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Des fonds contre la violence armée

Des fonds contre la violence armée
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Dans l’objectif de trouver une solution à la flambée de violence armée dans la métropole, la Ville de Montréal investira 7 M$ dans des programmes pour intervenir auprès des jeunes. Cela, alors que le SPVM a sonné l’alarme sur l’influence des réseaux sociaux dans la glorification de la violence.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, en a fait l’annonce à terme d’une journée de discussion dans le cadre du Forum pour la lutte contre la violence armée, qui terminait ses travaux jeudi. L’événement était coorganisé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Aujourd’hui, c’est la dernière étape qui va permettre de développer un modèle montréalais quand il est question de cette lutte», a indiqué la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en début de journée.

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

La Ville mettra sur pied un fonds spécial jeunesse de 2 M$ sur deux ans, afin de soutenir des projets portés «par et pour les jeunes». Il s’agit du premier fonds «jeunesse» de ce genre dans la métropole.

Une somme de 5 M$ sera également prise dans le budget participatif de la Ville pour créer des projets d’infrastructures qui répondent aux besoins des jeunes, notamment des plateaux sportifs.

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

Un service de ligne d’accompagnement téléphonique offert aux familles sera également créé par la Ville. L’idée avait initialement été amenée à l’hôtel de ville par l’opposition officielle.

«Ce qui se passe à Montréal n’est pas unique à la Ville, mais ce qu’on veut, c’est de trouver nos solutions, sur nos réalités. On ne va pas rester les bras croisés devant cette augmentation de la violence», a assuré Mme Plante.

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Elle indique que d’autres pistes d’action seront étudiées au cours des prochaines semaines, pour faire suite aux travaux du Forum.

Le chef du SPVM, Sylvain Caron, a également promis que les recommandations du Forum seront prises en compte par son service.

«La lutte contre la violence armée, nous devons la mener tous ensemble, et il s’agit d’une responsabilité commune», a-t-il expliqué.

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

Du côté de l’opposition, on juge que les mesures annoncées manquent de «sérieux».

«Il est ironique de voir la mairesse piger dans le budget participatif de la Ville de Montréal en pensant que c’est avec des projets de ruelles vertes qu’on va enrayer la violence armée», a souligné Abdelhaq Sari, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique.

Il a rappelé qu’en décembre dernier, l’administration Plante avait refusé d’allouer des sommes du budget participatif à la réalisation, «plus concrète», du projet de centre sportif à Montréal-Nord.

Armes de poing

Depuis plusieurs mois, la mairesse Plante demande que le gouvernement fédéral intervienne pour interdire les armes de poing. En septembre dernier, elle avait également fait une sortie publique avec les maires des quatre autres plus grandes villes du Québec à ce propos.

«On sera là», a assuré le ministre Marco E. L. Mendicino, responsable de la Sécurité publique du gouvernement du Canada. Il a toutefois refusé de s’avancer sur un engagement concret.

À ses côtés, Mme Plante a réitéré qu’un plus grand contrôle est nécessaire, et qu’il s’agit également d’une demande du SPVM et des jeunes présents au Forum.

«Si, à chaque fois qu’on retire une arme, il y en a 10 autres qui apparaissent, soit d’une autre ville, d’une autre province... à un moment donné, c’est difficile. Le contrôle des armes à feu est un élément clé pour y arriver», a-t-elle souligné.

Réseaux sociaux

Au SPVM, on constate une augmentation annuelle de 20% à 30% du nombre de dossiers liés aux réseaux sociaux.

Pour les cas d’armes à feu sur ces plateformes, les dossiers ont augmenté de 68% dans la dernière année seulement.

«En 2018, on ne voyait pas beaucoup de gens qui s’affichaient avec des armes à feu sur les réseaux sociaux traditionnels. On a eu trois dossiers. Présentement, on est à 58 dossiers», a illustré Maya Alieh, sergent-détective superviseure du module de cyberenquête du SPVM.

Au cours de son travail, elle a même dû intervenir dans le cas d’une petite fille en 1re année du primaire qui a fait une tentative de suicide en raison de menace sur WhatsApp.

«On est dans un écosystème virtuel qui propose de tout, qui publicisent tout et où on perd un peu le contrôle de ce qu’on regarde et qu’on publie. Les limites géographiques n’existent plus dans le monde virtuel», a révélé Mme Alieh.

Elle indique que beaucoup de conflits débutent dans le monde virtuel, à la suite d’un commentaire ou d’une publication, pour ensuite se transposer dans le monde réel.

«Il se passe beaucoup de choses sur les réseaux sociaux», a admis Mme Plante, en assurant que le SPVM augmenterait sa présence sur le web «avant qu’il ne soit trop tard».

René-André Brisebois, de l’Institut universitaire Jeunes en difficulté, a pour sa part milité pour l’approche des hubs, une solution utilisée dans certaines autres villes.

«C’est une approche qui permet d’avoir une réponse intégrée et concertée auprès des jeunes les plus en difficultés. Ceux qu’on arrive moins à rejoindre, mais qu’on sait qu’il y a plus de besoins», a-t-il expliqué.

Ces cellules se réunissent une à deux fois et permettent un accompagnement aux familles qui l’acceptent, afin de leur offrir un soutien. Selon M. Brisebois, la méthode permet d’avoir une réponse avec une action «concrète».

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