/finance/business
Navigation

Hydro-Québec: «L’objectif n’est pas d’aller chercher plus d’argent dans les poches du monde»

Hydro a présenté jeudi son plan pour relever le défi de l’explosion de la demande

Coup d'oeil sur cet article

La demande pour l’électricité verte est en croissance et Hydro-Québec se trouve à un moment charnière. Rénovation des barrages, nouveaux projets éoliens, mesures pour éviter le gaspillage: la patronne d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, a présenté son plan de match, mais l’objectif n’est pas «d’aller chercher plus d’argent dans les poches du monde».  

• À lire aussi: Des vaches à lait lucratives: une récolte des sociétés d’État qui se classe dans le top-3 de l’histoire

• À lire aussi: Hydro trop tendre à l’endroit de l’industrie des centres de données

• À lire aussi: La déplorable «repolitisation» des tarifs d’Hydro

«Hydro-Québec arrive à un moment charnière, c’est presque similaire à celui du début des années 80, quand on est passé du mazout à l’électricité et aux plinthes électriques. [...] C’est un peu la situation dans laquelle on se retrouve aujourd’hui», a expliqué Mme Brochu lors d’une entrevue avec Le Journal

«Il est grand temps qu’on reprenne une grande jasette collective, au Québec, sur le futur de nos approvisionnements en électricité», a-t-elle poursuivi. 

Ces grandes discussions ont d’ailleurs servi pour l’élaboration du plan stratégique d’Hydro-Québec 2022-2026, déposé aujourd’hui par le gouvernement caquiste. 

Ce dernier souhaite abaisser ses émissions de GES, et plus de 100 térawattheures d’électricité propre, soit plus de la moitié de la capacité actuelle d’Hydro, seront nécessaires pour atteindre la carboneutralité en 2050. 

«On sait qu’on a un problème de gaz à effet de serre, ça amène des changements climatiques et c’est pour cela qu’on doit faire une transition énergétique. On a une électricité propre et, tout à coup, cette valeur-là accroît en importance», explique la dirigeante. 

La plus récente inauguration d’un grand barrage au Québec remonte à 2017, c’était la centrale La Romaine 3, sur la Côte-Nord (ci-haut). Après la mise en service de La Romaine 4, plus tard cette année, Hydro-Québec n’aura plus de complexe en chantier.
Photo d’archives, Simon Clark
La plus récente inauguration d’un grand barrage au Québec remonte à 2017, c’était la centrale La Romaine 3, sur la Côte-Nord (ci-haut). Après la mise en service de La Romaine 4, plus tard cette année, Hydro-Québec n’aura plus de complexe en chantier.

Augmentation de la production

Dans un contexte de décarbonation, la demande pour l’électricité augmentera au cours des prochaines années, notamment sur le marché domestique, avec les véhicules électriques et les grands projets industriels, et sur les marchés d'exportation, par exemple dans le Nord-Est américain. 

«Depuis que je suis arrivée, je vois que les capacités excédentaires [les surplus] sont de plus en plus restreintes», affirme Mme Brochu. 

Hydro-Québec va donc accroître sa production de 5000 MW au cours des prochaines années. La société d’État va notamment lancer des travaux de rénovation sur les barrages existants (2000 MW) et sur ses infrastructures, ce qui impliquera des coûts de 5 milliards de dollars dans les quatre prochaines années.

Hydro-Québec mise également sur de nouveaux projets éoliens pour aller chercher 3000 MW supplémentaires. Des appels d’offres ont été lancés ces derniers mois. 

La société d’État avertit que le coût global des achats d’électricité augmentera progressivement et «exercera une pression à la hausse sur les tarifs», sans toutefois détailler cette hausse.

Il reste de la place dans l’autobus

Mais la société d’État misera beaucoup sur l’efficacité énergétique. Autrement dit, on souhaite que les Québécois consomment différemment et évitent le gaspillage d’énergie. En 2029, Hydro souhaite aller chercher environ 8,2 TWh en économies, ce qui représente grosso modo le contrat de New York. 

«Je vais vous donner l’image d’un autobus. On va l’appeler l’“autobus de la consommation d’électricité au Québec”. On est beaucoup à l’intérieur, mais tous les bancs ne sont pas occupés. On a mis nos valises et nos manteaux sur les bancs. Mais là, il y a d’autres gens qui veulent embarquer», dit-elle. 

«La question qu’il faut se poser: est-ce qu’on construit un autre autobus ou on ramasse nos manteaux et nos valises pour que les autres viennent?» poursuit-elle. 

Mme Brochu croit d’ailleurs qu’il est impératif de «faire mieux en efficacité énergétique», mais le but n’est pas d’augmenter la facture pour y arriver. 

«L’objectif qu’on poursuit, comprenez-moi bien, ce n’est pas d’aller chercher plus d’argent dans les poches du monde, ce n’est pas ça. C’est de dire: pour une même facture énergétique, est-ce que les gens pourraient consommer à [un] meilleur moment [de la] journée?» explique-t-elle. 

Dans son plan, Hydro souhaite aussi ajouter 4500 bornes de recharge standards dans les centres urbains d’ici 2028 et en exploiter 2500 autres plus rapides d’ici 2030. La société d’État souhaite aussi que les clients interagissent avec le réseau et qu’ils puissent produire leur propre électricité, notamment avec la batterie des véhicules électriques.

La société d’État s’engage aussi à atteindre la carboneutralité dans ses activités à l’horizon de 2030. 

Les deux chiffres clés d’Hydro-Québec  

10 TWh

Croissance projetée de la demande en électricité au Québec entre 2019 et 2029. Cela représente la puissance du contrat signé avec New York.

2027 

Année où Hydro aura besoin de nouveaux approvisionnements en énergie. Pour être prête à temps, Hydro va lancer des projets en éoliens, rénover les barrages existants et miser sur l’efficacité énergétique.

À voir aussi             

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.