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Première au Circuit Gilles-Villeneuve

Il y aura deux pilotes canadiens sur la grille de départ

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Photo d'archives, AFP Lance Stroll et Nicholas Latifi, tous deux natifs de Montréal, auront la chance de piloter devant leurs partisans, en juin, dans la métropole québécoise.

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Le circuit Gilles-Villeneuve vivra une première puisque deux pilotes canadiens vont s’affronter au Grand Prix du Canada en juin.

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Si Lance Stroll compte déjà trois participations à Montréal, Nicholas Latifi va pouvoir enfin disputer une course devant son public.

« Quand un pilote prend part à son Grand Prix national, ça mousse la popularité de la course, raconte François Dumontier, le promoteur du GP. Je pense surtout à Lafiti, qui s’est contenté de deux séances d’essais libres le vendredi matin. »

C’était en 2018. Il a réalisé 28 tours à bord d’une Force India, et l’année suivante, 33 tours, au volant cette fois d’une Williams. En raison de la pandémie, forçant l’annulation du GP du Canada, il a été privé de courir à Montréal en 2020 et 2021. 

Lance Stroll
Photo courtoisie, Aston Martin F1
Lance Stroll

Des tribunes à leur nom

Les deux pilotes originaires de Montréal auront d’ailleurs une tribune à leur nom au circuit Gilles-Villeneuve. Celle de Latifi est aménagée dans le populaire virage Senna, alors que celle de son compatriote est située, comme à l’habitude, à proximité de la courbe en épingle, du côté est du tracé.

Sans surprise, elles affichent complet, comme la plupart des autres places assises autour du tracé.

En espérant que les amateurs pourront les voir rouler pendant la course. En 2018, Stroll avait été éliminé dès le premier tour à la suite d’un accrochage avec le Néo-Zélandais Brendon Hartley.

Si bien que les spectateurs massés dans la tribune, portant la casquette de leur pilote favori, ne l’ont jamais vu puisqu’il avait été contraint à l’abandon avant de passer devant ladite tribune !

Nicholas Latifi
Photo courtoisie, Williams F1
Nicholas Latifi

Trois en 1969

Pour la petite histoire, la présence de deux pilotes canadiens à Montréal est inédite, mais ce n’est pas une première au pays. En 1969, ils étaient même trois à prendre le départ du Grand Prix du Canada disputé au circuit de Mosport, en Ontario. 

C’était à une autre époque, lointaine on en conviendra, quand les super licences n’existaient pas. Un pilote détenant une certaine expérience en course automobile pouvait louer une monoplace et participer à un Grand Prix.

Or, en 1969, les pilotes en question avaient pour nom Bill Brack, John Cordts et Al Pease et, en qualifications, ils avaient tous trois concédé 11 secondes au détenteur de la position de tête, le Belge Jacky Ickx.

Trop lent

Aucun de nos représentants n’avait rallié l’arrivée, mais dans le cas de Pease, c’était encore plus gênant. 

Au 22e des 90 tours, le directeur de course lui a ordonné de rentrer au puits pour lui faire savoir qu’il est disqualifié parce que trop... lent ! Et pour cause, le vainqueur de la course (encore Ickx) roulait en moyenne 15 secondes plus vite au tour que lui pendant le GP Prix.


En 1981, deux pilotes canadiens, Gilles Villeneuve et son frère Jacques auraient pu s’affronter au Grand Prix du Canada sur le circuit de l’Île-Notre-Dame, mais le cadet de la famille n’a pas réussi à se qualifier au volant d’une modeste Arrows.

Latifi a tourné la page 

« J’ai hâte de disputer la première course de la saison. La pause a été longue pour moi avec tout ce que j’ai vécu à Abou Dhabi en 2021. »

Pour Nicholas Latifi, l’hiver a été particulièrement long, pour ne pas dire pénible.

Rappelons les faits. Au 53e tour du Grand Prix d’Abou Dhabi, dernière escale du Championnat du monde de Formule 1 en décembre, le pilote canadien a perdu le contrôle de sa Williams pendant qu’il livrait un duel acharné à Mick Schumacher (Haas).

Pour évacuer sa monoplace amochée, les commissaires n’ont eu d’autre choix que d’interrompre cette épreuve alors que le titre était à la portée de Lewis Hamilton avec cinq tours à parcourir.

On connaît la suite. Le Britannique s’est avoué vaincu quand, à la relance, son grand rival Max Verstappen a non seulement remporté l’épreuve, mais aussi son premier titre en F1 au volant de sa Red Bull.

« Ce n’était pas mon intention »

Cet accident a débouché sur l’une des fins de saison les plus rocambolesques de l’histoire de la discipline.

Bien malgré lui, analystes et amateurs ont montré du doigt Latifi pour avoir été le bouc émissaire de la perte de Hamilton, qui aurait pu alors devenir le premier pilote de l’histoire à signer huit championnats en F1.

« Au risque de me répéter, a-t-il raconté récemment lors d’une visioconférence à laquelle le représentant du Journal a participé, je ne savais vraiment pas ce qui se passait devant moi. Et ce n’était évidemment pas mon intention de brouiller les cartes. »

De la boisson... à vie

Le directeur sportif de l’écurie Red Bull, Christian Horner, avait remercié Latifi sur les ondes de la télé britannique Sky Sports, lorsque le rideau est tombé à Abou Dhabi.

« Nous devons une fière chandelle à Nicholas, s’était-il exclamé. Il mérite un approvisionnement à vie de boissons Red Bull. »

Le pilote né à Montréal et âgé de 26 ans savait qu’il allait écoper sur les réseaux sociaux après sa déveine. Mais certainement pas d’une façon aussi virulente.

« Il valait mieux, a-t-il déclaré, de ne pas lire ce qui a été écrit à mon sujet. J’ai été choqué des insultes et même des menaces de mort qui m’ont été adressées. »

Si bien que, pendant quelques semaines, il a dû embaucher une garde du corps pour veiller à sa sécurité.

« J’ai tourné la page et je peux enfin me concentrer sur ma troisième saison en F1 », a conclu Latifi, qui disputera, dimanche, à Bahreïn, le 40e Grand Prix de sa carrière.

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