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Les longs délais pour les travailleurs étrangers coûtent très cher aux PME

Les dossiers d’ouvriers temporaires encore bloqués dans la machine du fédéral

Annie Lajoie, propriétaire
Photos courtoisie Le propriétaire d’Échelles CE Thibault, Stéphane Thibault (à gauche), n'arrive plus à trouver de travailleurs dans son coin de pays. La propriétaire de Proflex, Annie Lajoie (à droite), se croise les doigts. Elle espère que les TET arriveront avant les vacances d’été.

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Des patrons de PME à bout de patience n’en peuvent plus d’attendre les 5000 travailleurs étrangers temporaires (TET), pris dans une « poutine administrative », qui leur fait perdre temps et argent.

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« Va falloir que quelqu’un, à moment donné, du ministère se présente, vienne au-devant, et explique pourquoi c’est si long que ça », a dénoncé Marc Tremblay, qui est président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d'industrie Drummond.

Hier, Le Journal révélait que le gouvernement du Québec allongeait la liste des professions du traitement simplifié, mais déjà la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) demande d’élargir encore plus le programme.

Chez Olymel qui pourrait accueillir 1000 travailleurs de plus, on déplore un « blocage au niveau fédéral ».

À Pierreville, dans le Centre-du-Québec, Stéphane Thibault, le propriétaire d’Échelles CE Thibault, qui attend un opérateur français et quatre soudeurs de plastique marocains, est à bout de patience.

« C’est délai par-dessus délai. Ils nous disent six mois, ensuite ils ajoutent un autre mois, après un autre trois mois. On se cannibalise entre nous, les entreprises de la région. Personne ne s’aide », soupire l’entrepreneur.

« Poutine administrative »

Près de là, Annie Lajoie, propriétaire de la PME de transformation de plastique Proflex, déplore aussi la « poutine administrative ».

« Ça nous inquiète, mon conjoint et moi, les délais, parce que l’on attend ces gens-là avant les vacances d’été », illustre celle qui attend ses employés colombiens.

Pour Yves Legault, vice-président exécutif de la firme ISA Immigration et Recrutement, l’attente fait mal. «J’ai un client qui a des amendes parce qu’il n’arrive plus à livrer ses contrats », avance-t-il.

À l'Union des producteurs agricoles (UPA), malgré des inquiétudes, on estime pouvoir s’en sortir cette année « si le printemps n'est pas hâtif », résume son directeur général, Charles-Félix Ross.

Ottawa se défend

Chez Emploi et Développement social Canada, on dit que la moyenne des délais pour le traitement des demandes d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) variait de 10 à 63 jours en février dernier.

On rappelle que des mesures ont été prises entre septembre 2021 et janvier 2022 pour accélérer le traitement de l’EIMT. 

« Ces mesures ont permis de réduire le nombre de minutes nécessaires pour examiner un seul dossier et de doubler la productivité », fait valoir Marie Terrien, des relations aux médias d’EDSC.

–Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon


Après l’agriculture, c’est la fabrication qui a davantage recours aux travailleurs étrangers temporaires (TET) avec ses 31 565 postes vacants, a rappelé vendredi Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

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