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Les Russes pris pour s’informer avec les moyens du bord

L’accès à Instagram, Facebook et Twitter a entre autres été restreint en Russie

Le rédacteur en chef Aleksei Venediktov dans les locaux de l’Echo de Moscou (Ekho Moskvy) le 3 mars dernier, alors que la radio indépendante créée en 1990 a dû fermer ses micros, ordre de l’État russe parce qu’elle couvrait la guerre en Ukraine.
AFP Le rédacteur en chef Aleksei Venediktov dans les locaux de l’Echo de Moscou (Ekho Moskvy) le 3 mars dernier, alors que la radio indépendante créée en 1990 a dû fermer ses micros, ordre de l’État russe parce qu’elle couvrait la guerre en Ukraine.

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Privés de médias d’information depuis l’invasion de l’Ukraine, les Russes se tournent vers des moyens de fortune comme les radios à ondes courtes pour s’informer.  

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L’information arrive au compte-gouttes en Russie depuis que le gouvernement a muselé la presse étrangère et indépendante. L’accès à Facebook, Instagram et Twitter a aussi été restreint. 

La chaîne britannique BBC a ainsi annoncé qu’elle relançait son service de radio à ondes courtes en Russie et dans les environs, afin de permettre aux gens d’obtenir de l’information sur l’invasion en Ukraine. 

«Les Russes ne peuvent plus s’informer adéquatement depuis la fermeture des derniers médias indépendants. Le recours aux radios à ondes courtes est un moyen de contourner la propagande gouvernementale», commente Patrick White, professeur à l’École des médias de l’UQAM. 

Il ajoute que les Russes se ruent sur les branchements par réseaux privés (les virtual private network ou VPN). Le site AtlasVPN rapportait le 1er mars 2022 une hausse de près de 2000% des demandes pour ces connexions sécurisées au réseau internet en Russie en une seule semaine. 

Le rédacteur en chef Aleksei Venediktov dans les locaux de l’Echo de Moscou (Ekho Moskvy) le 3 mars dernier, alors que la radio indépendante créée en 1990 a dû fermer ses micros, ordre de l’État russe parce qu’elle couvrait la guerre en Ukraine.
AFP

Mort du journalisme indépendant

Pour Reporters sans frontières (RSF), la Russie a «mis à mort le journalisme indépendant» avec l’application, le 4 mars, d’une loi sanctionnant par une peine allant jusqu’à 15 ans de prison les personnes, médias ou particuliers russes ou étrangers qui propagent des «informations mensongères sur l’armée». 

«On assiste à l’éradication des derniers médias dignes de ce nom», mentionne Pauline Ades-Mével, porte-parole de RSF. Les Russes n’ont plus aucun moyen de s’informer adéquatement sur la situation actuelle, à moins de recourir à des moyens de communication clandestins. «On revient 50 ans en arrière», lance-t-elle. 

Pour Bernard Motulsky, dont le père a été résistant en France dans les années 1940, cette situation n’est pas sans rappeler le cas de l’Europe occupée par les troupes d’Adolf Hitler. 

«Même si les gens risquaient la peine de mort s’ils contournaient les voies officielles, ils fermaient leurs rideaux pour écouter la radio qui diffusait de Londres ou d’ailleurs», commente ce professeur de communication à l’UQAM. 

Pas étonnant, selon lui, de voir la dictature qui s’est installée à Moscou fermer les médias et menacer les journalistes. 

«Pour gagner une guerre, il faut museler l’opposition et contrôler l’opinion publique.» 

Une «fracture générationnelle» pourrait s’observer en Russie entre les citoyens et la jeune génération, qui n’a aucunement envie de retourner à l’ère soviétique, souligne Michel Cormier, qui a été correspondant à Moscou au début des années 2000. 

«Il demeure possible de s’informer en se connectant sur internet de façon clandestine, mais je ne crois pas que ce soit à la portée de tous», mentionne le journaliste, aujourd’hui administrateur de RSF.

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