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Repenser le vêtement de maternité dans un contexte d’inflation

Repenser le vêtement de maternité dans un contexte d’inflation
Simon Dessureault / AGENCE QMI

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Une entrepreneure de Lanaudière qui a créé un concept de vêtements de maternité modulables doit sans cesse user de créativité pour faire face à l’inflation, en plus de subir les effets de la pénurie de main-d’œuvre. 

«Tous les matériaux ont augmenté, principalement le tissu qui vient de la Chine», nous a confié Claudia Chassé, fondatrice de l’entreprise Lait de Poule, qui a pignon sur rue à L’Assomption.

Si les augmentations auxquelles elle faisait référence sont généralement de 10 à 20 %, dans certains cas, celles-ci peuvent être beaucoup plus élevées.

«J’ai aussi même fait une commande de Turquie qui m’a coûté plus cher de transport que de tissu, a-t-elle mentionné, en parlant de tissus à environ 12 $ le mètre qui lui ont coûté l’équivalent de 16 $ le mètre pour le transport. Les courriels des fabricants de tissus et des distributeurs se suivent un après l’autre pour annoncer leurs augmentations.»

Repenser le vêtement de maternité dans un contexte d’inflation
Simon Dessureault / AGENCE QMI

Économiser

La femme d’affaires s’est donc demandé comment elle pouvait réduire l’utilisation du tissu pour économiser le plus de matière possible.

«On regarde comment on peut modifier le patron pour que ce soit plus rentable au niveau de la production», nous a-t-elle expliqué, en nous montrant des façons de «jouer» avec le modèle.

«Ça va être dans la confection aussi, vu que la confection coûte plus cher, a-t-elle ajouté. On est créatifs, on essaie de tempérer les augmentations de prix de cette façon-là.»

Claudia Chassé a fondé Lait de Poule en avril 2017. La jeune entrepreneure de 35 ans, mère de deux jeunes filles, trouvait que les vêtements de maternité étaient trop traditionnels et pas très colorés.

«L’idée était de faire une robe décomposable avec l’ouverture pour les seins et on a des petits détails dans les vêtements pour camoufler la silhouette post partum, a expliqué celle qui rêvait de devenir designer de mode. Mais on veut qu’ils soient portés longtemps après la maternité, pas juste pendant neuf mois.»

Mme Chassé a six employés à son service, soit un designer, une adjointe et une couturière à temps plein, ainsi que deux couturières à temps partiel et une personne au service à la clientèle. Et, une partie importante de sa production est réalisée par un fabricant de Montréal.

Si l’inflation l’affecte, elle subit aussi les contrecoups de la pénurie de main-d’œuvre qui affecte plusieurs secteurs de l’économie.

«Dans cette industrie, c’est une main-d’œuvre de vieille génération qui ne se renouvelle pas», nous a-t-elle expliqué, faisant référence à des métiers qui se perdent, comme les coupeurs de tissu, les patronnistes, les gradeurs et les couturières.

«On subit le manque de main-d’œuvre parce que ça a des impacts au niveau des délais de livraison.»

Par conséquent, comme bien d’autres commerçants, Claudia Chassé doit augmenter ses prix tout en sachant que la concurrence est toujours là.

«Quand on parle de confection de vêtements au Québec, c’est impossible d’égaliser les prix des grosses chaînes externes», a-t-elle souligné.

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