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L’entente Hydro-Énergir plus coûteuse pour les clients

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L’entente entre Hydro-Québec et Énergir pour convertir les bâtiments au gaz naturel vers l’électricité pourrait finalement dépasser 2 milliards $, ce qui aura un impact tarifaire important pour les clients, mais la société d’État continue de clamer qu’il s’agit du meilleur accord.

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En vertu de cette entente déposée à la Régie de l’énergie, Hydro s’engage à verser 400 millions $ à sa concurrente Énergir entre 2022 et 2030 pour compenser la perte de revenus des clients qui décideront de passer du gaz à la biénergie, et ce, dans un effort de décarbonation du chauffage des bâtiments. 

Effet sur les tarifs d’électricité

Afin d’absorber ce coût, les tarifs d’électricité devraient augmenter de 1,4 %, sans compter la hausse annuelle. 

Mais selon le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ), le montant pourrait atteindre 1,17 milliard de dollars en 2036 et 2,4 milliards de dollars à la fin de 2050.

« Ça va carrément à l’encontre du principe du pollueur-payeur, enchâssé dans la Loi sur le développement durable. Là, c’est le pollueur-payé, ce qui est du jamais-vu au Québec », lance Jean-Pierre Finet, analyste en régulation au ROEÉ lors d’une entrevue avec Le Journal

De son côté, Énergir réfute qu’elle touchera l’entièreté de ce montant et que la contribution qu’elle recevra sera de 800 millions $ jusqu’en 2050. 

« L’entente permet donc d’électrifier des usages au gaz naturel dès maintenant, en tenant compte de la capacité de payer des consommateurs », a assuré la porte-parole Catherine Houde.

Plus abordable, selon Hydro

Hydro-Québec croit également que l’entente signée avec Énergir sera plus abordable pour ses clients et qu’une électrification complète des bâtiments nécessiterait des coûts supplémentaires. 

« Sur le même horizon de 2050, l’impact pour les clients d’Hydro-Québec d’une conversion complète à l’électricité [...] aurait atteint environ 6,4 milliards $, soit deux fois et demie plus élevé que l’entente proposée », a souligné son porte-parole Cendrix Bouchard. 

Pour gérer les pointes, les périodes de forte demande d’électricité, le regroupement croit plutôt que la société d’État doit innover et se tourner vers des systèmes de chauffage électrique centraux avec des accumulateurs de chaleur. 

« Il y a plusieurs technologies disponibles pour convertir vers l’électricité avec zéro impact sur la pointe », clame M. Finet. 

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