sa participation à une messe de complotistes.

Dans les heures qui ont suivi, le reporter a reçu une trentaine d’appels.

«Il va recevoir sur sa boîte vocale des messages d’insultes, de la provocation», a expliqué Me Delphine Mauger, de la Couronne.

Or, si Ouimet croyait avoir agi en toute légalité, il a appris à ses dépens qu’il s’agissait d’un crime.

«Oui», a dit Ouimet, quand il s’est fait demander s’il plaidait bien coupable.

La juge, de son côté, a rappelé qu’il s’agissait de gestes «fort répréhensibles».

«J’espère que le plaidoyer coupable vous fait prendre conscience de l’inadéquation de vos gestes», a-t-elle dit à l’accusé.

Ouimet était aussi accusé de communications harcelantes contre le journaliste de La Presse Tristan Péloquin, mais le chef est tombé ce lundi.

Don de 3000$

Même si Ouimet a reconnu son crime, il n’aura pas de casier criminel. Car après des négociations entre la Couronne et la défense, l’ex-policier s’en est tiré avec une absolution conditionnelle au respect d’une probation d’un an.

Il a également fait un don de 3000$ à la Fondation Marie-Vincent, qui aide les enfants victimes de violences – y compris les violences sexuelles.

«M. Poirier est très à l’aise avec cette suggestion», a affirmé la Couronne, expliquant que c’est le journaliste qui avait suggéré cette fondation.

Ouimet, qui assistait à l’audience par visioconférence, a profité de l’occasion pour affirmer qu’il souhaitait déménager en Floride, où il réside déjà. Il est déjà en processus pour obtenir un visa, a-t-il été dit à la cour.

Mais même s’il a clos ce dossier de communications harcelantes, Ouimet n’en a pas fini avec la justice du Québec, puisqu’il doit encore se défendre à propos de six contraventions reçues en vertu du non-respect des mesures sanitaires. Dans ces dossiers, l’ex-policier ne s’était pas présenté à son audience en décembre dernier, si bien que la cause avait été remise au printemps.