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Riopelle inspire Robert Lepage

L’hommage à Rosa Luxemburg sert de catalyseur

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Robert Lepage

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Le créateur Robert Lepage s’attaquera à un monument de l’art québécois, Jean Paul Riopelle, dans une pièce qui sera présentée dans un an chez Duceppe.

Ce projet prometteur s’inscrit dans le cadre des 50 ans de ce théâtre montréalais et du centième anniversaire de naissance de ce peintre mort en 2002 à L’Isle-aux-Grues.

Depuis deux ans, le metteur en scène de Québec s’est plongé dans l’univers de celui dont de nombreux tableaux valent des millions de dollars.

« Les gens connaissent son nom et le fromage qui lui est consacré, mais peu connaissent son œuvre, fait remarquer Robert Lepage en entrevue téléphonique. Oui, il y a des musées et des expositions avec ses tableaux, mais la population ne connaît pas son importance dans le développement social et culturel du Québec. »

À travers ce spectacle, le dramaturge veut donc souligner l’impact des artistes du Refus global qui ont dénoncé l’obscurantisme, le joug de l’Église et le manque de liberté au Québec dans les années 1940 et 1950. 

« Ce qui est intéressant avec Riopelle et d’autres artistes abstraits et automatistes comme Borduas, Gauvreau, Ferron et compagnie, c’est qu’on voit comment le Québec a évolué grâce à eux. Ils ont planté les graines de la Révolution tranquille. »

Un duo explosif

Pour ce spectacle coproduit par la Fondation Jean Paul Riopelle, Robert Lepage s’inspire en grande partie de la gigantesque œuvre de 40 mètres L’hommage à Rosa Luxemburg qu’on peut admirer au Musée des beaux-arts du Québec dans la Capitale-Nationale. Riopelle l’a créée en 1989 à la suite de la mort de son grand amour, la peintre américaine Joan Mitchell.

« C’était une relation de 24 ans à la fois violente et passionnée, mentionne Lepage. Ils se battaient même en public. Et Riopelle a certainement reçu plus de baffes qu’il en a donné. »

« Ils ont côtoyé les plus grands de ce monde comme Giacometti, Samuel Beckett, Jean-Paul Sartre, Pierre-Elliott Trudeau, Pierre Péladeau... Ils étaient au cœur de tout. »

Rien encore sur papier

Luc Picard incarnera le peintre. Il donnera la réplique à Anne-Marie Cadieux, qui personnifiera sa compagne américaine. Dans leur jeunesse, ces deux protagonistes seront joués par Gabriel Lemire et Noémie O’Farrell.

Le texte de la pièce n’a pas encore été écrit. Pour y parvenir, Robert Lepage préfère travailler directement avec les comédiens au lieu de se planter devant un ordinateur.

« On fait des ateliers de créations qui ont déjà commencé, explique-t-il. Les interprètes improvisent à la suite d’informations qu’on leur a fournies comme des livres et des films sur cette époque. »

« Je n’ai pas ce talent-là de pondre un texte tout seul, ajoute-t-il. Ma qualité, c’est de rassembler des gens autour d’un thème. On joue, on s’amuse et on crée des dialogues qui sont, selon moi, plus authentiques et vivants quand ils sortent de la bouche des acteurs. »

Comme c’est souvent le cas pour le créateur de la compagnie Ex Machina, la pièce sera longue, avec deux entractes. Il n’a toutefois pas encore trouvé de titre. 

Cette production sera présentée en avril 2023 chez Duceppe. Elle devrait aussi être à l’affiche à Québec et même en France ultérieurement, mais aucune date n’a été fixée pour ces endroits. 

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