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La guerre à l'automobile: concept menteur

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D’accord, le ministre Éric Caire a offert ses excuses.

Mais sa sortie d’hier matin sur le projet de tramway était vraiment en dessous de tout.

Rappelons-la : « Le maire de Québec dit qu’il ne veut pas faire une guerre à l’automobile, alors qu’il le prouve et qu’il arrête de polluer l’existence des conducteurs avec des projets comme ça. »

J’y reviens parce que je parie que c’est ce qu’il croit foncièrement. Et qu’il est ravi de l’avoir fait savoir à une partie de l’électorat caquiste de la capitale, attirée par le Parti conservateur du Québec.

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

Menteur

Attaquons cette pensée sur le fond, car elle le mérite.

La « guerre à l’automobile » est un concept menteur, trompeur. L’auto, on lui a donné toute la place dans nos villes. Surtout dans la capitale nationale.

Ceux qui ne le croient pas, redevenez marcheur quelques heures. Traversez votre ville avec vos jambes – comme vous le faites peut-être avec émerveillement lorsque vous voyagez à l’étranger – et vous le constaterez.

Roulez un peu à vélo d’un point A à un point B. Vous le constaterez aussi. En plus, il y a de fortes chances qu’un des admirateurs d’Éric Caire baisse sa fenêtre et vous hurle – en vous frôlant avec son véhicule létal pour vous, mais pas pour lui – de dégager.

C’est simple : depuis 60 ans, les autres usagers de la route, on leur a ordonné de s’éclipser, de céder le passage. On a voulu que l’automobile règne sans partage.

Les caquistes s’inquiètent de l’effet d’un tramway sur la circulation entre Sainte-Foy et le Vieux-Québec ? Mais sont-ils conscients que dans cet axe, on consacre déjà à l’auto quatre routes de plusieurs voies, dans les deux directions ?

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 19 h via QUB radio :

Trop

En plus, la vraie « guerre à l’automobile », c’est l’automobile qui la mène !

Le « parc automobile » au Québec, depuis des décennies, croît plus vite que la population. Et dans les prochaines décennies, il y aura de toute manière une augmentation du nombre d’autos. Et donc des bouchons. Sans transport structurant, ce sera encore pire.

Sans compter que les voitures sont de moins en moins des voitures : entre 1990 et 2019, rapportait La Presse, les ventes de VUS et de camions légers ont augmenté de 284 %. En plus, chaque minute, une pub, quelque part, vous martèle que vous méritez un pick-up !

Bref, non seulement l’auto prend déjà toute la place, mais elle engraisse et occupe encore plus d’espace.

Que faire ? Élargir toujours plus les routes ? Continuer à faire la « guerre » à tous les autres usagers ? À un moment donné, il n’y aura plus de ville ! Je caricature, mais les boulevards autoroutiers des années 1960, 1970, c’était l’abolition de l’urbanité. Là où on les a déconstruits, on a permis à la ville de respirer. Pensons à René-Lévesque à Québec, jadis, ou à l’horrible échangeur des Pins, à Montréal.

  • Écoutez aussi l'émission balado d'Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 19 h via QUB radio :

L’auto est certes pratique et nécessaire, mais ça ne lui donne pas tous les droits ; surtout pas « de polluer l’existence » des gens. À ces derniers, on doit donner plusieurs choix de déplacement. Ce que permet un projet comme celui du tramway de Québec. Ce qu’a d’ailleurs rappelé un autre ministre hier, Pierre Fitzgibbon.

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