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Où sont passés les francophones?

Periode des questions
Photo d'archives Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie

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Le dimanche 20 mars 2022 marquait la 35e Journée internationale de la francophonie. Elle est passée sous le radar... Une journée pourtant dédiée au soutien à la francophonie, à la jeunesse et à leurs aspirations.

Hormis différentes institutions à l’instar de l’Organisation internationale de la francophonie, des technocrates ou des organismes qui militent pour le rayonnement de la langue française, cette journée sous le thème de « La Francophonie de l’avenir » aura somme toute été assez ordinaire au sein des populations francophones à travers le monde. Comme si leur avenir ne les intéressait pas.

Indifférence en Occident 

J’aurais bien aimé voir en Europe et en Amérique cette journée s’articuler comme celle de la fête nationale ou celle d’une soirée de finale de Coupe Stanley. De ces journées et soirées où, tout d’un coup, on entend au loin une rumeur sourde, roulante, grandissante, puis omniprésente... De ces journées et soirées où toute la population en transe est dehors.

J’aurais bien aimé voir sur la toile, flotter dans les cieux des nations francophones, des accents de défoulements enchanteurs qui auraient fait de celles-ci le théâtre d’un carnaval total. J’imaginais, bon gré mal gré, chaque citoyenne, chaque citoyen y étant acteur, irrésistiblement engagé dans quelque rôle endiablé au cœur d’un ballet sans finale. Mais non, ça n’arrivera fort probablement et malheureusement pas ! La langue française, ce n’est pas si important finalement. Elle ne compte que quand vient le temps de l’instrumentaliser sur le plan politique ou géopolitique... 

Jamais, donc, les rues d’Occident ne grouilleront pour la francophonie d’autant de monde que dans les soirées de fête nationale ou de Coupe du monde. Jamais les paysages des nations francophones à travers le monde ne vibreront d’allègres refrains issus des mosaïques de leurs cultures... 

On ne s’entassera donc malheureusement pas aux bords des routes engorgées pour regarder passer, dans leur brouhaha de sirènes et de klaxons, dans leurs costumes désopilants de parodie, dans leurs alignements zigzagants, dans des sanglots qui se confondent, les générations d’une francophonie qui décalque dans la réalité cohésion et détermination en termes de valorisation et de défense de la langue française ! 

  

  • Regardez aussi l'entrevue de Maka Kotto et Caroline St-Hilaire à l’émission de Benoit Dutrizac diffusée chaque jour en direct 10 h 30 via QUB radio : 

Décrochage en Afrique

Le plus grand bassin de locuteurs français au monde est l’Afrique. La moitié de la population francophone mondiale y réside. Conséquemment, l’avenir de la francophonie internationale se joue sur ce continent.

On observe cependant que l’instrumentalisation politique et économique de « la francophonie », depuis Paris, n’est probablement pas étrangère au décrochage de la jeunesse africaine relativement à un intérêt prononcé pour la « francophonie ». 

Il serait par conséquent temps de remettre les vieux paradigmes en question afin d’inspirer l’adhésion de cette jeunesse d’aujourd’hui. C’est elle, et uniquement elle qui aspire à incarner l’Afrique de demain.

Il faut sincèrement s’adresser à cette jeunesse, tout en considérant qu’elle rêve d’une francophonie qui ouvre à des imaginaires qui inspirent notamment la cohérence, la dignité, le respect, la créativité, la transparence et la confiance... Une francophonie qui ouvre sur la solidarité et sur un sentiment d’appartenance à une même famille, à une même cause.

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