/finance/real-estate
Navigation

Qui sont les riches Québécois gourmands de maisons de luxe?

Maisons riches
Photo Pierre Olivier Zappa Cette maison, surnommée le Downton Abbey de Westmount, s’est vendue 18,5 millions $ durant la pandémie. Il s’agit de la deuxième plus importante transaction dans l’histoire du Québec. La nouvelle propriétaire est Pinar Cetin, conjointe de Rami Atallah, patron de SSENSE.

Coup d'oeil sur cet article

La pandémie n’a pas freiné l’appétit pour les propriétés de luxe au Québec. Au contraire, les transactions ont explosé. Il s’est réalisé plus de 110 ventes en deux ans pour des domaines ou des manoirs de plus de 4 M$. L’ensemble des dépenses dépasse les 660 M$.

Ces derniers jours, Le Journal a comptabilisé les transactions résidentielles dans les sept chiffres qui ont été signées devant un notaire. Constat : les maisons de prestige ont été aussi populaires depuis mars 2020 que l’ont été pendant la même période les maisons accessibles au plus grand public. 

Avec un total de 76 transactions en 2021 pour un peu plus de 446 M$, on constate que le nombre de maisons échangées pour plus de 4 M$ a plus que doublé depuis 2019, et même triplé par rapport à 2017, au Québec.

En 2018, 31 propriétés de plus de 4 M$ avaient changé de mains et 35 la cuvée suivante, soit avant l’arrivée de la COVID-19 en sol québécois.

Puis, en 2020, 35 transactions ont été réalisées pour un montant de près de 215 M$, dont celle de l’ex-patron d’Hydro-Québec, Éric Martel, et sa conjointe. 

Ces dernières années, le prix des propriétés a connu une croissance fulgurante en raison de la forte demande et des inventaires restreints.

La tendance se poursuit

Malgré un regain d’intérêt marqué des citadins pour les banlieues nord et sud de la métropole, les quartiers centraux de Montréal n’ont pas été en reste.

Les prix des tours de condos se sont maintenus à des niveaux jamais atteints, et ceux des résidences des quartiers centraux comme Ville-Marie, Westmount, le Mile-End et Outremont ont continué de grimper à des niveaux inespérés.

« Montréal et ses quartiers les plus prisés continuent de faire preuve d’une incroyable résilience », nous dit Félix Jasmin, de l’agence Engel & Völkers. 

Cette tendance à la hausse s’est poursuivie depuis janvier dernier, alors que déjà 18 transactions ont été conclues pour ce type de propriété, dont la vente de la maison au Lac-Beauport pour 5,77 M$ de l’ancien gardien de but du Canadien de Montréal et entraîneur-chef des Remparts de Québec, Patrick Roy. 

Cette effervescence pourrait toutefois être ralentie ces prochains mois en raison de l’offre qui est aujourd’hui plus limitée sur le marché. Une rareté qui, toutefois, risque fort de contribuer encore au gonflement des prix moyens.

La courtière immobilière Patricia Deguara (RE/MAX Fortin Delage) et le courtier immobilier Martin Dostie (Sotheby’s International Realty Québec) disent avoir connu des années exceptionnelles dans la Capitale-Nationale. 

« Les deux dernières années ont été très florissantes au niveau du marché de luxe. Les gens ont eu envie de se gâter et de se faire plaisir pour sortir de cette période lourde, a confié Mme Deguara. Les gens ont voulu s’offrir des vues sur l’eau, des résidences secondaires ou agrandir leur propriété. » 

« Ç’a été la folie pour ces maisons. Je n’ai jamais vu ça en 15 ans de carrière. Les gens souhaitaient avoir de plus grandes maisons, a noté M. Dostie. Le plus souvent, les gens cherchaient une vue sur un lac ou sur le bord du fleuve. »   

DÉPART CANON EN 2022 POUR LES PLUS DE 4 M$

* Du 1er janvier au 15 mars

2022 : 18

2021 : 13

2020 : 4

2019 : 8

2018 : 6

2017 : 5

Les acheteurs étrangers pratiquement invisibles  

Ces deux dernières années, en raison de la pandémie, les acheteurs provenant de l’étranger ont été invisibles ou presque dans le marché des propriétés de luxe. Ce sont surtout des Québécois qui ont magasiné ici. 

Jean-Michel Genois Gagnon et Martin Jolicœur, Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal

« La contrepartie du fait que les étrangers sont moins présents, c’est que le marché local a pris la relève », a indiqué le courtier immobilier Joseph Montanaro, spécialisé dans la vente de maisons dans les sept chiffres.

« C’est un signe très important pour le marché de luxe. Pendant longtemps, on sentait que les Québécois ne voulaient peut-être pas investir de grosses sommes d’argent au Québec », a-t-il ajouté.

En 2021, il a, entre autres, participé à la transaction pour la demeure du premier ministre, François Legault, dans Outremont, pour 4,25 millions de dollars. 

Présentement, M. Montanaro a 35 maisons de plus de 3 M$ sur le marché, dont la plus dispendieuse à 35 M$ dans Ville-Marie, à Montréal.

Le courtier affirme que le marché du Québec n’est pas le seul à avoir vu disparaître de son radar les acheteurs étrangers, notamment de l’Europe et de l’Asie. Il faut dire qu’en raison de l’interdiction des voyages non essentiels, il était plus difficile de venir visiter une maison. 

« C’était la même chose dans les grandes villes. Même New York ou Paris, c’était des marchés plus locaux. Avec la baisse des restrictions, c’est sûr que le marché de l’international va revenir », prédit celui qui est tout de même parvenu à signer une transaction de 3,5 M$ par FaceTime, ces derniers mois.

D’ailleurs, depuis six mois, il commence à recevoir de nouveau des appels d’investisseurs d’Europe, notamment des Français. C’est toutefois toujours le calme plat du côté du marché asiatique.

Avant la pandémie, le courtier montréalais avance que ses ventes conclues avec des gens d’affaires étrangers représentaient annuellement entre « 5 % et 10 % » du total de ses transactions.

Dans la région de Québec aussi 

Pour la Capitale-Nationale, le courtier Pierre-Olivier Vear confirme aussi que les acheteurs de maisons de luxe durant la pandémie ont été des Québécois. 

« Il ne s’est jamais vendu autant de maisons de plus d’un million de dollars, avance-t-il. C’est vraiment des gens d’affaires de la région de Québec qui ont bien réussi et qui ont décidé d’investir leur argent dans leur chez-soi pour profiter de leur maison durant la pandémie », poursuit-il.

Contrairement à Montréal, le courtier estime que la présence plus forte du français est une barrière pour certains investisseurs étrangers ainsi que le manque de liaisons aériennes vers la Chine et l’Europe.

Récemment, M. Vear dit avoir participé à une transaction de 5 millions $ pour une propriété à Saint--Augustin-de-Desmaures. 

– Avec la collaboration de Philippe Langlois 

Qui sont ces riches nouveaux propriétaires ?  

Qui sont les PDG, promoteurs immobiliers, chirurgiens plastiques, gens d’affaires et entrepreneurs du Québec qui se sont offert des maisons de luxe durant la pandémie ? Plus de 110 propriétés de plus de 4 M$ ont été vendues en 2020 et 2021.

Jean-Michel Genois Gagnon, Martin Jolicoeur et Philippe Langlois, Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal 

GENS D’AFFAIRES

Peter Pascali, chef de la direction de PyroGenesis Canada
Capture d'écran tirée de Youtube
Peter Pascali, chef de la direction de PyroGenesis Canada

Les gens d’affaires sont surreprésentés parmi les acquéreurs de maisons de luxe achetées pendant la pandémie.

La plus dispendieuse est située à Senneville, banlieue cossue de l’extrémité ouest de l’île de Montréal. La propriété a été vendue pour 18,75 M$ à Hui Huang et Denis Martineau. Ce dernier a fondé Aptilon Health Reach Net, qui fut ensuite acquise par la société américaine Indegene Lifesystems, œuvrant dans les secteurs pharmaceutiques et de la santé.

La deuxième transaction en importance implique Pinar Cetin, épouse de Rami Atallah, patron et cofondateur du détaillant de luxe en ligne Ssense. La vente de cette résidence, située à Westmount, a été conclue pour 18,5 M$.

La troisième maison la plus dispendieuse a trouvé preneur auprès de Photis Peter Pascali, chef de la direction de PyroGenesis Canada, société cotée en Bourse spécialisée dans la conception, le développement et la fabrication de procédés plasma avancés. Prix d’acquisition : 18 M$.

Plusieurs autres transactions ont impliqué des gens d’affaires. C’est le cas, parmi d’autres, d’Amel Murad et de Glenn Chamandy, PDG de Gildan Activewear, également inscrite à la Bourse de Toronto. Le couple s’est offert une nouvelle résidence secondaire à Austin, dans les Cantons-de-l’Est, pour 13,75 M$.

Paul Gaulin, fondateur du Groupe Emballage spécialisé, vendu à Altamont Capital Partners, a aussi choisi de déménager. Il a acheté sa maison d’Outremont des mains de l’ancien couple formé de Pierre Karl Péladeau (Québecor) et Julie Snyder (Productions J), pour 4 M$.

Enfin, dans la région de Québec, une demeure du Lac-Saint-Joseph a trouvé preneur pour 5,8 M$. Elle a été acquise par Nicolas Chrétien, président de Crakmedia, qui œuvre dans le marketing web. 

Acheteurs du secteur des affaires

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)
Voir Plus

 

BANQUIERS ET FINANCIERS 

Deep Kholsa, chef de l’exploitation de Bank of America Merrill Lynch
Capture d'écran tirée du site de Centraide
Deep Kholsa, chef de l’exploitation de Bank of America Merrill Lynch

Le milieu financier est également présent au classement des transactions les plus importantes des deux dernières années.

Longtemps associé à J. P. Morgan, Deep Kholsa, aujourd’hui chef de l’exploitation de Bank of America Merrill Lynch pour le Québec, s’est offert une résidence à Magog pour 7,1 M$. C’est le montant le plus élevé qu’a payé un membre de la finance québécoise depuis deux ans.

Une autre acquisition d’importance a été réalisée à Montréal par Barry F. Lorenzetti, le président de BFL Canada, un important cabinet de gestion de risques, de courtage d’assurance et de services-conseils en avantages sociaux. La résidence, voisine de Westmount, a été achetée 6,7 M$ du couple formé de Krystel Fournier et de Stephan Paulo Gratziani, fondateur de Herbalife Nutrition.

Un couple formé de deux dirigeants du Mouvement Desjardins a acquis une nouvelle résidence à Montréal pour 4,75 M$. Marjorie Minet agit à titre de vice-présidente exécutive, Services-conseils en gestion de patrimoine chez Desjardins. Son partenaire, Sylvain Perreault, était jusqu’en septembre dernier chef de la sécurité du Mouvement des caisses Desjardins. Il œuvre depuis, selon son profil LinkedIn, à titre d’expert-conseil en sécurité chez Desjardins.

Enfin, le couple formé de Martin-Pierre Roussel et Audrey Simard a acheté une résidence de 4,3 M$ dans le quartier Outremont, à Montréal. M. Roussel est vice-président exécutif et cochef, Financement bancaire et corporatif de la Banque Nationale. Cette maison appartenait à Jean-François Bouchard, cofondateur de Sid Lee, et à Manon Brouillette, ex-PDG de Vidéotron, devenue cheffe de l’exploitation et vice-PDG de la division consommateur de l’américaine Verizon. 

Acheteurs du secteur financier

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)

DIRIGEANTS D’ENTREPRISES 

Éric Martel, PDG Bombardier
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Éric Martel, PDG Bombardier

Près d’une vingtaine de dirigeants d’entreprises ou membres d’un conseil d’administration ont acheté une propriété de plus de 4 millions $ depuis 2020. 

Du lot, il y a l’ex-numéro un d’Hydro-Québec, Éric Martel, qui est aujourd’hui à la tête de l’avionneur Bombardier, et sa conjointe, Myriam Chiniara. Ils ont payé 5,62 M$ en juillet 2020 pour une demeure à Austin.

La vice-présidente du développement chez Warwick Hotels and Resorts, Clare Annabelle Chiu, a payé, quant à elle, 6,4 M$ pour une maison à Westmount. Elle est aussi membre du conseil d’administration à temps partiel du Musée des beaux-arts de Montréal.

Michael G. Cyr, qui est le président de Locweld, une compagnie qui se spécialise dans la fabrication de structures en treillis, a déboursé 5,35 M$ pour une maison à Stanstead, dans la MRC de Memphrémagog.

Le président et chef de la direction de Groupe WSP Global, Alexandre L’Heureux, a injecté pour sa part 5 M$ dans une propriété à Austin.

Le chef exécutif – Stratégies nationales chez Pomerleau, Francis Pomerleau, qui est aussi le fils du fondateur de la compagnie, a payé 4,03 M$ pour une demeure à Montréal en 2021 avec Sophie Dagenais. 

Acheteurs du secteur de l’administration d’entreprises

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)
Voir Plus

MÉDECINS 

Maisons riches
Capture d'écran tirée de Youtube

Quatre transactions de maisons de luxe, dont les acheteurs travaillent dans le domaine de la santé, ont été enregistrées durant la pandémie.

Le chirurgien plastique Ali Izadpanah et Sara Mohammadsadeghi ont déboursé 6,55 M$ pour mettre la main à Westmount sur la maison de 22 pièces de l’ancien pilote de Formule 1 Jacques Villeneuve.

Le chirurgien plastique Gaby D. Doumit, via la compagnie à numéro 9333-4837 Québec inc., a réalisé une emplette de 5,9 M$, à Montréal.

La directrice exécutive et scientifique en chef de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill à Montréal, Rhian M. Touyz, a payé 4,32 millions $ pour un nouveau toit à Westmount.

Finalement, le Dr Jacques Charbonneau, de l’Institut du laser cutané de l’Outaouais, a versé 4 M$ en passant par sa fiducie pour une propriété à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, à Vaudreuil. 

Acheteurs du secteur médical

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)

PROMOTEURS IMMOBILIERS 

Vincent Chiara, PDG Groupe Mach
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Vincent Chiara, PDG Groupe Mach

Plusieurs personnes dans le monde immobilier ont décidé de s’offrir une nouvelle demeure luxueuse durant la pandémie. 

C’est notamment le cas du grand patron du Groupe Mach et administrateur du producteur de cannabis HEXO, Vincent Chiara, qui a acheté une propriété via la compagnie Sarcan Austin de 12,5 M$, à Austin.

Le Groupe Mach a déboursé 1,5 G$ ces derniers mois, pour mettre le grappin sur une partie du portefeuille immobilier de Cominar.

Selon un décompte réalisé par Le Journal, ils sont huit dans le domaine de l’immobilier à avoir sorti leur chéquier pour un nouveau toit en 2020 ou 2021 d’une valeur de plus de 4 M$ en sol québécois.

Du groupe, on retrouve également Sandra Levy, de Liberty Sites, qui a déboursé 11,7 M$ pour une propriété à Westmount, Giuseppe Caprera, de Village Appartements, qui a payé 6,95 millions de dollars pour une demeure également située à Westmount. 

Acheteurs du secteur de l’immobilier

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)

ET BIEN D’AUTRES

Fabienne Larouche, réalisatrice
Photo d'archives, Agence QMI
Fabienne Larouche, réalisatrice

Denise Beaudoin, sœur de l’ex-PDG de Bombardier Pierre Beaudoin, a acheté une résidence de 5 M$ à Lac-Brome, en Estrie. On se rappellera que Mme Beaudoin a vendu son intérêt dans un vaste domaine situé à Bromont, pour 2,75 millions $ à l’automne 2017.

Le duo de producteurs, composé de Fabienne Larouche et de Michel Trudeau, à la tête d’Aetios productions, s’est acheté une nouvelle demeure à Shefford dans les Cantons-de-l’Est. Le montant payé : 4,2 M$. Cette résidence appartenait à Johanne Guimond et à Diane Giard, ex-vice-présidente de la Banque Nationale, aujourd’hui administratrice de sociétés, notamment de Bombardier et de TFI International (ex-TransForce).

La fille de Lise Watier, Nathalie Andrade, et son partenaire, David Miller, se sont acheté une maison à Westmount pour la somme de 4,2 M$. 

Ginette Péloquin et Marcel Duclos, propriétaire de quelques concessionnaires automobiles sur la Rive-Sud dans la région de Montréal, ont payé 4,55 M$ pour une maison à Boucherville. 

Acheteurs, autres secteurs

Transaction de plus de 4M$ / Avril 2020 à décembre 2021 (en $CAN)
Voir Plus

Méthodologie : Les données publiques sont tirées du registre foncier et traitées en lot par JLR Solutions foncières. Les ventes entre personnes liées n’ont pas été exclues. Le registre des entreprises du Québec a été utilisé afin de déterminer le bénéficiaire d’une entreprise. 

Westmount, le centre-ville de Montréal et la campagne, les terres de prédilection 

Une des nombreuses résidences de luxe de la petite municipalité de Westmount. Elle se trouve sur la place Braeside, tout comme la très sélecte école privée The Study.
Photo courtoisie, Sotheby’s
Une des nombreuses résidences de luxe de la petite municipalité de Westmount. Elle se trouve sur la place Braeside, tout comme la très sélecte école privée The Study.

Martin Jolicoeur et Jean-Michel Genois Gagnon, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec

Ne cherchez pas ailleurs. Sans surprise, Westmount et le centre-ville de Montréal demeurent les deux territoires de prédilection des grandes fortunes du Québec.

Des 107 transactions de plus de 4 M$ conclues au Québec depuis le début de la pandémie (jusqu’au 31 décembre 2021), près de la moitié proviennent de ces deux villes. 

Westmount, municipalité cossue d’environ 20 000 résidents, est située sur un territoire enclavé de 4 km2, niché sur les flancs sud du mont Royal et à distance de marche du centre-ville de Montréal. 

Deux très grosses transactions

Cette ville a été le théâtre d’un total de 29 transactions de plus de 4 M$ depuis mars 2020. La plus importante, rue Sunnyside, a été faite pour 18,5 M$ par Pinar Cetin, l’épouse du fondateur de SSENSE, géant du vêtement de luxe vendu par internet.

La seconde en importance, sur Summit Circle, concerne l’ancienne propriété du défunt homme d’affaires Ernest Leo Kolber, ancien sénateur, argentier du Parti libéral du Canada et président fondateur de la société immobilière Cadillac-Fairview. 

Construite en 1988 à flanc de montagne, sa maison a été cédée à ses enfants Lynne et Jonathan Kolber, avant d’être revendue 11,7 M$ à Sandra Lévy et Frederico Atkinson. Mme Lévy est présidente de Liberty Sites, propriétaire d’espaces de bureaux à Montréal.

Golden Square Mile

À un jet de pierre à l’est de Westmount, le centre-ville de Montréal est sans nul doute le deuxième lieu de résidence favori des riches Québécois. Le secteur du Golden Square Mile (ou Mille Carré doré), serti entre le sommet du mont Royal et le boulevard de Maisonneuve, regroupe plusieurs des somptueuses maisons de l’ancienne bourgeoisie canadienne-anglaise de Montréal.

La troisième plus importante transaction en importance, sur Croissant Redpath, en fait partie. Construite en 1924, la magnifique demeure située à deux pas du pavillon de médecine de l’Université McGill a été vendue en décembre 2020 pour 18 M$.

Les somptueuses résidences du 1280, rue Sherbrooke Ouest, construites aux étages supérieurs de l’hôtel Ritz-Carleton, font également partie du secteur. Trois condominiums de cette adresse ont changé de mains au cours de la pandémie.

L’un, appartenant à Sophie Desmarais, fille du fondateur de Power Corporation, a trouvé preneur pour 11 M$ auprès du PDG de Paysafe, Joel Leonoff, et sa famille. Le second a été acheté pour 8,5 M$ par la femme d’affaires Isabelle Marcoux, fille du fondateur et présidente du conseil d’administration de Transcontinental.

Les autres transactions les plus nombreuses et dispendieuses sont situées, là aussi sans surprise, dans les régions des Laurentides et des Cantons-de-l’Est. Les Cantons-de-l’Est remportent la palme avec 18 transactions de plus de 4 M$, contre seulement 13 pour les Laurentides.

Les lacs et les montagnes

Dans les Laurentides, c’est sur le territoire de Mont-Tremblant que l’on a connu la transaction la plus élevée. La résidence de Gregory Chamandy, président de Cornerstone Capital Resources (et fondateur de Gildan et Liquid Nutrition), a été vendue pour la somme de 11,8 M$ à François Carignan, président de Purkinje, qui se spécialise dans le développement et l’intégration de solutions logicielles pour le secteur de la santé.

Dans les Cantons-de-l’Est, c’est dans la petite municipalité d’Austin, voisine de Saint-Benoît-du-Lac, aux abords du lac Memphrémagog, que l’on a dénombré le plus de transactions dans la région. 

De plus, deux des sept transactions à avoir été conclues sur son territoire depuis le début de la pandémie dominent le palmarès des ventes les plus importantes de la région, toutes villes confondues. 

L’une a été vendue pour la somme 12,5 M$ à Vincent Chiara, PDG du Groupe Mach, géant de l’immobilier ; tandis qu’une autre a trouvé preneur pour 13,75 M$ auprès de Glenn Chamandy, PDG du géant québécois du vêtement Gildan.

– Avec Philipe Langlois, Bureau d’enquête

Transaction de maisons de luxe de plus de 4M$

Avril 2020 à décembre 2021 (en dollars canadiens)
Voir Plus

 

Source : Philippe Langlois, Bureau d’enquête

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.