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Terreur au bord de la rivière Brûlée

Andrée A. Michaud
Photo Chantal Poirier

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Andrée A. Michaud, une écrivaine passée maître dans l’art d’entretenir un suspense et de créer un climat de tension extrême dans ses romans, est à la hauteur de sa réputation dans son treizième roman, Proies. Ce polar littéraire saisissant est à lire absolument si vous avez envie de vous faire raconter une vraie bonne histoire de peur. Surtout si vous voulez qu’elle vous hante longtemps. L’écrivaine a imaginé l’histoire terrifiante de trois ados partis camper au bord de la rivière Brûlée. Leur petite excursion tourne mal lorsqu’ils se retrouvent dans la mire d’un meurtrier.

Au cœur du mois d’août, Alex, Aby et Jude montent leurs tentes près de la rivière Brûlée. Ils ne sont qu’à quelques kilomètres de leur village, mais se font une joie de se retrouver, sans être chaperonnés par leurs parents. 

Leur sentiment de légèreté disparaît lorsqu’ils ont le vague sentiment que quelqu’un les observe. La menace grandit et la peur s’installe, jusqu’à ce que la panique les pousse dans une course folle dont aucun ne sortira indemne. 

Andrée A. Michaud, décrivant également une nature oppressante où les éléments se déchaînent, plonge les lecteurs au cœur d’un drame où surgissent les pensées du tueur et celles de ses victimes affolées. Un prédateur. Des proies. À Rivière-Brûlée, plus rien ne sera comme avant.

Un souvenir de jeunesse

Il y a du suspense à profusion dans Proies, un roman qui a pris un peu de temps à démarrer, raconte-t-elle. 

« Pendant trois mois, sinon un peu plus, j’avais plein d’idées, mais quand je les soumettais au test d’écriture, ça ne donnait pas ce que je voulais. À un moment donné, je me suis souvenue d’une soirée avec ma bonne amie Marie-Josée, où on a évoqué un souvenir d’adolescence. »

« On était allées passer une couple de nuits dans le camp de son père, dans un endroit dans le village qui s’appelle le Trente-Sous. Son copain nous avait accompagnées. On était trois : deux filles, un gars. Et je me suis dit que ce souvenir pouvait donner naissance à un roman. »

« Bien sûr, la nuit a été tranquille, il ne s’est rien passé. On n’a pas été attaqués par qui que ce soit. Mais t’es dans le bois. Il fait noir. Il y a plein de craquements. »

Andrée A. Michaud adore les histoires de peur et se délecte en les écrivant. 

« Ça arrive que je sois consciente de l’effet que je peux produire. Mais en même temps, j’essaie vraiment d’être dans la situation, comme si j’étais là. Comme si j’étais avec les trois jeunes, Aby, Alex et Jude. »

Elle a examiné les peurs, leurs mécanismes, leurs effets. 

« On a tous eu certaines peurs dans nos vies et il y a des peurs qui subsistent et qui se réveillent. Parfois, il suffit d’un détail pour éveiller certaines peurs. J’exploite mes propres peurs et aussi toutes les peurs dont on peut être témoin, dans la fiction, que ce soit en littérature ou au cinéma. Je ne suis pas psychologue, mais à force d’en écrire, j’ai réussi à comprendre un peu c’est quoi les mécanismes de la peur et j’essaie de les exploiter. »

Peur des ours

Et elle, dans le bois ou en forêt, se sent-elle en sécurité ? « Il y a une seule chose dont j’ai peur, et j’habite à la campagne : j’ai peur des ours. À part ça, j’ai peur de rien, dans le bois. J’ai une peur viscérale des ours alors que les attaques d’ours, dans ma région, sont rarissimes. » 

Andrée A. Michaud se dit toujours aussi que, dans les bois, c’est parfois l’humain qui peut représenter un danger, bien plus que les animaux. Et on le voit dans Proies.

  • Andrée A. Michaud a écrit plusieurs romans, tous plus inquiétants les uns que les autres.
  • Elle est lauréate à deux reprises du Prix littéraire du Gouverneur général – Le ravissement (2001) et Bondrée (2014).
  • Elle a reçu le prix Arthur-Ellis du roman policier en langue française pour Bondrée (2015) et Tempêtes (2020).
  • Son œuvre est traduite en plusieurs langues et elle accumule les prix littéraires au Québec, au Canada et en Europe. 

EXTRAIT

Andrée A. Michaud
Photo courtoisie

« Le mardi 18 août d’une année dont on se souviendrait plus tard comme d’une année de deuil et de stupéfaction, trois adolescents de Rivière-Brûlée, un village perdu parmi les collines, avaient quitté la maison familiale sitôt après le déjeuner, aussi excités que s’ils partaient escalader l’Everest, pour aller camper près de la rivière qui avait donné son nom à leur localité, un cours d’eau ayant depuis longtemps oublié les feux qui avaient ravagé ses rives à l’époque où la région ne comptait que quelques âmes. »

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