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Santé : pas de pilule magique...

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Poudre aux yeux, généralités, vague plateforme électorale, l’opposition n’a pas manqué d’épithètes pour dénigrer le plan de réforme déposé par le ministre de la Santé.

En effet, il ne contient aucune promesse étincelante. 

Pas de médecin de famille pour tous, pas de chirurgie garantie en quatre semaines, pas de visite à l’urgence en une heure ou de psychologue en quelques jours. Rien, sauf un éventuel numéro de téléphone, le fameux Guichet d’accès à la première ligne.

Finalement, le plan de Christian Dubé est tout sauf spectaculaire. Il est presque terne. Et c’est là sa plus grande qualité.

Christian Dubé s’est rendu à l’évidence : ça ne sert à rien de prétendre réinventer la roue en santé. 

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Vieilles recettes

Près de 2000 pages d’études, de rapports de commissions traînent sur les tablettes du ministère de la Santé depuis 30 ans. 

Les solutions pour remettre sur pied le réseau sont connues depuis longtemps. Il faut la volonté politique de les mettre en œuvre. C’est ce que propose le ministre Dubé.

Renforcer la première ligne ? Ça prend du personnel, un meilleur arrimage entre les besoins des Québécois et les expertises des différents professionnels. Il faut surtout décloisonner la pratique. Pourquoi aller voir un médecin, si un physiothérapeute ou une infirmière suffit.

Assurer des investissements plus judicieux ? Il faut des données précises et adéquates pour connaître les besoins.

Gérer avec humanité et intelligence ? Décentraliser le réseau en laissant les coudées franches aux gestionnaires locaux.

Ça fait 15 ans qu’on en parle. Christian Dubé propose de passer enfin à l’action. 

Suite périlleuse

Mais comment ? C’est là que le bât blesse.

Comment s’assurer que son Guichet d’accès à la première ligne aura accès à suffisamment de rendez-vous pour satisfaire à la demande ? 

Combien de temps faudra-t-il pour mettre en œuvre l’autogestion des horaires dans les établissements et ainsi éviter le temps supplémentaire obligatoire si conspué.

Qui se chargera de permettre un lien fluide entre le médecin soignant et les équipes sur le terrain dans les soins à domicile ?

Et la refonte du financement du réseau axé sur les besoins des patients, qui la pilotera, sur quel horizon ?

Quelles tâches seront déléguées aux pharmaciens ? Aux ambulanciers ?

La réponse à chacune de ces questions déterminera la crédibilité et le succès de la réforme Dubé. Lui-même le reconnaît, tout est dans l’exécution.

Il a mandaté la sous-ministre Dominique Savoie pour lui présenter d’ici quelques semaines un plan de mise en œuvre. On l’attend avec impatience. 

Surtout, pour espérer y arriver, le ministre devra gagner l’adhésion de tous les sceptiques, des syndicats aux fédérations médicales et autres. 

Plus facile à dire qu’à faire. Car en année électorale, ça veut dire que la CAQ devra résister à la tentation de casser du sucre sur le dos des médecins et des syndicats pour se faire du capital politique.

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