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Bonne retraite, M. Caron

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Sylvain Caron peut partir la tête tranquille, avec le sentiment du devoir accompli.

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Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, tire sa révérence. À son arrivée en mars 2018 comme directeur adjoint, il épaulait Martin Prud’homme, le directeur intérimaire, dans sa tâche de redressement du SPVM.

L’organisation était alors aux prises avec une grave crise de confiance à la suite d’allégations de fabrication de preuves, de favoritisme, d’espionnage de journalistes et d’étouffement de plaintes à l’endroit de certains policiers. En décembre de la même année, Sylvain Caron prend au pied levé les commandes d’un navire, où règnent des tensions et des suspicions, avec la bonne intention de faire le ménage et regagner la confiance des citoyens.

Cependant, sa tâche se complexifie davantage avec l’apparition d’une série de tempêtes, à savoir la pandémie, l’intensification des fusillades, l’affaire Camara, les accusations de profilage racial et de racisme systémique, le désengagement policier, les manifestations et les émeutes de Ferguson, dont les ressacs se sont fait sentir à Montréal. À un moment donné, on a juste le goût de prendre sa retraite, particulièrement quand on a l’impression de ramer en sens inverse.

Une mairesse peu à l’écoute

Bien que le politique et la police ne doivent pas coucher dans le même lit, il est important de la soutenir et surtout de comprendre son fonctionnement pour agir avec cohérence. Lorsque le politique en fait à sa tête et qu’il n’est nullement ferré sur la chose policière, il tombe dans la politicaillerie. Ce qui peut décourager les troupes et le commandant.

Deux exemples de déceptions : la promesse électorale de Valérie Plante d’engager 250 nouveaux policiers et le rejet du revers de la main d’une restructuration des postes de quartier. Bien évidemment, on apprend après les élections que ces 250 policiers serviront à remplacer des départs à la retraite. Plutôt décevant, non ?

Le maintien de l’ordre et de la sécurité d’une ville dépend de trois grands acteurs : la police, le politique et la population. Pour que les actions policières s’inscrivent dans le professionnalisme et l’efficacité, cela nécessite une collaboration étroite entre la police et le citoyen ainsi qu’une direction politique à l’écoute des besoins et capable de livrer la marchandise.

Désengagement policier

L’ambiance est plutôt morose sur le terrain. J’entends de plus en plus parler de policiers qui n’osent plus faire de la prévention proactive de peur d’être accusés de racisme ou de se retrouver au pilori du tribunal populaire des médias sociaux. Certains ont même pris la parole dans les médias en 2021.

Le sujet est si important qu’une étude a été enclenchée en 2019 par le Centre de recherche et de développement stratégique de l’École nationale de police du Québec (ENPQ) pour documenter ce phénomène au Québec.

Devant ces cris du cœur des policiers, Valérie Plante dit entendre leur détresse. Toutefois, je ne peux m’empêcher de me poser cette question : à part « entendre », qu’a-t-elle fait pour changer cette situation ?

Sylvain Caron peut partir la tête tranquille, avec le sentiment du devoir accompli. Il a fait de son mieux dans des circonstances plutôt chaotiques avec peu de soutien.

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