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Délire religieux: non criminellement responsable du meurtre de son père

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Photo tirée de Facebook Yves Foucher, accusé

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Un homme qui avait tué son père à Saint-Eustache a été reconnu non criminellement responsable, jeudi, car il se trouvait alors dans un délire religieux pendant lequel il se prenait pour Lucifer. 

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Le 12 septembre dernier, vers 4 h du matin, une chicane a éclaté entre Yves Foucher et son frère avec qui il habitait. Ce dernier est allé réveiller son père Gérald, espérant qu’il règle le conflit. 

Après s’être levé, le père de 71 ans a plutôt été roué de coups par son fils Yves. Son garçon a ensuite pris un couteau dans la cuisine et l’a poignardé à 14 reprises.

Peu après, Yves Foucher a été inculpé de meurtre au second degré. Jeudi, il a été reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

« Grande délivrance »

Au moment du drame, l’homme de 46 ans était en effet dans un délire religieux et avait des hallucinations visuelles. 

Il croyait que son père était « Dieu Diacre », son frère « Dieu » et lui « Lucifer », a résumé la procureure de la Couronne au dossier, Me Jennifer Lepage.

« Il les a vus “devenir très musclés” avant qu’ils ne commencent à l’attaquer », peut-on lire dans le résumé des faits déposé à la cour. Se sentant persécuté et déterminé à ce que « ça en finisse », il a tué son père. Il s’est ensuite assis sur le divan et a attendu que les policiers arrivent. 

Yves Foucher a alors ressenti une « grande délivrance », a-t-il confié à la psychiatre Stéphanie Borduas Pagé, qui a retenu un diagnostic de schizophrénie.

Schizophrénie

Selon elle, l’accusé avait la connaissance générale pour distinguer le bien du mal, mais ne pouvait l’appliquer à sa situation personnelle. Convaincu qu’il était alors en danger, il se croyait moralement justifié d’agir ainsi, a-t-elle précisé.

M. Foucher, qui a eu des problèmes de consommation de drogue, disait avoir toujours eu l’impression que son père, son frère et sa sœur voulaient s’en prendre à lui, que tous faisaient partie d’une « attaque des Cieux » contre lui. En 2017, il avait été hospitalisé, à la suite d’un conflit avec sa sœur. 

« Ayant moi-même subi une agression physique de l’accusé, maintenant, il a réussi à tuer mon père. Mon stress a augmenté comme jamais auparavant, je le vois partout dans ma tête, dans mes cauchemars, dans la rue, partout où je vais », a dit sa sœur, dans une lettre lue par la Couronne. 

L’accusé, représenté par Me Simon Dolci, sera détenu à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel.

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