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Charest se distancie de Huawei

Mais plusieurs questions sur ses activités dans le privé demeurent sans réponse

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Photos d'archives, AFP et Agence QMI Il y a un an, Jim Balsillie (en mortaise) s’inquiétait de voir que le Canada était le seul membre de l’alliance des services secrets du Five Eyes (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis) à ne pas avoir banni ou restreint le réseau 5G de Huawei.

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Alors que les voix s’élèvent pour plus de transparence dans le dossier Huawei, le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC) Jean Charest, qui avait conseillé la firme chinoise, assure qu’il bannira le géant du réseau 5G.

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Le Journal a appris que M. Charest a rencontré récemment le fondateur de BlackBerry, Jim Balsillie, qui a longtemps été la vedette techno au pays, et qui dirige maintenant le Conseil canadien des innovateurs.

Inquiet de l’influence de Huawei, M. Balsillie l’a alerté sur les enjeux de sécurité nationale liés à la firme chinoise, et il s’est dit « satisfait de la réponse » de M. Charest. 

« Je fais confiance à son engagement à suivre le leadership de Five Eyes et à interdire à Huawei des rôles d’infrastructure qui pourraient nuire à la sécurité et à la prospérité du Canada », a-t-il indiqué au Journal.

Hier, en fin de journée, l’équipe de campagne de Jean Charest a d’ailleurs semblé prendre ses distances avec l’entreprise chinoise.

« Un futur gouvernement dirigé par M. Charest défendra la position du Parti conservateur du Canada, qui propose de bannir Huawei de toute implication relative au déploiement et à l’exploitation d’un réseau 5G », a-t-on écrit au Journal

« Il procédera également à une révision de tous les projets stratégiques [...] afin de protéger les intérêts et la sécurité nationale du Canada », a-t-on ajouté.

Cette semaine, Huawei a confirmé au Journal que Jean Charest avait surtout travaillé dans le dossier du réseau 5G plutôt que dans celui de l’extradition de Meng Wanzhou et la libération des deux Michael. Une version qui a semblé contredire celle du candidat conservateur.   

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Manque de transparence 

Hier, des ténors de l’équipe québécoise de Pierre Poilievre, adversaire de M. Charest dans la course à la chefferie, ont d’ailleurs dénoncé le flou entourant le passage de l’ancien premier ministre du Québec au sein de Huawei. 

« Il devrait être transparent avec les membres du parti. C’est un enjeu important, les relations du Canada avec la Chine, particulièrement la question du 5G et de Huawei », a souligné le sénateur Claude Carignan, président de la campagne de Poilievre au Québec.

« Si Jean Charest devient chef du Parti conservateur du Canada, on va avoir deux chefs nationaux, MM. Trudeau et Charest, qui défendent ouvertement les intérêts de Huawei. Ça, pour moi, comme québécois et canadien, c’est inacceptable », a tonné le sénateur Leo Housakos, aussi du clan Poilievre.

Même son de cloche pour Michel Juneau-Katsuya, ex-directeur de la zone Asie-Pacifique du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

« Huawei est décriée par l’ensemble des services de renseignements occidentaux comme une compagnie qui fait des collectes d’informations et qui travaille avec le gouvernement chinois », a-t-il expliqué. 

« Lorsque j’étais le chef du bureau Asie-Pacifique, on a fait des avertissements chez Nortel parce que l’on suspectait que Huawei faisait du vol d’informations. Donc, il y a un besoin de transparence de la part de M. Charest », a-t-il conclu. 

Hier, Huawei n’a pas répondu à nos questions.

– Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre

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