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L’homme le plus riche de Russie investit dans l’uranium canadien, élément essentiel aux armes nucléaires

...en partenariat avec une entreprise d’État chinoise

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OTTAWA | L’homme le plus riche de Russie investit au Canada dans un projet de mine d’uranium, élément essentiel aux armes nucléaires, en partenariat avec une entreprise d’État chinoise.

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L’oligarque russe Alexeï Mordachov détient une part minoritaire du projet Fission Uranium en Saskatchewan, par le truchement de sa firme d’investissements Aterra Capital.

L’uranium est utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires, dans la production d’isotopes médicaux, dans les obus à l’uranium appauvri, le blindage des chars d’assaut et la fabrication de la bombe nucléaire.

L’Union européenne a gelé les actifs de Mordachov en raison de ses liens avec Vladimir Poutine. Mais au Canada il ne figure pas sur la liste des quelque 500 entités russes sanctionnées.

Néanmoins, les investissements étrangers dans nos secteurs stratégiques devraient subir un examen relatif à la sécurité nationale, indique Shuvaloy Majumdar, chercheur à l’Institut MacDonald-Laurier et conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères et du premier ministre entre 2011 et 2015.

Contrôlé par la Chine

En plus des fonds du richissime allié du Kremlin, Fission a pour principal actionnaire CGN Mining, une division de la China General Nuclear Power Corporation.

En 2016, CGN s’est engagée à acheter jusqu’à 35 % de la production annuelle de la mine. En novembre dernier, elle en détenait 14,61 % ce qui la place « en position d’affecter la gouvernance et les opérations », peut-on lire dans une récente communication aux investisseurs.

« La Chine et la Russie militarisent leurs investissements dans les minéraux critiques et ils sont partenaires, notamment en Arctique. Nous devons prendre ça au sérieux », souligne M.Majumdar.

Risques sur l’économie

Le Journal expliquait il y a quelques jours que la Russie masse des troupes en Arctique le long des routes maritimes polaires et des gisements d’hydrocarbures et de minéraux qu’elle exploite.

M.Majumbar souligne que, au-delà des sanctions économiques, le gouvernement canadien doit s’assurer d’évacuer les risques que les investissements étrangers font peser sur l’économie et la sécurité nationale. Ceci implique de retracer, de catégoriser et d’évaluer tous les investissements russes et chinois au pays.

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