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«C’est comme ça que je t’aime»: faire revivre une époque

C'est comme ça que je t'aime
Photo courtoisie, Radio-Canada

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La première saison de C’est comme ça que je t’aime a fait l’unanimité. Berlin, Londres, Banff et 10 Gémeaux plus tard, la deuxième saison débarque alors qu’Huguette, l’œil du tigre, lève l’embargo et annonce le retour de nos six comparses dans la criminalité pendant que les enfants sont au camp d’été. 

Derrière les créateurs, deux femmes tiennent de gouvernail. Collaboratrices de longue date, les productrices Joanne Forgues et Catherine Faucher prennent tous les moyens pour garder l’unicité de cette savoureuse série qui nous ramène au cœur des années 70.


Joanne Forgues
Photo courtoisie
Joanne Forgues

C’est comme ça que je t’aime se déroule en 1975. Faire une série historique, est-ce vraiment plus cher ?

Joanne : Quand François [Létourneau, l’auteur] m’a parlé de faire une série il y a 3-4 ans, il avait toujours eu en tête d’être en 1974 (saison 1) à Sainte-Foy. Je lui ai demandé s’il était sûr que ça ne pouvait pas se passer aujourd’hui, mais il voulait parler de ses parents. C’était ça le projet.

Catherine : Je dirais que c’est facilement 25 à 30 % plus cher qu’une série similaire qui se déroulerait aujourd’hui, ne serait-ce qu’au niveau des costumes. On ne peut rien acheter, il faut tout fabriquer, tout transformer, des habits aux maillots de bain. Patrice Robitaille a eu des bigoudis tous les jours. Ça prend deux heures pour faire Serge.

Joanne : C’est la même chose pour les décors, il faut tout changer. C’est difficile de trouver des maisons des années 70 qui n’ont pas été rénovées et qui n’ont pas changé les fenêtres. Même les aménagements paysagers ont changé depuis 1974. Les voitures appartiennent à des particuliers. On a besoin de coordonnateurs pour les conduire. Sur un plan large, tous les voisins doivent avoir une voiture de ces années-là. C’est beaucoup de gestion. Il y a beaucoup de choses qu’on efface en post-prod (montage). Des panneaux de signalisation, des bornes-fontaines...

Catherine : Et plus on avance dans la saison, plus les gens vont comprendre que ça coûte cher.


Est-ce que le matériel des années 70 se trouve facilement ?

Catherine : C’est beaucoup de Kijiji et de Marketplace. En plus, avec la pandémie, les magasins ont été fermés à un certain moment. Les essayages étaient impossibles.

Catherine Faucher
Photo courtoisie
Catherine Faucher


Avez-vous demandé à François Létourneau ou aux réalisateurs (Jean-François Rivard et Robin Aubert) de faire des concessions ?

Joanne : Pas vraiment parce que François s’autorégularise. Il pense au budget. Il est souple. Comme il suit le projet même en montage, où tu vois généralement les problèmes, il est capable de les anticiper. Il y a seulement une scène qu’on n’a pas pu faire parce qu’elle devait se passer sur l’autoroute. Premièrement, on n’a pas le droit de fermer une autoroute et sinon, imagine toutes les autos d’époque que ça aurait pris. Il y a aussi une scène qui devait se dérouler au Tracel. Mais nous n’y avions pas accès pour des raisons de sécurité. C’est devenu la scène sur le toit du Sears. Et c’est certain qu’il y a eu des adaptations. Avant le Sears, ça devait être un Castor Bricoleur (quincaillerie de l’époque). Mais on n’a pas eu l’autorisation.

Catherine : Toutes les marques qui sont représentées que ce soit WonderBra ou une marque de céréales, on reproduit les emballages d’origine, mais on doit absolument avoir leur autorisation. Certains nous demandent même de lire les scènes.


Deux réalisateurs se sont partagé le boulot sur la saison 2. Est-ce que ça demande des ajustements ?

Joanne : Robin est monté dans le train comme si de rien n’était. C’est particulier parce que généralement un réalisateur signe un épisode, mais dans notre cas, étant donné l’utilisation des lieux qui faisait en sorte que tout était tourné dans le désordre, Jean-François et Robin se partagent tous les épisodes.


Qu’est-ce qui explique la longévité que vous avez avec François Létourneau ? 

Joanne : En 2001, je cherchais une série pouvant plaire aux trentenaires. Jean-François Rivard avait fait un court-métrage, il connaissait François Létourneau. Ils n’avaient jamais écrit de série. Ils n’avaient même pas d’ordinateur ! Je leur en ai donné un et ça a donné Les invincibles. Puis il y a eu Série noire. On ne prend pas beaucoup de projets chez Casablanca, mais on travaille de près avec les auteurs. Le texte, c’est la matière première. On protège nos auteurs. On va sur les tournages, on est en montage. C’est une relation de confiance et de respect.

Catherine : Joanne est la meilleure productrice parce qu’elle connaît extrêmement bien le terrain. Elle offre du soutien, de la générosité et un rapport très familial.


C’est comme ça que je t’aime est disponible sur ICI TOU.TV Extra

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