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Don de 2200 repas chauds aux itinérants

Une entrepreneure veut leur offrir du réconfort

Noémie Charest
Photo Chantal Poirier Noémie Charest, entrepreneure de 26 ans, distribuant des repas de poulet et des bas chauds aux personnes dans le besoin dans le Vieux-Montréal.

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Marquée par les ravages du passage dans la rue de sa sœur, une entrepreneure de 26 ans a décidé d’offrir 20 000$ en repas chauds aux itinérants.

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«Il y a des gens qui, comme ma sœur, ont pris la mauvaise voie à un moment de leur vie. Moi, je suis en bonne position, je veux aider», lance Noémie Charest. 

Depuis janvier, l’entrepreneure de 26 ans offre chaque semaine une quarantaine de repas chauds à des gens de la rue sur l’heure du midi. Grâce à un don de 20 000$ offert à l’organisme Notre-Dame de la rue, mené par l’abbé Claude Paradis, elle s’engage à offrir 2200 dîners pour l’année à venir.

Si elle tient à offrir un peu de réconfort aux gens dans le besoin, c’est que sa sœur de trois ans son aînée a longtemps eu des problèmes de consommation et s’est même retrouvée à la rue. 

«Elle squattait ici et là, vivait dans sa voiture qui avait l’air d’une soue à cochons, même si elle n’avait pas d’argent pour mettre de l’essence dedans», résume Mme Charest, qui demande qu’on taise le nom de sa sœur, par respect pour elle. 

Noémie Charest
Photo Chantal Poirier

Sensibiliser

En racontant cette histoire, elle espère sensibiliser les gens à la réalité de l’itinérance, mais surtout aux troubles de santé mentale qui affligent de nombreuses personnes dans la rue. 

«Moi, ça m’a été imposé de vivre avec ça dans ma famille, c’est toute une épreuve, il faut en parler», insiste-t-elle.

Elle se désole que sa sœur ait atteint le fond du baril avant d’être prise en charge. Et selon Mme Charest, il est trop peu trop tard puisque son aînée est désormais invalide.

Ayant des symptômes s’apparentant à la schizophrénie et à la catatonie, soit un dérèglement du système nerveux, elle peine en effet à s’occuper d’elle-même.

«Elle a besoin d’encadrement sept jours sur sept. Elle n’est pas capable de faire du café, elle ne peut pas cuisiner seule, elle pourrait oublier un rond allumé ou se blesser», explique-t-elle. 

Un repas à la fois

Si elle a choisi d’offrir des repas chauds, c’est qu’elle dit avoir souvent tenté d’aider sa sœur à se sortir de la misère, en vain. Elle tente ainsi de donner au suivant, à sa manière.

«Je ne peux pas faire autre chose, je n’ai pas le pouvoir de les aider s’ils ne le veulent pas. Si mon geste amène du réconfort et de l’amour, à mon avis, c’est la base d’un rétablissement», expose la propriétaire de la marque de bière de microbrasserie La Reine de la Bière.

«Juste de leur dire: bonjour, comment allez-vous aujourd’hui? Ça les rend heureux. Un repas à la fois, je donne un peu de dignité», ajoute celle qui collabore également avec son conjoint Camille Estephan dans son entreprise de promotion de boxe Eye of the Tiger Management.

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