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Sorties de la CAQ: une «attaque directe contre la Ville de Québec» pour Marchand

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Le maire de Québec, Bruno Marchand, a haussé le ton envers le gouvernement de la CAQ, qui selon lui mène «une attaque en règle contre la Ville de Québec». Pour lui, il n'est pas question de laisser tomber les rues partagées et il n'acceptera «aucune condition» en échange de l'octroi d'un décret pour le tramway.

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«Présentement, ce qu’on a, c’est un laissez-passer A37. On a l’impression d’être dans Astérix et la Maison des fous, puis qu’à chaque fois qu’on arrive à destination, il y a toujours une étape plus loin. » 

Outré par les conditions imposées soudainement par la CAQ sur le projet de tramway, le maire Marchand a mis son poing sur la table, dans une allocution très sentie à la suite des sorties des ministres François Bonnardel, Éric Caire et Geneviève Guilbault, qui ont mené une charge contre les intentions de la Ville de Québec d'aménager des rues partagées sur René-Lévesque.      

  • Écoutez l’entrevue de Bruno Marchand au micro de Mario Dumont sur QUB radio :    

«On ne veut pas de conditions. On veut travailler en alliance. On s’attend à des décrets le plus rapidement possible, sans condition. S'ils ne changent pas d’avis, je vais être très déçu. Et je ne serai pas le seul. On peut m’attaquer, j’ai les épaules solides, mais ce faisant, on attaque les citoyens de Québec.»         

  • Écoutez Vincent Dessureault au micro de Geneviève Pettersen sur QUB Radio :   

Photo Stevens LeBlanc

Au courant depuis juin 

Et que le gouvernement se le tienne pour dit, le maire n'a pas l'intention de renoncer aux rues partagées dans le projet de tramway. «Pas question.» Il a d'ailleurs glissé que les élus étaient au courant depuis juin dernier de ce scénario. 

«La dernière journée, c'est une mauvaise journée pour les villes du Québec, pour les gouvernements de proximité que nous sommes, pour la ville de Québec, pour les citoyens de Québec. La charge frontale qu'a décidé de mener le gouvernement du Québec avec ses députés de la région et ses ministres contre moi est une attaque directe et en règle contre la ville de Québec.» 

Il a rejeté les arguments des élus provinciaux qui affirment que la circulation sera lourdement affectée au centre-ville si la Ville implante une rue partagée sur René-Lévesque. 

«Complètement faux» 

«Quand j’entends le gouvernement dire que ce sera un parking sur Laurier et sur Grande Allée, c'est complètement faux», a martelé le maire, qui a redit les vertus du tramway au plan de la lutte contre les changements climatiques, de la mobilité et de l’économie.  

Il avait fait son entrée au point de presse en portant la chaise des enfants, cette fameuse œuvre réalisée par des écoliers de Québec et qui est placée dans la salle du comité exécutif pour rappeler aux élus l'importance des générations à venir. Il a proposé d'en envoyer une au conseil des ministres.  

À plusieurs reprises, il a reproché à la CAQ d'adopter une attitude électoraliste. «Je pense que la CAQ fait le bon vieux calcul de "mes circonscriptions sont proauto alors si je démonise le transport en commun, ça va être gagnant pour moi." Je pense que c’est de la politique à courte vue.»  

Il demande au gouvernement «que les bottines suivent les babines» s'il tient vraiment au projet de tramway. 

Photo Stevens LeBlanc

Champ de compétences 

Il a aussi exigé que le gouvernement cesse de mettre ses pattes dans les champs de compétence de la municipalité. Il a invité les élus de la CAQ à se présenter aux prochaines élections municipales s'ils veulent influencer l'aménagement de la Ville. «C’est le projet de la Ville. Le gouvernement ne veut pas se faire imposer des conditions alors pourquoi il fait ça avec nous? » 

Quant à sa déclaration qui a irrité le ministre Bonnardel, à l'effet que Québec ne bâtit pas un tramway pour les municipalités périphériques, Bruno Marchand ne la regrette pas. De toute façon, même s'il ne l'avait pas faite, selon lui, le gouvernement aurait trouvé une autre raison de tiquer.  

«Ils trouvent n’importe quel prétexte. Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage.» 

Photo Stevens LeBlanc

Vendre son âme au diable 

Quant au troisième lien, projet cher à la CAQ, le maire n'a pas l'intention de l'appuyer sans en connaître les détails.  

«Si ce qu’on me demande, c’est de signer un chèque en blanc pour un tunnel sans avoir les tenants et aboutissants, la réponse est non. [...] Je ne vendrai pas mon âme au diable.» 

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