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Est-ce le début de la fin pour Trump?

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Est-ce enfin possible ? La fin est-elle vraiment proche ? Les signes de l’essoufflement politique de Trump abondent, mais il n’a pas dit son dernier mot.

Je n’ai pas l’habitude des titres en forme de question, mais, avec Trump, mieux vaut ne pas célébrer trop tôt.

Les démêlés de l’ex-président avec la justice se poursuivent et il a de sérieux problèmes sur les fronts politique et médiatique, mais il a encore quelques atouts.

  • Écoutez la chronique de Luc Laliberté, spécialiste de la politique américaine sur QUB radio :

Des crimes au grand jour

C’est une dure semaine pour le retraité de Mar-A-Lago. Lundi, dans un verdict lié aux événements du 6 janvier 2021, un juge affirmait qu’il estimait probable que Trump ait commis un crime ce jour-là.

Mardi, on a appris qu’il manque plus de sept heures au compte rendu des appels téléphoniques de l’ex-président pour le 6 janvier. 

Tout le monde l’a vu encourager les manifestants à envahir le Capitole et les preuves du caractère prémédité de cette attaque violente s’accumulent ; même chose pour les preuves d’entraves à la justice et au travail du Congrès.

Ce qu’on ne voit pas, ce sont des indices que l’Attorney General Merrick Garland déposera des accusations formelles contre les responsables de ces événements, y compris Trump.

Dans le cas de Trump, qui est l’objet d’une montagne d’allégations crédibles d’inconduites sexuelles ou de malversations financières, les responsables du département de la Justice semblent avoir une peur maladive de le mettre sur le banc des accusés.

Des ratés politiques

Alors que la saison des primaires bat son plein en vue des élections législatives de novembre, l’appui de Trump semble de moins en moins utile aux candidats républicains.

Ses déclarations au sujet de Vladimir Poutine n’aident pas. Trump, qui avait qualifié Poutine de génie à la suite de la toute première phase de l’invasion de l’Ukraine, n’a toujours pas émis une déclaration critique à son endroit après plus d’un mois d’une guerre où Poutine a réussi à s’aliéner la quasi-totalité de l’opinion américaine.

On peut aussi se demander si Trump peut répéter ses prouesses de 2016. Le public est las de ses discours vides de contenu. Ses ralliements ne remplissent plus les arénas et sont peu diffusés. Ses déclarations n’excitent plus les médias sociaux et son site pour remplacer ceux qui l’ont exclu est un flop.

Et pourtant...

L’élection de 2024 est encore loin. D’ici là, sa stratégie de laisser tourner les horloges et s’effacer les mémoires sur ses écarts de conduite pourrait continuer à le servir.

Trump n’a pas encore d’opposant sérieux à l’investiture républicaine et personne n’ose le défier, de peur de perdre ses partisans inconditionnels. 

Il serait aussi périlleux pour l’establishment républicain de pousser Trump vers la sortie, sachant qu’il n’hésiterait pas à entraîner le parti avec lui dans sa chute. Même avec tout le passif accumulé à son compte, Trump demeure favori pour remporter l’investiture républicaine en 2024.

Surtout, les démocrates sont lourdement hypothéqués par l’inflation, qui est la préoccupation première de l’électorat et qui ne risque pas de disparaître de sitôt. Les perspectives d’une victoire républicaine en 2024 sont donc réelles, même si Trump tire le parti vers le bas.

Ça ne va pas très bien en ce moment pour Donald Trump et les choses pourraient encore s’empirer pour lui, mais il est trop tôt pour annoncer sa chute définitive.

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