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Hollywood PQ: 25 Québécois qui brillent à Hollywood

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photomontage Journal de Montréal De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)

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L’étoile du Québec brille plus que jamais à Hollywood. Au cours des dernières années, les cinéastes Denis Villeneuve et Jean-Marc Vallée ont réussi à se hisser parmi les réalisateurs les plus en vue chez nos voisins du sud, amenant dans leur giron plusieurs autres artisans québécois. « Jean-Marc et Denis ont été les porte-drapeaux du cinéma québécois à Hollywood », résume le vétéran producteur Roger Frappier.

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« Sans Jean-Marc et Denis, je ne serais pas où je suis aujourd’hui », lance sans hésiter le concepteur visuel québécois Patrice Vermette. Grâce à son travail dans le Dune de Denis Villeneuve, Vermette a décroché le mois dernier la troisième nomination de sa carrière aux Oscars. Le Québécois avait eu droit à cet honneur la première fois en 2010 pour le drame historique The Young Victoria, réalisé par Jean-Marc Vallée. Il avait répété l’exploit en 2017 pour son travail dans le film de science-fiction L’arrivée (de Denis Villeneuve). 

Patrice Vermette fait partie de la cohorte de complices québécois que le regretté Jean-Marc Vallée a amenés avec lui dans son aventure hollywoodienne. Après avoir lancé la carrière internationale de Vermette, Vallée a fait appel notamment au directeur photo Yves Bélanger et au monteur Martin Pensa pour l’aider à concocter ses films suivants, dont Dallas Buyers Club et Wild. Les deux hommes volent désormais de leurs propres ailes, à Hollywood. 

Le travail de défricheur effectué par Jean-Marc Vallée n’a pas servi seulement à ses proches collaborateurs. Même son ami et confrère Denis Villeneuve a déjà admis que les succès de Vallée à Hollywood l’avaient aidé pour sa propre carrière internationale. 

« Je marchais en parallèle, un peu derrière lui. Il ouvrait la voie », a confié Villeneuve au Journal, le lendemain du décès soudain de Vallée, en décembre dernier. 

Selon le producteur Roger Frappier,­­­ les Québécois ont toujours été présents à Hollywood. Avant les Villeneuve­­­ et Vallée, d’autres cinéastes de chez nous comme Yves Simoneau et Christian Duguay ont réussi à faire valoir leur talent dans la capitale mondiale du divertissement. 

Une filière entière

D’autres artisans du cinéma québécois comme le concepteur visuel Claude Paré, le caméraman et directeur photo Stephen Campanelli et le maquilleur d’effets visuels Adrien Morot sont aussi régulièrement embauchés par des productions américaines depuis une vingtaine d’années.

« Ça fait plusieurs années qu’il y a une filière québécoise à Los Angeles. Mais depuis quelques années, elle est passée au premier plan », observe Roger­­­ Frappier qui est lui-même nommé aux Oscars cette année pour le film Le pouvoir du chien, qu’il a coproduit. 

« Il y a eu récemment une prise en charge de plusieurs projets d’envergure par des Québécois à Los Angeles. Et ce sont véritablement Denis [Villeneuve] et Jean-Marc [Vallée] qui ont ouvert la voie à cette reconnaissance de la qualité du cinéma québécois. En voyant leurs succès, les gens à Hollywood se demandent s’il y en a d’autres qui vont suivre leurs pas. D’ailleurs, on a vu dans les dernières années d’autres réalisateurs québécois, comme Philippe Falardeau et Ken Scott, tourner aussi des films aux États-Unis. » 

Et il n’y a pas que les cinéastes québécois qui ont la cote en ce moment aux États-Unis. Plusieurs de nos jeunes acteurs, cascadeurs, directeurs photo, concepteurs visuels et spécialistes en effets visuels se sont aussi taillé une place à Hollywood au cours des dernières années. 

« C’est fascinant de voir à quel point on retrouve des Québécois dans tous les corps de métiers, souligne le directeur photo Yves Bélanger. Par exemple, la coloriste avec laquelle je travaille à Hollywood, Maxine Gervais,­­­ est une Québécoise qui vit là-bas depuis plusieurs années. Elle a fait la colorisation de plusieurs gros films. » 

Patrice Vermette n’hésite pas à décrire l’industrie du cinéma québécois comme « une pépinière de talents ». 

« C’est fou, tout le talent qu’il y a au Québec. On n’a vraiment rien à envier aux autres dans ce domaine. »

Le cinéaste Denis Villeneuve abonde dans le même sens :

« Montréal dispose d’un bassin créatif absolument extraordinaire », insiste le réalisateur de Dune, en lice pour 10 prix aux Oscars demain soir.

« On le voit dans le domaine du théâtre, de la danse, de la peinture, de la poésie, mais aussi beaucoup dans celui du cinéma. On me demande souvent si j’habite à Los Angeles. C’est vrai que je dois passer beaucoup de temps là-bas pour le travail, mais j’habite encore à Montréal et je reviendrais toujours à Montréal parce qu’il y a une énergie spéciale et une créativité dans cette ville qui m’allume et me touche beaucoup. »

Denis Villeneuve  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo d'archives, AFP

  

  • Âge : 54 ans             
  • Lieu de naissance : Gentilly             
  • Métier : scénariste et réalisateur             
  • Quelques projets importants : Maelstrom, Polytechnique, Incendies, Prisonniers, Sicario, L’arrivée, Blade Runner 2049, Dune   

Après avoir étudié en cinéma à l’UQAM, Denis Villeneuve a été révélé au public québécois en 1990 en remportant, à l’âge de 23 ans, le premier prix de la Course Europe-Asie (un ancêtre de la Course destination monde). Après avoir réalisé un premier court métrage (REW FFWD) et plusieurs courts métrages (notamment pour Daniel Bélanger et Beau Dommage), il participe au film collectif Cosmos, qui est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 1997. Quelques mois plus tard, il lance son premier long métrage, Un 32 août sur Terre, qui sera suivi deux ans plus tard par Maelström.

Malgré les succès critiques remportés par ces deux premiers longs métrages, Denis Villeneuve décide de prendre une pause du cinéma pendant quelques années. Il reviendra en force en 2008 avec le court métrage Next Floor, avant d’enchaîner avec les drames Polytechniques (2009) et Incendies (2010), qui lui ouvriront rapidement les portes d’Hollywood.

« Cette pause du cinéma, c’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie, nous confiait Villeneuve en entrevue plus tôt cette semaine.

« Ça m’a permis de ralentir complètement, de reprendre mon souffle, de réfléchir à la mise en scène, à l’écriture et aux intentions derrière un film. Pendant cette période, j’ai fait table rase et j’ai essayé de réfléchir à ma manière de faire du cinéma. Je me suis dit que quand j’aurais quelque chose d’intéressant à dire et que je saurais comment le dire, je reprendrais la caméra. Quand j’ai vraiment accepté cela, je me suis senti tellement libre et soulagé. »

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, Warner

L’ascension de Denis Villeneuve à Hollywood a été aussi rapide que spectaculaire. Onze ans après s’être fait remarquer chez nos voisins du sud en décrochant une nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec son drame Incendies, le Québécois fait désormais partie de l’élite des cinéastes les plus en vue sur la planète cinéma. 

Au cours de la dernière décennie, il a réalisé cinq films hollywoodiens (dont L’arrivée et Blade Runner 2049) qui lui ont valu plusieurs nominations aux Oscars et des sélections dans les plus grands festivals du monde (Cannes, Venise, Toronto...). 

Son plus récent film de science-fiction, Dune, est en lice pour 10 prix aux prochains Oscars.

Patrice Vermette  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, Chiabella James
  • Âge : 51 ans             
  • Lieu de naissance : Montréal             
  • Métier : concepteur visuel             
  • Quelques projets importants : C.R.A.Z.Y., The Young Victoria, Prisonniers, Sicario, L’arrivée, Vice, Blade Runner 2049, Dune   

Fidèle complice de Denis Villeneuve depuis une dizaine d’années, Patrice Vermette peut se targuer d’être un des rares Québécois à avoir été nommé à trois reprises aux Oscars. Après avoir fait ses études en communications avec une spécialisation en son à l’Université Concordia, Vermette a fait ses premiers pas sur des plateaux de tournage au début des années 1990 en concevant des décors pour des vidéoclips et des publicités. 

En 1995, Jean-Marc Vallée l’a recruté pour signer la conception visuelle de son court métrage Les mots magiques. Vermette n’a pas tardé à trouver sa place dans le milieu du cinéma québécois, travaillant sur des films comme C.R.A.Z.Y. et Café de Flore (de Jean-Marc Vallée) et 1981 et 1987 (de Ricardo Trogi). En plus d’avoir assuré la conception visuelle des six derniers films de Denis Villeneuve, Patrice Vermette a eu la chance de travailler avec le réalisateur américain Adam McKay pour son drame biographique Vice. Il a été nommé aux Oscars à trois reprises : en 2010 pour The Young Victoria (de Jean-Marc Vallée) en 2017 pour L’arrivée (de Denis Villeneuve) et cette année pour Dune.  

Roger Frappier  

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Photo Chantal Poirier

  

  • Âge : 61 ans             
  • Lieu de naissance : Saint-Joseph-de-Sorel             
  • Métier : producteur             
  • Quelques projets importants : Dallas Buyers Club, Big Little Lies, Wild, Brooklyn, Sharp Objects, Nine Perfect Strangers, La mule   

Un des pionniers du cinéma québécois, Roger Frappier a décroché cette année la troisième nomination de sa carrière aux Oscars avec le film Le pouvoir du chien, qu’il a coproduit. Membre de l’Académie des Oscars depuis 1992, le vétéran producteur avait déjà été nommé à deux reprises dans le passé, grâce à deux films réalisés par Denys Arcand : Le déclin de l’empire américain (en 1987) et Jésus de Montréal (en 1990). 

Roger Frappier n’avait que 25 ans quand il a réalisé, en 1970, son premier film, le documentaire Le grand film ordinaire. Après avoir brièvement caressé le rêve de mener une carrière comme cinéaste, il s’est rapidement tourné vers la production, en travaillant d’abord pour l’ONF puis en fondant sa propre boîte, Max Films. Il a lancé la carrière de plusieurs jeunes cinéastes (dont Denis Villeneuve et Robin Aubert) et a produit plusieurs grands succès du cinéma québécois comme La grande séduction, Ding et Dong : le film et Dédé à travers les brumes

Yves Bélanger  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

  

  • Âge : 54 ans             
  • Lieu de naissance : Montréal             
  • Métier : directeur de la photographie             
  • Quelques projets importants : Dallas Buyers Club, Big Little Lies, Wild, Brooklyn, Sharp Objects, Nine Perfect Strangers, La mule   

Après avoir fait ses études en cinéma à l’université Concordia, Yves Bélanger a amorcé sa carrière en signant la direction photo de plusieurs vidéoclips et publicités à la fin des années 1980. Il a fait le saut au cinéma pendant les années 1990 en travaillant sur les plateaux de films comme La conciergerie et La bouteille

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

En 2012, le cinéaste Jean-Marc Vallée lui a ouvert les portes d’Hollywood en lui confiant la direction photo du film Dallas Buyers Club. En plus d’avoir accompagné Vallée sur tous ses projets suivants (dont Wild, Demolition et Big Little Lies), Yves Bélanger a eu la chance de travailler sur deux films de Clint Eastwood (La mule et Le cas Richard Jewell). 

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

Après l’avoir côtoyé sur le plateau de Big Little Lies, le célèbre actrice Nicole Kidman a aussi requis ses services pour le tournage de la série Nine Perfect Strangers, lancée sur Amazon Prime l’an passé. 

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Photo courtoisie

 

Renée April  

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Photo courtoisie

  

  • Âge : 65 ans             
  • Lieu de naissance : Rivière-du-Loup             
  • Métier : costumière             
  • Quelques projets importants : Le violon rouge, Grey Owl, Une nuit au musée, L’aveuglement, La montée de la planète des singes, Le jour d’après, Sicario, L’arrivée, Blade Runner 2049   

Après avoir fait ses études dans le programme de décors et costumes de l’École de théâtre de Sainte-Thérèse, Renée April est tombée en amour avec son métier en travaillant aux côtés du réputé costumier québécois François Barbeau. Elle a fait ses débuts dans l’univers du cinéma en devenant l’habilleuse personnelle de Donald Sutherland sur le plateau de tournage d’un film. Depuis, elle a conçu les costumes d’une cinquantaine de productions hollywoodiennes. Denis Villeneuve a d’ailleurs fait appel à elle pour cinq de ses films, dont Sicario et L’arrivée. Pour le tournage de Blade Runner 2049, en Hongrie, elle a dirigé une équipe de plus de 60 personnes (tailleurs, couturiers, etc.) pour pouvoir livrer les centaines de costumes du film dans les temps. Renée April a aussi créé des costumes pour le théâtre et pour le spectacle Zed du Cirque du Soleil. 

Elisabeth Williams  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

  

  • Âge : 52 ans             
  • Lieu de naissance : Montréal             
  • Métier : conceptrice visuelle             
  • Quelques projets importants : Polytechnique, les séries Fargo, et La servante écarlate   

Rien ne destinait Elisabeth Williams à faire une carrière comme conceptrice dans le milieu du cinéma et de la télévision. Après avoir étudié en science politique et en langues étrangères à l’Université de Montréal, la Montréalaise avait entrepris une maîtrise en théorie de l’éducation quand elle s’est déniché un travail à temps partiel pour une compagnie de production. C’est à ce moment qu’elle a décidé de se réorienter vers la conception de décors et la direction artistique. Après avoir fait ses preuves comme décoratrice de plateau sur des films comme Polytechnique et Mars et Avril, elle décroché ses premiers contrats comme conceptrice visuelle, au début des années 2010. Depuis 2018, elle signe la conception visuelle de la célèbre série La servante écarlate, un projet qui lui a permis de remporter des prix Emmy trois années de suite. 

Martin Pensa  

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Photo courtoisie tirée de Twitter

  

  • Métier : monteur             
  • Quelques projets importants : Café de Flore, Dallas Buyers Club, Wild, By The Sea, Togo, Brothers   

Ancien protégé de Jean-Marc Vallée, Martin Pensa a été catapulté à Hollywood en 2014 en obtenant une nomination aux Oscars pour le montage du film Dallas Buyers Club, qu’il a cosigné avec John Max McMurphy (pseudonyme de Vallée). Depuis, Pensa a été recruté comme monteur sur plusieurs productions hollywoodiennes, dont Wild (de Jean-Marc Vallée), By The Sea (d’Angelina Jolie) et Brothers (de Max Barbakow). Il est maintenant installé à Los Angeles. 

Jessica Lee Gagné  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, SHOWTIME

  

  • Âge : 34 ans             
  • Lieu de naissance : Québec             
  • Métier : directrice photo             
  • Quelques projets importants : Sarah préfère la course, Boris sans Béatrice, Escape at Dannemora, Mrs. America, Severance   

Ancienne collaboratrice régulière des cinéastes québécois Denis Côté et Chloé Robichaud, Jessica Lee Gagné enchaîne les projets américains depuis quelques années. Après avoir remarqué le travail de la Québécoise à la direction photo du film américain Sweat Virginia, l’acteur et réalisateur Ben Stiller l’a recrutée pour signer les images de sa série Escape at Dannemora, diffusée sur les ondes de la chaîne Showtime, en 2018. Jessica Lee Gagné et Ben Stiller ont récemment retravaillé ensemble sur le plateau de la série Severance, qui vient d’atterrir sur la plateforme Apple TV. On lui doit aussi les images de Mrs. America, une série de Hulu mettant en vedette Cate Blanchett. 

François Séguin  

COURTOISIE Jan Thijs
Le directeur artistique François Séguin
Photo courtoisie, Jan Thijs
COURTOISIE Jan Thijs Le directeur artistique François Séguin

  

  • Âge : 71 ans             
  • Métier : directeur artistique             
  • Quelques projets importants : Jésus de Montréal, Léolo, Les invasions barbares, Le violon rouge, Soie, Brooklyn, Les Borgias, Carnival Row   

Directeur artistique réputé, François Séguin a signé la conception visuelle de plusieurs grands films québécois, de Jésus de Montréal aux Invasions barbares en passant par Léolo, Le violon rouge et Being at Home with Claude. Sa contribution aux œuvres des cinéastes Denys Arcand et François Girard lui a valu une reconnaissance internationale et lui a permis de décrocher plusieurs contrats pour des productions hollywoodiennes comme les films Slevin, Push et La cité des ténèbres : la coupe mortelle. Il a aussi réalisé la conception visuelle de plusieurs épisodes de la série télé Les Borgia, qui a été diffusée de 2011 à 2014 sur les ondes de la chaîne américaine Showtime. 

Maxine Gervais  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

  

  • Métier : coloriste             
  • Quelques projets importants : Harry Potter et la coupe de feu, Tireur d’élite américain, La mule, Alpha, Panthère noire, Bienvenue à Marwen, Le cas Richard Jewell, Nine Perfect Strangers   

Installée à Los Angeles depuis une quinzaine d’années, Maxine Gervais est devenue une référence dans son domaine, la colorisation. Un des métiers méconnus du cinéma, le travail d’un coloriste numérique consiste à peaufiner et équilibrer les couleurs d’un film et à en retoucher certaines images, à l’étape de la postproduction. Diplômée en arts visuels à l’Université Laval, Maxine Gervais a commencé à travailler dans l’industrie du cinéma au début des années 2000 après avoir suivi un cours spécialisé dans une école privée. Son approche artistique lui a rapidement permis d’être recrutée pour travailler sur le film Harry Potter et la coupe de feu, pendant deux ans, à Londres. Peu de temps après son retour à Montréal, elle a été contactée par une compagnie de Los Angeles qui lui a payé un billet d’avion pour la rencontrer en entrevue. Depuis 2016, elle travaille pour le réputé studio Technicolor, à Los Angeles. 

Ronald Plante  

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Photo courtoisie

  

  • Métier : directeur photo             
  • Quelques projets importants : Monsieur Lazhar, The Good Lie, Sharp Objects, Suspect numéro un, The Republic of Sarah, Reacher   

Directeur photo réputé au Québec (il a notamment signé les images des films La face cachée de la Lune, Funkytown et La Bolduc), Ronald Plante s’est fait remarquer à Hollywood il y a une dizaine d’années grâce à son travail sur Monsieur Lazhar, un film de Philippe Falardeau nommé aux Oscars en 2012. En 2013, Falardeau a fait appel à lui pour assurer la direction photo de The Good Lie, son premier film hollywoodien mettant en vedette Reese Witherspoon. Depuis, Ronald Plante a eu l’occasion de travailler sur plusieurs productions américaines, dont la série The Republic of Sarah, tournée à Montréal l’an passé. Il a aussi cosigné avec Yves Bélanger les images de la série Sharp Objects, de Jean-Marc Vallée. 

 

Des qualités humaines en forte demande  

C’est grâce à leur talent, certes, mais aussi à leurs qualités humaines et leur capacité de « faire beaucoup avec peu » que plusieurs artisans du cinéma québécois ont réussi à se démarquer à Hollywood, au cours des dernières années.

«Au Québec, on est habitués de se débrouiller avec pas grand-chose. C’est une qualité que les gens à l’international voient et apprécient», souligne le directeur artistique Patrice Vermette, qui a créé l’univers de Dune dans son salon, à Longueuil. 

Le producteur Roger Frappier abonde dans le même sens : «En tournant nos films avec des petits budgets, on a toujours été condamné à faire beaucoup avec peu de moyens. Ce qui fait que quand on a enfin des moyens, on réussit à faire un boulot phénoménal comparativement à d’autres. C’est une de nos grandes forces.» 

L’approche humaine et inclusive préconisée par les Québécois sur les plateaux de tournage séduit aussi à l’extérieur de nos frontières, selon Patrice Vermette. 

«Il y a un bel esprit d’équipe dans la façon de travailler des Québécois. On n’a pas d’égo non plus. On arrive, on fait notre job et on essaie de la faire le mieux possible.» 

Le directeur photo Yves Bélanger a eu la chance de côtoyer des grandes stars hollywoodiennes comme Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Laura Dern sur le plateau de la série télé Big Little Lies, réalisée par Jean-Marc Vallée. Selon lui, les actrices de Big Little Lies appréciaient la façon de travailler du tandem québécois sur le plateau de la série. 

«C’est triste à dire mais il y a beaucoup d’êtres un peu médiocres qui sont attirés par le cinéma aux États-Unis, souligne Bélanger. Mais nous, au Québec, on est sincères. On travaille fort mais on travaille aussi dans le plaisir. Même quand on se parlait en français sur le plateau, Jean-Marc et moi, les actrices de Big Little Lies comprenaient ce qu’on voulait faire et comment on voulait raconter cette histoire. On n’était pas là pour faire le show et se pavaner. Je sais que les filles appréciaient beaucoup ça. C’est bien beau d’avoir du talent, mais ça prend aussi des qualités humaines.» 

Philippe Falardeau  

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Photo courtoisie, METROPOLE FILMS

  

  • Âge: 54 ans             
  • Lieu de naissance : Hull             
  • Métier : scénariste réalisateur             
  • Quelques projets importants : Congorama, C’est pas moi, je le jure!, Monsieur Lazhar, The Good Lie, Chuck, Mon année Salinger   

Comme ce fut le cas pour Denis Villeneuve un an avant lui, Philippe Falardeau a vu les portes d’Hollywood s’ouvrir à lui en 2012 après avoir obtenu une nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, pour son drame Monsieur Lazhar. Un an plus tard, le réalisateur de Congorama et C’est pas moi, je le jure! s’est retrouvé à diriger l’actrice Reese Witherspoon sur le plateau de tournage du film The Good Lie (Le beau mensonge). 

Philippe Falardeau, Naomi Watts et Liev Schreiber
Photo courtoisie, Joe Alvarez
Philippe Falardeau, Naomi Watts et Liev Schreiber

Depuis, Falardeau alterne entre les projets québécois (Guibord s’en va-t-en guerre) et américain (Chuck, avec Liev Schreiber). Il a récemment réalisé sa première série télé, Le temps des framboises, attendue sur la plateforme Club illico à la mi-avril. 

Ken Scott  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Âge: 51 ans             
  • Lieu de naissance : Dalhousie, Nouveau-Brunswick             
  • Métier : scénariste et réalisateur             
  • Quelques projets importants : La grande séduction, Starbuck, Donneur anonyme, L’extraordinaire voyage du fakir, Au revoir le bonheur   

Après avoir amorcé sa carrière comme humoriste au sein du groupe Les Bizarroïdes (aux côtés de Martin Petit, Guy Lévesque et Stéphane E. Roy), Ken Scott a fait le saut au cinéma en 2003 en signant le scénario de la comédie La grande séduction, réalisée par Jean-François Pouliot. Il a fait ses débuts comme réalisateur en 2009 avec la comédie dramatique Les doigts croches. Mais ce n’est que deux ans plus tard, grâce sa comédie à succès Starbuck, que sa carrière internationale a véritablement pris son envol. 

Ken Scott en compagnie de Steven Spielberg, André Rouleau et Scott Mednick.
Photo courtoisie
Ken Scott en compagnie de Steven Spielberg, André Rouleau et Scott Mednick.

Après avoir acquis les droits d’adaptation du film, le studio hollywoodien DreamWorks (de Steven Spielberg) lui propose alors de réaliser lui-même un remake américain de Starbuck, intitulé Delivery Man (Donneur anonyme). 

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, AZ Films

Après avoir tourné une autre comédie américaine (Affaires non classées) et un film européen (L’extraordinaire voyage du fakir), Ken Scott a récemment lancé la comédie Au revoir le bonheur, son premier film québécois en 10 ans.  

Claude Paré  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Métier : concepteur visuel             
  • Quelques projets importants : L’aviateur, Une nuit au musée 1 et 2, Spider-Man : loin des siens, Ça, Phénix Noir, La montée de la planète des singes   

Qu’ont en commun les films Spider-Man : loin des siens, X-Men : Phénix Noir et La montée de la planète des singes et Ça? La conception visuelle de ces super productions hollywoodiennes a été signée par le même homme, le Québécois Claude Paré. Après avoir été embauché à l’Office national du film (ONF) en 1974, Claude Paré a fait ses premières armes dans le milieu du cinéma en travaillant sur un grand nombre de productions québécoises et de téléfilms anglophones. Il s’est fait un nom à Hollywood à la fin des années 1990 en décrochant des contrats de concepteur visuel pour des grosses productions américaines qui ont été tournées à Montréal à l’époque dont La somme de toutes les peurs et L’aviateur (de Martin Scorsese). Depuis, il n’a pas cessé d’enchainer les projets d’envergure. Il a d’ailleurs récemment signé la conception visuelle de la comédie fantaisiste Adam à travers le temps, qui vient de débarquer sur Netflix.  

Théodore Pellerin  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, Showtime
  • Âge: 24 ans             
  • Lieu de naissance : Québec             
  • Métier : acteur             
  • Quelques projets importants : Chien de garde, Souterrain, Maid, Boy Erased, On Becoming A God in Central America   

Du Québec à Hollywood, tout le monde s’arrache ce jeune acteur québécois depuis quelques années. Révélé il y a huit ans dans la série télé 30 Vies, Théodore Pellerin s’est rapidement bâti une carrière enviable qui lui permet désormais d’alterner entre des projets québécois et américains. On l’a récemment vu dans quelques épisodes de la série Maid et dans le film d’horreur There’s Someone Inside Your House, offerts sur Netflix. Il a aussi joué aux côtés de Kirsten Dunst dans la série On Becoming A God in Central America, diffusée sur la chaine Showtime. Il est le fils de la chorégraphe Marie Chouinard et du peintre Denis Pellerin. 

Stephen Campanelli  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Âge: 63 ans             
  • Lieu de naissance : Montréal             
  • Métier : caméraman, directeur photo et réalisateur             
  • Quelques projets importants : Mystic River, Million Dollar Baby, Gran Torino, Indian Horse   

Depuis 28 ans, Stephen Campanelli a participé aux tournages de tous les films réalisés par le légendaire cinéaste américain Clint Eastwood en tant que caméraman. 

Le caméraman Stephen Campanelli aux côtés de Clint Eastwood et Bradley Cooper
Photo courtoisie
Le caméraman Stephen Campanelli aux côtés de Clint Eastwood et Bradley Cooper

Né à Montréal, Campanelli a grandi dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce et a fait ses études en cinéma à l’Université Concordia au début des années 1980. C’est après avoir été référé par le réputé directeur photo Jack Green, un fidèle collaborateur de Clint Eastwood, que Stephen Campanelli a été recruté par Eastwood pour la première fois en 1994 pour le tournage du film Sur la route de Madison

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

Depuis, Campanelli a travaillé comme caméraman sur plus d’une vingtaine de films avec Eastwood, dont Mystic River, Million Dollar Baby, Gran Torino et Cry Macho. Le Montréalais a aussi réalisé ses propres films comme Indian Horse et Drinkwater

Sophie Nélisse  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, Brendan Meadows/SHOWTIME
  • Âge: 21 ans             
  • Lieu de naissance : Windsor, Ontario             
  • Métier : actrice             
  • Quelques projets importants : Monsieur Lazhar, La voleuse de livres, 1:54, The Kid Detective, Yellowjackets

Révélée à l’âge de 11 ans dans le drame Monsieur Lazhar, Sophie Nélisse a rapidement suscité de l’intérêt à Hollywood grâce à la nomination du film de Philippe Falardeau aux Oscars, en 2012. Un an plus tard, elle décrochait le rôle principal du drame historique La voleuse de livres, aux côtés de Geoffrey Rush et Emily Watson, et recevait un prix aux Hollywood Film Awards. Depuis cette ascension fulgurante chez nos voisins du sud, l’actrice québécoise enchaine les projets au Québec et à l’étranger. Elle a campé l’héroïne principale du thriller américain Instinct de survie : piégés, un film de requins sorti à l’été 2019. Elle brille aussi dans la série Yellowjackets, un des succès de l’automne dernier sur la chaine Showtime. 

Effets visuels : la touche québécoise  

Dune, Mourir peut attendre, Shang-Chi et la légende des dix anneaux, Croisière dans la jungle, Star Wars : l’ascension de Skywalker... Depuis quelques années, on ne compte plus le nombre de grandes productions hollywoodiennes qui ont bénéficié de l’expertise et du talent québécois pour la création de leurs effets visuels. 

Ce phénomène s’explique par une raison bien simple : au cours de la dernière décennie, Montréal est devenu une plaque tournante de l’industrie des effets visuels, se hissant même dans le top 3 des grands pôles mondiaux dans ce domaine, après Londres et Vancouver. 

Attirés notamment par les crédits d’impôt alléchants offerts par la métropole, plusieurs grands studios britanniques comme Framestore et Cinesite ont ouvert des bureaux à Montréal. On a aussi assisté à l’émergence de quelques entreprises québécoises spécialisées en la matière, dont la plus connue est certainement Rodeo FX. 

Fondé à Montréal par Sébastien Moreau en 2006, Rodeo FX est devenu, en seulement 15 ans, un des studios les plus réputés au monde dans le domaine des effets visuels. L’entreprise québécoise qui compte aujourd’hui près de 800 employés répartis dans ses bureaux à Montréal, Québec, Toronto, Los Angeles et Munich a signé les effets visuels de plusieurs grands succès hollywoodiens dont Shang-Chi et la légende des dix anneaux, Dune, Les animaux fantastiques et Game of Thrones

« Rodeo a eu 15 ans l’an passé, c’est donc un adolescent qui a les bras un peu trop longs », lance en riant le président et fondateur de l’entreprise, Sébastien Moreau. 

« Ma plus grande fierté, aujourd’hui, c’est de voir qu’une compagnie québécoise comme Rodeo FX soit reconnue à Hollywood et dans notre industrie. On a amené ça à un autre niveau. On ne parle plus juste d’un individu. On parle d’une marque québécoise qui représente des centaines de personnes à travers le monde et qui fait rayonner le Québec. » 

Pour lui, la réputation de Montréal dans le domaine des effets visuels ne s’explique pas seulement par l’attrait de ses crédits d’impôt. 

« Je dirais que c’est une combinaison de plusieurs choses, précise-t-il. Évidemment, les crédits d’impôt sont avantageux. Mais il y a 200 autres villes dans le monde qui ont des crédits d’impôt. Au Québec, on a beaucoup de talent naturel et des écoles qui forment les artistes visuels. Le coût de la vie est aussi un atout. Nos principaux compétiteurs sont Londres et Vancouver, où tout coûte deux fois plus cher. » 

Pionniers 

Si Rodeo FX peut désormais être considéré comme le porte-étendard du Québec dans l’industrie des effets visuels, le studio Hybride peut se targuer d’avoir été un pionnier dans ce domaine à l’échelle locale. L’entreprise québécoise a été fondée en 1991, au début de la transition des effets visuels vers le numérique. 

« Mes partenaires ont eu du flair parce qu’on est arrivés au bon moment », observe en entrevue Michel Murdock, président et cofondateur d’Hybride. 

Au cours des 30 dernières années, Hybride (qui a été acquis par Ubisoft en 2008) a réalisé des effets visuels pour des films comme Spy Kids, Avatar, Hunger Games, Monde jurassique et les récents épisodes de la saga Star Wars. Pendant ces trois décennies, le studio basé dans les Laurentides a été témoin de l’évolution constante de la technologie des effets visuels numériques, mais aussi de la montée en puissance de Montréal en tant que référence mondiale dans ce domaine. 

« Le secret de Montréal, c’est sa créativité, insiste Michel Murdock. Quand on a commencé à décrocher des contrats à l’international, on n’avait jamais les mêmes budgets qu’aux États-Unis, mais il fallait réussir à réaliser un produit final qui pouvait se comparer à ce qu’ils faisaient à Hollywood avec plus de moyens. C’est notre créativité qui nous a permis de nous démarquer. » 

Selon le dernier rapport du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), le secteur des effets visuels a généré des retombées de 780 millions $ au Québec en 2021, une hausse de 25 % par rapport à 2019.

Shawn Levy  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo AFP
  • Âge : 53 ans            
  • Lieu de naissance : Montréal            
  • Métier : réalisateur et producteur            
  • Quelques projets importants : Moins cher la douzaine, Une nuit au musée, L’homme libre, Stranger Things, Adam à travers le temps   

S’il est peu connu du grand public au Québec, Shawn Levy n’a pas besoin de présentations à Hollywood. Depuis 25 ans, le cinéaste natif de Montréal a réalisé de nombreux films et séries à succès dont la comédie familiale Moins cher à la douzaine, la récente relecture de La panthère rose et la populaire trilogie Une nuit au musée. Portant également le chapeau de producteur, il est un des maîtres d’œuvre de Stranger Things, la célèbre série fantastique de Netflix. « Shawn Levy, c’est le Spielberg de la télé américaine et de la comédie familiale », a souligné au Journal le directeur photo Yves Bélanger qui l’a côtoyé sur un plateau de tournage au début de sa carrière. Shawn Levy a grandi à Montréal, mais il vit à Los Angeles depuis plusieurs années.

Adrien Morot  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Âge : 51 ans            
  • Lieu de naissance : Montréal            
  • Métier : maquilleur d’effets spéciaux            
  • Quelques projets importants : Une nuit au musée, Le monde de Barney, X-Men : Apocalypse, Le revenant, Vice, Cimetière vivant   

Maniaque de maquillage et de monstres depuis l’âge de sept ans, Adrien Morot a commencé à tracer son chemin à Hollywood en travaillant comme maquilleur d’effets spéciaux dans des ateliers de Los Angeles, au début de la vingtaine. Après avoir collaboré sur plusieurs films tournés à Vancouver, il est revenu s’installer à Montréal pour ouvrir son propre atelier. 

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

En 2011, il a décroché une nomination pour l’Oscar du meilleur maquillage pour son travail dans le film Le monde de Barney, dans lequel il a réussi à faire vieillir le personnage principal (joué par Paul Giamatti) sur une période de 35 ans grâce à la magie du maquillage. Depuis, il a mis son expertise au profit de nombreuses productions hollywoodiennes tournées à Montréal, dont les films de la saga X-Men, le thriller Death Wish et la série d’espionnage Jack Ryan

Sébastien Moreau  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo Agence QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT
  • Âge : 49 ans            
  • Lieu de naissance : Princeville            
  • Métier : président et fondateur du studio Rodeo FX             
  • Quelques projets importants : Dune, Blade Runner 2049, Game of Thrones, Les animaux fantastiques 3, WandaVision, Stranger Things   

Sébastien Moreau est à la tête de l’entreprise québécoise Rodeo FX, un des studios d’effets visuels les plus reconnus au monde. Après avoir œuvré comme créateur d’effets visuels pendant plusieurs années, notamment au sein de la prestigieuse compagnie ILM (fondée par George Lucas), à San Francisco, Sébastien Moreau est revenu au Québec en 2006 pour fonder son propre studio, Rodeo FX. La société qui compte aujourd’hui près de 800 employés répartis dans des bureaux à Montréal, Québec, Toronto, Los Angeles et Munich a remporté plusieurs prix importants pour les effets visuels de Game of Thrones. Rodeo FX a aussi récemment réalisé plusieurs des effets visuels des 3e et 4e saisons de Stranger Things ainsi que des films Dune, Shang-Chi et la légende des dix anneaux, Les animaux fantastiques 3 et Ça : chapitre 2

Jay Baruchel  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Âge : 39 ans             
  • Lieu de naissance : Ottawa            
  • Métier : acteur et réalisateur             
  • Quelques projets importants : Million Dollar Baby, Presque célèbre, Tonnerre sous les tropiques, L’apprenti sorcier, Une nuit au musée 2, Goon   

Même s’il mène une belle carrière à Hollywood depuis plus de 20 ans, Jay Baruchel est toujours resté profondément attaché à son quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, où il a grandi et passé une grande partie de sa vie. Fier Montréalais et grand fan du Canadien de Montréal, l’acteur a décroché son premier rôle à seulement 12 ans dans la série télé pour enfants Fais-moi peur, diffusée sur la chaîne Nickelodeon. Il a ensuite été recruté par le légendaire Clint Eastwood pour jouer aux côtés d’Hilary Swank dans Million Dollar Baby. Depuis, il cumule les rôles dans les comédies à succès américaines comme Tonnerre sous les tropiques et Grossesse surprise. Il a fait le saut derrière la caméra récemment en réalisant la comédie Goon 2 et le film d’horreur Actes de violence

Dean DeBlois  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie
  • Âge : 51 ans            
  • Lieu de naissance : Aylmer            
  • Métier : réalisateur             
  • Quelques projets importants : Lilo et Stitch, Dragons, Dragons 2 et Dragons 3 : le monde caché   

Né à Aylmer, en Outaouais, en 1970, Dean DeBlois œuvre dans l’univers du cinéma d’animation depuis la fin des années 1990. Il a amorcé sa carrière au studio d’animation canadien Hinton, à Ottawa, en mettant son talent au service de la série The Raccoons, diffusée sur la chaîne Disney Channel de 1985 à 1992. Il a ensuite fait un court séjour en Irlande pour travailler comme animateur au studio d’animation Sullivan Blooth avant d’être recruté par Disney pour superviser la scénarisation du film Mulan. En 2002, il coréalise son premier long métrage d’animation, Lilo et Stitch avec Chris Sanders. Produits par le réputé studio DreamWorks Animation, ses trois films Dragons lui ont permis d’être nommé à trois reprises pour l’Oscar du meilleur film d’animation.  

Dans la peau des plus grandes stars  

Qu’ont en commun Leonardo DiCaprio, Halle Berry, Michael Fassbender et Rihanna? Ils ont tous été doublés par des cascadeurs québécois pour certains de leurs plus célèbres rôles au petit comme au grand écran.

Sharlène Royer  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie, Sharlène Royer
  • Lieu de naissance : Mont-Saint-Hilaire            
  • Métier : actrice, cascadeuse et coordonnatrice de cascades            
  • Quelques projets importants : X-Men: Jours d’un avenir passé, Fear the Walking Dead, Deadpool 2, Arrow, Gothika, Star Trek Beyond   

Actrice depuis l’enfance, Sharlène Royer a amorcé sa carrière de cascadeuse au début du millénaire en doublant Rosario Dawson pour la comédie de science-fiction Pluto Nash, tournée dans la métropole. Mettant à profit ses aptitudes physiques et sa formation en danse, elle a ensuite remplacé les actrices Halle Berry, Paula Patton, Zoe Seldana et Rihanna pour des scènes d’action dans diverses productions américaines. 

Sharlène Royer, doublure de Halle Berry dans X-Men
Photo courtoisie
Sharlène Royer, doublure de Halle Berry dans X-Men

Depuis quelques années, elle œuvre également à titre de coordonnatrice de cascades, ayant chorégraphié et supervisé différents passages des films L’emprise du vice, Rabid et Jeu d’enfant

Orphée Ladouceur-Nguyen  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo d'archives
  • Lieu de naissance : Montréal            
  • Métier : actrice et cascadeuse            
  • Quelques projets importants : Altered Carbon, L’Emprise du vice, Arrow, Chaos Walking, Titans, X-Men : Phénix Noir    

Si on la connait ici pour ses rôles dans 5e rang ou encore Nuit blanche, les Américains associent quant à eux le nom d’Orphée Ladouceur-Nguyen aux séries Altered Carbon ou encore Titans. Détentrice d’un baccalauréat en journalisme de l’Université Concordia, elle a finalement opté pour le métier de comédienne, faisant ses débuts à l’écran dans les productions québécoises Turbo Kid et Unité 9. Depuis, son nom est apparu au générique de films tels que Chaos Walking, Voyeurs et L’emprise du vice, tant à titre qu’actrice que cascadeuse.  

Thomas Liccioni  

De gauche à droite: Ken Scott (réalisateur), Denis Villeneuve (réalisateur), Elisabeth Williams (conceptrice visuelle), Jessica Lee Gagné (directrice photo), François Séguin (directeur artistique)
Photo courtoisie

  

  • Lieu de naissance : Saint-Lambert            
  • Métier : acteur, cascadeur et coordonateur de cascades            
  • Quelques projets importants : Le revenant, Maison blanche en péril, Suits, Zombie malgré lui, Total Recall : Mémoires programmées, plusieurs films de la saga X-Men   

C’est le film Rollerball, tourné à Montréal au début du millénaire, qui a ouvert les portes d’Hollywood à Thomas Liccioni. Enchaînant avec les projets The Covenant et Death Race, il a depuis tourné autant au Québec qu’à l’étranger dans plusieurs blockbusters américains. 

Dans la Saga X-Men
Photo courtoisie
Dans la Saga X-Men

Il a entre autres enfilé le mythique costume de Magneto pour doubler Michael Fassbender dans trois chapitres de la saga X-Men, en plus de prendre le relais de Leonardo DiCaprio pour certaines scènes extrêmes dans le rôle qui lui a valu son premier oscar, Le Revenant

Dans le Revenant
Photo courtoisie
Dans le Revenant

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