/news/coronavirus
Navigation

Bond des hospitalisations: trop tôt pour enlever le masque?

Selon des estimations, on recensait plus de 20 000 cas de coronavirus par jour au Québec vers la mi-mars

GEN-Gens avec masque dans un centre d’achats à Montréal
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Coup d'oeil sur cet article

S’il est tôt pour parler d’une sixième vague de COVID-19, malgré une hausse marquée des hospitalisations au Québec dans les derniers jours, des experts s’inquiètent de l’abandon imminent du port du masque.

• À lire aussi: Une vingtaine de décès dans un CHSLD de Drummondville

• À lire aussi: Budget Girard: 5,2 G$ pour relancer le réseau de la santé

• À lire aussi: Budget Girard: des cliniques pour la COVID longue

Pas moins de 1043 Québécois étaient alités en raison du virus hier, soit une hausse de 41 par rapport à la veille. Selon nos informations, une nouvelle hausse est aussi attendue aujourd’hui.

« Rien de surprenant, rien d’alarmant quand même. Certainement, il va falloir s’assurer qu’on maintiendra le contrôle comme on le fait en ce moment », fait valoir le virologue Benoit Barbeau.

Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (Cirano) a d’ailleurs constaté une certaine stabilité des nouveaux cas dernièrement. 

Par exemple, du 10 au 15 mars, plus de 20 000 infections additionnelles étaient recensées par jour, estime l’organisme.

Une montée des contaminations a d’ailleurs été constatée dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui compte maintenant le plus haut taux de cas actifs par 100 000 habitants.

Haut les masques

Il faut toutefois souligner qu’une recrudescence des cas est prévue par les autorités sanitaires en raison des nombreux assouplissements. À cet effet, les experts consultés par Le Journal estiment qu’il est trop tôt pour mettre fin à l’obligation du port du masque dans les lieux publics, sauf les transports en commun.

Des clients magasinaient avec un masque
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Des clients magasinaient avec un masque

« Le masque est une mesure très efficace et peu coûteuse. Elle est rentrée dans les normes sociales, dans les comportements, les pratiques. Pourquoi l’enlever à un moment où on est incertain de l’impact que ça pourrait avoir ? » soulève Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Son de cloche semblable chez Benoit Barbeau, qui rappelle que certains pays européens sont aux prises avec une hausse constante des hospitalisations. 

L’Organisation mondiale de la santé a reproché entre autres à l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni d’avoir trop « brutalement » levé leurs mesures anti-COVID.

  • Écoutez la revue de l'actualité de Philippe-Vincent Foisy et Maude Boutet sur QUB radio:

Variant dominant

« [Le masque], ça serait une mesure sur laquelle je me garderais une petite gêne. [...] L’Europe a toujours été assez fiable par rapport à ce qui s’en vient en Amérique du Nord », souligne M. Barbeau,
estimant qu’il faudra améliorer rapidement les outils de dépistage.

Selon des épidémiologistes, ce rebond s’explique notamment par la désormais prédominance du sous-variant d’Omicron BA.2, environ 30 % plus contagieux — mais pas plus dangereux — que son prédécesseur, le BA.1.

« On veut retrouver [nos libertés] et le masque est un intermédiaire que l’on doit garder avec nous pour nous permettre de le faire », plaidait hier sur les ondes de TVA Nouvelles la pharmacienne Diane Lamarre. 

Éclosion en CHSLD

Une éclosion de COVID-19 au CHSLD Frédérick-George-Heriot a fait 19 victimes en date de mardi.
Capture d'écran TVA NOUVELLES
Une éclosion de COVID-19 au CHSLD Frédérick-George-Heriot a fait 19 victimes en date de mardi.

Pendant ce temps, la COVID-19 continue de faire des victimes au Québec. Au Centre d’hébergement Frederick-George-Heriot à Drummondville, 19 décès ont été recensés depuis le 8 mars, a rapporté TVA Nouvelles. Le plus récent bilan faisait aussi état de 61 cas actifs chez les patients, contre 16 chez les employés.

Une trop grande mobilité du personnel peut avoir contribué à disséminer le virus dans le CHSLD, selon des sources.

Cette situation reflète l’importance de donner rapidement une deuxième dose de rappel aux personnes vulnérables, croient les experts. Après un certain temps, « le vaccin s’épuise dans le corps, et c’est particulièrement vrai chez les personnes vulnérables qui ont un système immunitaire plus faible », résume Roxane Borgès Da Silva.

– Avec l’AFP 

Patients hospitalisés     

À VOIR AUSSI 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.