/finance/opinion/columnists
Navigation

Être un bon patron, le meilleur outil pour attirer des employés

Groupe STCH
Capture d’écran, TVA Nouvelles Claude Hamel, PDG du groupe Groupe STCH, une PME qui assure la logistique dans le transport de marchandises, reçoit le trophée du patron de la semaine.

Coup d'oeil sur cet article

 Dans le monde des affaires, il existe des entreprises qui ne connaissent pas la pénurie de main-d’œuvre. Pour elles, le recrutement est facile et les CV rentrent à la pelletée. Elles ont toutes une chose en commun : de bons patrons !

Tous les vendredis à l’émission À vos affaires, diffusée sur LCN, j’ai la chance de couronner le patron de la semaine. 

Chaque jour, je reçois des candidatures de la part d’employés qui veulent remercier leur boss et le faire connaître à tout le Québec. Ce n’est pas rien ! Et chaque semaine, lorsque je prends par surprise ces gens d’exception, une chose me frappe : ils ont peu ou pas de problème à recruter des employés. Ils sont tellement appréciés que les candidats vont jusqu’à se battre pour décrocher un poste au sein de leur entreprise.

Un trophée mérité 

Alors que plusieurs restaurants doivent fermer par manque d’employés, les Tim Hortons de Sorel n’ont pas arrêté de servir les clients. Cet hiver, j’ai remis le trophée du patron de la semaine aux propriétaires Dany Grenier et Annick Richer. Leurs employés m’ont confirmé que la reconnaissance et la considération étaient des valeurs centrales de leur gestion, et que cela permettait de fédérer un groupe de travailleurs.

Dany Michaud, PDG du concessionnaire de machinerie Voghel, a soulevé le trophée la semaine dernière. Ses employés ont reçu une augmentation de salaire pour pallier la hausse du prix de l’essence. En plus, ils ont tous eu droit à un voyage à Disney pour toute la famille ! Une belle façon de leur dire « merci » après une année pandémique éprouvante marquée par des ventes exceptionnelles. 

« Un bon gestionnaire doit sortir de sa tour d’ivoire, écouter ses employés et comprendre leur réalité », m’a confié M. Michaud. Je vous l’affirme, il était ému par la reconnaissance de ses employés.

Le « chef du bonheur »

Je ne peux passer sous silence le grand patron de Groupe STCH, une PME qui assure la logistique dans le transport de marchandises. Sur sa carte professionnelle, Claude Hamel ne se présente pas comme « président » de l’entreprise, mais bien comme « chef du bonheur ». Cela en dit long ! Le confort de ses employés passe par des espaces de travail à la fine pointe. Sa présence sur le plancher et son écoute, chaque matin, fait une réelle différence pour « sa gang ». Résultat : pendant que nous lui présentions notre trophée du patron de la semaine, Claude gérait des CV de candidats qui voulaient venir travailler pour lui !

Il y a aussi le propriétaire d’Automobiles Robert, de Coaticook, âgé de 85 ans, qui travaille 7 jours sur 7 et aide même ses employés à faire des vidanges d’huile ; la directrice de l’école primaire Alphonse-Desjardins, Johanne Lapointe, et ses enseignants qui se battent pour travailler avec elle ; ou encore Simon Potvin, chez Généreux, géant de la construction dans Lanaudière, qui a réglé bien des problèmes de recrutement avec sa gestion humaine.

Le secret du succès 

Avis aux patrons québécois : un des secrets les mieux gardés pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, c’est tout simplement d’être un bon patron, d’être meilleur que celui qui dirige la concurrence. Et il n’y a pas que l’argent qui compte, il y a aussi la considération. 

Je le vois chaque semaine dans le regard des employés qui remettent le trophée à leur boss... C’est pas mal plus que celui qui signe leur chèque de paie, c’est un motivateur, un confident, un leader, et une oreille attentive.

Il s’agit d’une réalité sans équivoque : le Québec manque de travailleurs pour occuper tous les postes disponibles. 

Ce n’est que la pointe de l’iceberg. D’ici 2028, les économistes et les démographes anticipent que 1,4 million de postes vacants seront à pourvoir dans tous les secteurs.

Rapport de force 

Parallèlement, selon la firme de ressources humaines Ceridian HCM, 84 % des Canadiens se sentent exténués et lassés de leur emploi. De plus, 20 % des travailleurs sont à la recherche d’un nouvel emploi, car ils ne sont plus heureux dans leur environnement actuel.

C’est une réalité nord-américaine, puisqu’aux États-Unis, seulement 24 % des employés sentent qu’ils ont la considération de leur patron. C’est un constat qui se dégage d’un sondage Gallup publié à la mi-mars et qui a fait grand bruit chez nos voisins du Sud.  

Pour paraphraser la spécialiste des ressources humaines Céline Morellon, le monde du travail est en plein bouleversement, et bientôt, ce sont les ressources humaines qui seront « à la tête » des entreprises. 

Les patrons qui ne l’auront pas compris pourraient bien se retrouver avec un important problème de recrutement, une entreprise qui périclite, et seront peut-être même forcés de mettre la clé sous la porte.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.