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Le rempart de Beaucours au Musée

Les artefacts, découverts en 2018, seront dévoilés dans une nouvelle exposition en 2023

Fouilles archéologiques rempart de Beaucours
Photo d'archives Pendant des mois, les vestiges datant de plus de 300 ans ont été traités afin d’assurer un séchage et une préservation optimaux. Ici, on voit le restaurateur André Bergeron et son équipe du Centre de conservation du Québec à l’œuvre en 2018.

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Le rempart palissadé de Beaucours sera l’une des pièces maîtresses d’une toute nouvelle exposition permanente que les amateurs d’histoire pourront admirer au Musée de la civilisation, en 2023, a appris Le Journal.

Les vestiges de ce qu’on considère comme une partie des deuxièmes fortifications de Québec, datant de 1693, avaient été découverts en 2018, lors de travaux d’excavation dans le Vieux-Québec. La découverte avait immédiatement soulevé un grand intérêt de la Ville et du gouvernement du Québec, qui avaient promis de les exposer au grand public.

Cinq ans plus tard, c’est finalement au Musée de la civilisation qu’ils se retrouveront, a confirmé au Journal la porte-parole Agnès Dufour. L’institution fêtera, cette année-là, son 35e anniversaire. 

À cette occasion, on renouvellera l’exposition permanente. Le temps des Québécois aura pris fin en 2022, et s’ouvrira une nouvelle exposition sur le Québec, qui prendra son envol en octobre 2023 et qui s’intitulera À la rencontre du Québec, dans des salles complètement reconfigurées.

Pièce maîtresse

Pièce maîtresse de l’exposition, le rempart palissadé de Beaucours se trouvera à la toute fin du parcours de l’exposition.

La forme exacte que prendra leur présentation n’est pas déterminée encore précisément, mais on sait déjà qu’en raison de leur imposante taille, les vestiges ne se trouveront pas derrière une vitrine (voir autre texte).

Notons que le restaurateur André Bergeron, qui a travaillé sur les vestiges de la palissade, assistera le Musée dans la préparation de l’exposition. On pourrait ajouter des éléments numériques pour bonifier l’expérience et permettre de visualiser la structure dans sa forme d’origine. 

Datation

La datation des vestiges a été remise en doute dans le rapport d’une équipe de l’Université Laval, en 2019. 

Leur analyse dendrochronologique a déterminé que les pièces de bois ayant servi à l’érection de l’ouvrage ont été coupées entre 1750 et 1775, soit beaucoup plus tard que la date de construction de la palissade de Beaucours. Or, « le Ministère continue de s’appuyer sur les conclusions présentées dans le rapport produit par les archéologues responsables de l’intervention sur le terrain » et il maintient que son origine date de 1693.

Au Musée, on affirme qu’on ira de l’avant quoi qu’il arrive. « Il a un lien avec l’histoire du Québec. Peu importe sa datation, c’est un morceau de notre histoire et le Musée ne prendra pas position sur une hypothèse ou une autre. Ça fait partie de l’histoire. Ça va laisser place à de l’interprétation et du questionnement », a indiqué Mme Dufour.

La présentation de l’artefact permettra aussi de « mettre en lumière tout le travail d’archéologie et de restauration ». 

« On va peut-être présenter différents récits », assure Mme Dufour. Le Musée sera prudent de ne pas fixer la datation.   


Datant du 17e siècle  

  • Trouvé sur la rue Sainte-Ursule 
  • Érigé selon les plans de l’ingénieur militaire français Josué Dubois Berthelot de Beaucours en 1693 
  • Consistait en un mur de terre renforcé de bois de 1,20 m d’épaisseur et de 4 m de hauteur 
  • Recouvert à l’extérieur d’une palissade de bois et appuyé sur une banquette de terre de 7,5 m de profondeur 
  • Remplaçait l’ancienne palissade temporaire de 1690 
  • Destiné à se défendre contre les tirs d’artillerie des Britanniques 
  • Fortification abandonnée en 1740   

Des vestiges impressionnants  

Les vestiges du rempart palissadé de Beaucours qui ont été extraits d’un site archéologique du Vieux-Québec sont si imposants qu’on doit leur réserver un endroit particulier, sans vitrine.

Les artefacts, trouvés derrière un édifice de la rue Sainte-Ursule en 2018, sont « composés de deux grandes soles d’une longueur respective de 6,77 m et de 7,4 m, ainsi que d’une série de traverses aux dimensions variables qui étaient déposées sur les soles », a rappelé Catherine Vien-Labeaume, porte-parole du ministère de la Culture.

Pas de vitrine

Au Musée de la civilisation, en raison de leur imposante taille, les vestiges ne seront pas exposés dans une vitrine, mais plutôt à l’air libre, dans des conditions qui favoriseront leur préservation. Pour illustrer ce qu’on envisage, la porte-parole du Musée Agnès Dufour cite l’exemple de la barque datant du régime français, qui accueille les visiteurs dans le hall du Musée.

Ils seront possiblement déposés sur des supports pour que les visiteurs puissent imaginer ce à quoi ressemblait la structure. 

En 2018, quand ils avaient été découverts, les artefacts avaient été extraits et transportés dans une opération hautement délicate, pressée par l’arrivée imminente des températures froides. 

Leur traitement a nécessité plusieurs mois. Depuis novembre 2018, ils sont entreposés dans un endroit gardé secret. Il n’a pas été possible d’obtenir une permission pour les photographier. 

Ils ont été traités afin d’assurer leur séchage contrôlé et de maintenir leur intégrité. Au bout du processus, grâce à des soins très minutieux, toutes les pièces ont pu être sauvegardées, s’est réjoui le Ministère. 

Il ne reste qu’« à nettoyer les pièces et les préparer en vue de leur éventuelle exposition. Un suivi régulier de l’environnement du local de traitement est effectué », a indiqué Mme Vien-Labeaume.

1460 $ par mois

Après une opération initiale qui a coûté 114 000 $ entre novembre 2018 et l’automne 2020, les seules dépenses associées aux vestiges depuis l’automne sont les coûts reliés à leur entreposage dans un local temporaire au coût de 1460 $ par mois.

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