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Toute une aberration à l'Université de Montréal

plagiat Université
Photo d'archives, Chantal Poirier L’Université de Montréal s’intéresse à tous les volets de l’histoire… sauf au Québec

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Les universités sont des lieux de recherche, de réflexion et de débat. Pas étonnant qu’on y retrouve une impressionnante diversité de points de vue.  

Au département d’histoire de l’Université de Montréal, le professeur Michael J. Carley est un pro-Poutine affirmé. Selon Radio-Canada, le professeur reprend toutes les thèses mises de l’avant par le dirigeant russe au soutien de son invasion de l’Ukraine. 

Selon lui, l’Ukraine est dirigée par des fascistes et doit être dénazifiée. L’évacuation des civils ukrainiens serait bloquée par les « fascistes » ukrainiens eux-mêmes, et Marioupol vit le bonheur d’être « nettoyée ». Disons que les faits rapportés concordent peu avec sa version. Marioupol est plutôt rasée par les bombardements.

De surcroît, le bon professeur collabore avec une plateforme collée sur le Kremlin et échappe parfois une petite fausse nouvelle tirée d’un site complotiste. Tout cela crée un malaise à l’Université de Montréal, vous l’imaginez. 

D’un côté, il y a la liberté académique, la liberté absolue de recherche et d’expression, si précieuse dans le monde universitaire. De l’autre côté, le fait d’appuyer son propos sur des faussetés dérange sérieusement, tout comme un douteux révisionnisme historique. Dans une guerre où des gens meurent, l’expression d’un point de vue doit être à la hauteur.

Vous pensez que j’écris pour dénoncer ce professeur ? Pas vraiment. Je laisserai l’épineux dilemme de « liberté académique » aux experts en la matière. Mon propos est tout autre.

Absence remarquable

Depuis quelques années, des gens du monde des sciences sociales se questionnent sur le fait que l’Université de Montréal n’ait plus de professeur spécialiste de l’histoire du Québec. Rien sur le parcours d’un peuple parlant français contre vents et marées, des plaines d’Abraham jusqu’au rapport Durham, de la Confédération jusqu’à aujourd’hui.

La plus grande université francophone en Amérique embauche des experts de l’histoire qui étudient tous les thèmes populaires dans le mouvement woke, des spécialistes de l’histoire de tous les coins de la planète, mais aucun historien nationaliste passionné de l’histoire du Québec.

Pourtant, l’Université de Montréal a accueilli en ses rangs plusieurs grands historiens du Québec. Des piliers comme Maurice Séguin et Michel Brunet, qui ont documenté les effets de la Conquête sur les Canadiens français. Ou Guy Frégault qui a scruté notre histoire nationale en plus de mettre la loupe sur le rôle de grands personnages de notre passé.

Je comprends qu’en 2022 un département d’histoire soit ouvert sur le monde, qu’il inclue une variété d’experts. Mais pour un département d’histoire, oublier d’où l’on vient constitue l’aberration suprême.

Si les grandes universités du Québec n’étudient plus l’histoire du Québec, qui le fera ? Dites-le-moi ! Ce rejet des historiens nationalistes québécois constitue pour l’institution un mélange de gauchisme mal placé et un manquement à son devoir.

Triste conclusion

Je voulais seulement attirer votre attention sur un fait. Dans le département d’histoire de l’Université de Montréal, il a été possible qu’un pro-Poutine se glisse. Mais un pro-nationalisme québécois, curieux et fier de notre histoire, non, pas possible, c’est trop ringard.

À pleurer.

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