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Un ado jugé coupable d’avoir tué son ami de 15 ans

Le jeune a poignardé la victime lors d’une bagarre dans un parc de Laval

Meurtre Laval
Photo Antoine Lacroix

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Un adolescent a été reconnu coupable mercredi d’homicide involontaire pour la mort « douloureusement futile » de son meilleur ami de 15 ans à la suite d’une dispute banale concernant une fille, il y a deux ans.

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« Le tribunal n’a pu que constater de premier plan les ravages causés dans ce dossier par les blessures d’ego et les désirs dérisoires de prouver sa valeur et sa force », a dit la juge Catherine Perreault, en rendant son verdict.

« Aucune mort violente n’apparaît sensée, mais certaines sont douloureusement futiles », avait d’ailleurs remarqué d’emblée la magistrate.

Le 1er janvier 2020, une chicane entre jeunes a dégénéré, avec des conséquences tragiques : un ado de 15 ans a été poignardé au thorax par son ami de longue date.  

L’accusé, qui avait 16 ans au moment du drame, avait été inculpé de meurtre prémédité, mais a finalement été reconnu coupable d’homicide involontaire. Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler son identité, ainsi que celle de la victime. 

L’accusé, le garçon décédé et le frère de ce dernier étaient pourtant inséparables depuis l’école primaire. Certains les surnommaient même « les trois mousquetaires ». 

Deux couteaux

Mais à la fin décembre, l’accusé s’est isolé de ses amis. L’un d’eux avait tenu des propos désobligeants concernant une camarade de classe qu’il appréciait. Pendant des jours, les garçons se sont insultés par textos, mais également sur des forums de clavardage de jeux vidéo. 

Au procès, l’accusé a dit s’être présenté au parc le soir du drame pour discuter. Or, s’il pensait régler la chicane avec des mots, il a malgré tout pris la peine d’apporter deux couteaux. Dès son arrivée, une bagarre a éclaté entre les jeunes, puis l’accusé a poignardé son meilleur ami.

Au procès, le jeune s’est défendu d’avoir brandi son arme par instinct de survie, pour se défendre. La juge Perreault n’a pas cru à cette thèse. 

L’accusé avait en effet envoyé des messages textes « menaçants » et « violents », disant que la prochaine fois qu’il croiserait un des frères, ils auraient une « surprise ». En quelques jours, il les a invités à 13 reprises à se battre. 

Pas prémédité

Malgré tout, la juge n’a pas cru à la préméditation du geste, comme le plaidait la Couronne. 

« Le tribunal demeure convaincu que le conflit est trop trivial et la fin de l’amitié trop récente pour qu’il puisse conclure qu’il a intentionnellement commis l’irréparable », a-t-elle dit.

Tout au long du jugement, l’accusé a fixé le sol. La juge a ensuite ordonné son incarcération en centre jeunesse d’ici sa sentence. « Il s’agit d’un crime grave, quelqu’un est décédé », a-t-elle expliqué, à l’attention du jeune.

La peine maximale pour un mineur est de trois ans. Me Marie-Ève Vautier, de la Couronne, n’exclut toutefois pas de demander à ce qu’il soit jugé comme un adulte. Dans un tel cas, il risque la prison à vie.

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