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Les contrats accordés par Québec et Ottawa à Amazon ont explosé

Les gouvernements québécois et canadien ont plus que doublé leurs ententes avec le géant du web en 2021

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Les contrats accordés à Amazon par Québec et Ottawa ont explosé dans la dernière année pour atteindre près de 38 millions $, soit plus du double de ce qui avait été accordé en 10 ans.

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La majorité des contrats concernent le stockage des données gouvernementales dans des serveurs d’infonuagique (cloud).

L’an dernier seulement, le fédéral a conclu des contrats pour 24,6 M$ avec Amazon Web Services (AWS), la branche informatique de la société du milliardaire Jeff Bezos. 

Entre 2011 et 2020, Ottawa avait payé 15,7 M$ en contrats informatiques et achats sur la plateforme en ligne d’Amazon. 

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a à elle seule dépensé plus de 12 M$ l’an dernier pour des services d’AWS. 

L’un des contrats signés par la multinationale avec l’ASFC est passé à lui seul de 400 000 $ à plus de 10 M$.  

En 2020, notre journaliste Dominique Cambron-Goulet a travaillé incognito au centre de distribution d’Amazon à Montréal pour rendre compte des conditions de travail.
Photo courtoisie
En 2020, notre journaliste Dominique Cambron-Goulet a travaillé incognito au centre de distribution d’Amazon à Montréal pour rendre compte des conditions de travail.

Le plus gros contrat

Du côté de Québec, Amazon a décroché, à la toute fin de 2020, le plus gros contrat d’infonuagique jamais octroyé par le gouvernement. Les détails de cette entente de gré à gré d’un peu plus de 10 M$ n’ont été rendus publics qu’en juin dernier. 

Le pacte de trois ans avec le ministère de la Cybersécurité et du Numérique doit servir à la consolidation de l’ensemble des systèmes informatiques du gouvernement provincial. 

Au total, AWS a obtenu pour plus de 13 M$ en contrats depuis la fin de 2020. 

Les ministères du Conseil exécutif, des Affaires municipales, de l’Environnement et le Secrétariat du Conseil du trésor ont également choisi l’entreprise de Jeff Bezos pour leurs services informatiques.

Comme le révélait notre Bureau parlementaire en février, ce ministère piloté par Éric Caire a pris la gestion des ententes d’infonuagique des différents organismes gouvernementaux, car presque tous s’enlignaient pour choisir Amazon. 

« Il y a un risque de dépendance technologique forte envers ce fournisseur et une diminution de la gouvernance du gouvernement », indiquait une présentation gouvernementale à laquelle nous avons eu accès.    

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio:    

Distribution

Le géant américain s’est établi au Québec dans les dernières années avec des centres de distribution dans l’arrondissement de Lachine, à Montréal, et Coteau-du-Lac, en plus d’un centre de données à Varennes, aussi en Montérégie.

Avec ces investissements, Amazon s’est qualifié pour un congé fiscal d’une durée de 15 ans.Toutefois, on ignore si l’entreprise paie des impôts au gouvernement. Même le ministre de l’Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon, a avoué ne pas le savoir en entrevue avec notre Bureau d’enquête l’an dernier.

De gros, gros chiffres  

Contrats et achats fédéraux de 2011 à 2020

15,7 M$

Contrats fédéraux l’an dernier

24,6 M$

Contrats et achats de Québec (2019 à décembre 2020)

1,6 M$

Depuis décembre 2020

13,3 M$


Vous pourrez connaître les détails de nos découvertes sur le géant du web dans notre reportage L’envers d’Amazon qui sera diffusé ce soir à 21 h, à TVA, dans le cadre de l’émission J.E.

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