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Le F-35, un choix sensé, mais qui arrive bien tard, selon un expert

Le Canada choisit finalement le remplaçant de ses avions vétustes après 12 ans de tergiversation

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 Ottawa misera finalement sur l’avion furtif F-35 de Lockheed Martin pour renouveler sa flotte en décrépitude, un choix sensé, mais qui arrive bien tard, après plus d’une décennie de tiraillements politiques, selon un expert militaire. 

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«Une nouvelle flotte d’avions de chasse est essentielle pour la sécurité, la souveraineté et la capacité du Canada à se défendre», selon la ministre de la Défense, Anita Anand, pour qui «nous vivons dans une nouvelle réalité» après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le contrat avec le plus important armateur au monde – qui n’est «toujours pas signé», a souligné la ministre – s’élèverait à 19 milliards $ pour 88 appareils et les premières livraisons seraient prévues pour 2025.

Le contrat pourrait être signé au mois de novembre au plus tôt. La ministre de l’Approvisionnement, Filomena Tassi, a assuré lundi qu’aucune étape n’avait été ignorée et que le processus s'était déroulé dans les règles de l’art.

Un avion dernier cri

En choisissant le F-35, Ottawa a mis une croix sur son dernier rival, le modèle Gripen de la suédoise SAAB, une décision logique aux yeux de Rémi Landry, ancien militaire et professeur associé à l’Université de Sherbrooke.

Le F-35 se démarque des compétiteurs par son fuselage, qui le rend très difficile à détecter par les radars ennemis, et par sa facilité d’utilisation entre les alliés, en raison d’une technologie d’interopérabilité, a-t-il expliqué.

De plus, il est conçu par un pays membre de l’OTAN, contrairement au Gripen, la Suède n’étant pas membre de l’organisation.

«Quand vous mettez ces facteurs les uns à côté des autres, c’est vrai que ça coûte une fortune, mais en même temps, compte tenu de notre position avec NORAD et avec l’OTAN, le Canada n’a pas d’autre choix que d’éventuellement avoir un avion qui va performer», a fait savoir M. Landry.

Le 14 mars, l’Allemagne a signifié son intention d’acheter jusqu’à 35 avions F-35 auprès de Lockheed Martin. La Finlande, qui n’est pas membre de l’OTAN, avait annoncé, en décembre, qu'elle voulait acquérir 64 de ces avions au prix de 12,1 milliards $.

Mieux vaut tard que jamais

Il a fallu toutefois bien du temps avant d’en arriver à ce stade: l’idée de renouveler la flotte canadienne a été d’abord lancée en 1997, à l’époque de Jean Chrétien.

Les conservateurs de Stephen Harper avaient repris le dossier en main avant de jeter le projet aux calendes grecques parce qu'ils avaient été accusés de n’avoir pas respecté le processus d’appel d’offres. Puis, les libéraux de Justin Trudeau avaient promis de renoncer à l’achat lors des élections de 2015, avant de rouvrir le dossier quelques années plus tard.

«C’est une saga malheureuse qui démontre que tout le processus d’acquisition est politisé», a déploré Rémi Landry. «Lorsque la politique se met le nez dedans, on arrive à ce qu’on a actuellement, c’est-à-dire des retards épouvantables et des Forces armées qui, malgré leur professionnalisme, n’ont pas l’équipement pour faire ce qu’on leur demande.»

«Ce qu’on ne réalise pas, c’est qu’on paie déjà un coût d’entretien astronomique parce qu’on a retardé l’acquisition du F-35. Plus qu’on retarde le remplacement d’un avion, plus qu’éventuellement il y a des frais additionnels», a ajouté l’expert. 

Le F-35 Lightning II en bref   

  • Chasseur furtif de 5e génération mis en service en 2015   
  • Vitesse maximale : 1930 km/h  
  • Rayon d’action : 1080 km  
  • Peut transporter des missiles ou des bombes dans des soutes internes pour déjouer les radars.   
  • Une quinzaine de pays en ont commandé des exemplaires.   
  • Le programme des F-35 pourrait entraîner des retombées au Canada de 17 G$ jusqu’en 2058.  
  • Le casque du F-35, pourvu de vision artificielle, permet de voir à travers l’avion lorsqu’on regarde vers l’extérieur. Il vaut 500 000 $ l’exemplaire.   

 

  •  Écoutez l'entrevue avec Pierre Paul-Hus, député fédéral conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles sur QUB radio :   

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