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Guerre en Ukraine: ces civils qui restent sur place pour aider leurs compatriotes

La détermination à subvenir aux besoins de leurs compatriotes est plus forte que le risque d’y laisser leur vie

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Photo AFP La ville de Chernihiv, d’où est originaire Olena Chychkan, a été douloureusement touchée par les bombardements le 4 mars.

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Étudiante, informaticien, courtière immobilière et même une ancienne journaliste russe: Le Journal s’est entretenu avec plusieurs civils ukrainiens de tout âge et de tout horizon qui ont décidé de participer à l’effort de guerre.

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Olena Chychkan
Photo courtoisie
Olena Chychkan

«Je n’ai jamais pensé à partir. Mon fiancé combat ici et je dois rester pour le soutenir, lui et d’autres gens, raconte une volontaire russe de 43 ans qui vit en Ukraine depuis deux ans. Je sais que je peux aider, je n’ai pas d’enfants dont je dois m’inquiéter, donc ce n’était pas une question. Je fais ce que je peux», poursuit cette ancienne journaliste, qui a demandé à taire son nom pour des raisons de sécurité.

Celle qui indique ne jamais avoir été une «patriote politique» du gouvernement Poutine, a grandi à Saint-Pétersbourg a quitté son pays après s’être épris d’un Ukrainien.

«J’ai toujours su qu’il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas, trop de mensonges et trop de propagande. [...] J’ai toujours su que la Russie était à blâmer en 2014 avec le Donbass», indique celle qui a fait des études en histoire.

Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, celle qui est dorénavant professeure de quijong (gymnastique chinoise) s’occupe principalement des civils qui restent coincés à Kïyv et ses environs.

«Je coordonne les volontaires, on cherche des médicaments, des vêtements, de la nourriture pour les personnes âgées et les familles qui n’ont pas d’argent. Je cuisine pour eux aussi», confie celle qui dit s’être habituée aux bombardements après plusieurs jours.

Soutenir l’armée

Tatiana Dziubenko, courtière en immeubles, a choisi de rester lorsque son fils s’est enrôlé dans l’armée.
Photo courtoisie
Tatiana Dziubenko, courtière en immeubles, a choisi de rester lorsque son fils s’est enrôlé dans l’armée.

Comme elle, Tatiana Dziubenko, une courtière immobilière de 55 ans, a décidé de rester lorsque son fils et ses amis se sont enrôlés dans l’armée au jour un de la guerre.

«C’était sûr que je ne pouvais pas quitter mon pays, alors je me suis dit : “qu’est-ce que je peux faire pour être utile?”», indique qui vit à Kïyv.

En voyant que de nombreux combattants manquaient cruellement d’équipements et de nourriture, Tatiana s’est donnée pour mission de les aider en récoltant toutes sortes de dons dans un panier.

«Avec mes amies, on va au supermarché avec notre chariot où l’on a écrit “aidez notre armée” et les gens partagent ce qu’ils ont et donnent de l’argent comme ils peuvent», explique la mère de famille.

Artem Datochnyi, un informaticien de 25 ans, aide des familles et apporte de la nourriture et des munitions aux combattants.
Photo courtoisie
Artem Datochnyi, un informaticien de 25 ans, aide des familles et apporte de la nourriture et des munitions aux combattants.

De son côté, Artem Datochnyi, un informaticien qui vient de Kïyv, la capitale du pays, participe lui aussi à l’effort de guerre.

«Même quand je me demandais ce que je ferais ou comment je me comporterais si la guerre commençait, je n’aurais jamais imaginé vivre ce que je vis aujourd’hui. C’est quelque chose que je ne souhaite à personne de vivre», confie le jeune homme de 25 ans.

Alors qu’il devait recevoir une promotion pour devenir chargé de projet lorsque la guerre a commencé, son quotidien est dorénavant rythmé par la distribution de vivres pour les civils et les combattants, et les bombardements.

C’est en aidant la famille d’un ami qui avait besoin d’un chauffeur pour fuir vers l’ouest du pays qu’il a commencé à aider.

«Un ami m’a demandé de l’aide pour conduire des munitions au front et j’y suis allé. En revenant à Kïyv, on a commencé un groupe sur Telegram [pour se coordonner], on était quatre et maintenant nous sommes 50», indique-t-il fièrement.

Depuis un mois, Artem et son groupe de volontaires estiment avoir distribué près de 40 000 repas, évacué 20 familles et aidé plus de 500 soldats.

Loin du pays

De son côté, Olena Chychkan, une étudiante en médecine de 18 ans, fait son maximum pour aider ses compatriotes grâce aux réseaux sociaux depuis la République tchèque, où elle est partie étudier avant la guerre.

«Je mets en relation des volontaires avec des personnes qui ont besoin d’aide, surtout des médecins puisque j’en connais. J’aide aussi les Ukrainiens qui essaient d’aller dans d’autres pays», explique la jeune fille originaire de Chernihiv.

Loin des siens, Olena Chychkan estime que c’est son devoir d’aider ceux qui vivent des difficultés à cause de la guerre.

«[Dans ma ville], il n’y a plus d’eau, plus d’électricité, plus de chauffage. Les gens sont obligés d’allumer des feux dehors pour se faire à manger et doivent rationner l’eau, en plus d’être continuellement sous les tirs russes», déplore-t-elle. 

Ce qu’ils ont dit    

«Même quand je me demandais ce que je ferais ou comment je me comporterais si la guerre commençait, je n’aurais jamais imaginé vivre ce que je vis aujourd’hui. C’est quelque chose que je ne souhaite à personne de vivre.»

– Artem Datochnyi, informaticien de 25 ans, à Kyïv

«Quand tu dors et que, soudain, ta maison tremble, c’est terrible. Les deux premiers jours ont été terribles. Puis lentement, je me suis habituée [aux bombardements].»

– Une volontaire d’origine russe de 43 ans, à Kyïv

«[Dans ma ville], il n’y a plus d’eau, plus d’électricité, plus de chauffage. Les gens sont obligés d’allumer des feux dehors pour se faire à manger et doivent rationner l’eau, en plus d’être continuellement sous les tirs russes. C’est la moindre des choses d’essayer d’aider.»

– Olena Chychkan, une étudiante en médecine de 18 ans, en République tchèque

«Nous savons que l’armée russe a commis de nombreux crimes contre notre peuple, mais nous restons forts et nous ne nous rendrons pas. Notre mission est d’aider l’armée ukrainienne et notre peuple qui est sans abri.»

– Tatiana Dziubenko, une courtière immobilière de 55 ans, à Kyïv

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