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Changer le cours de l’Histoire avec Pétrole

Simon Lacroix
Photo courtoisie, Jonathan Boulet-Groulx Simon Lacroix

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Et si cela avait été médiatisé plus tôt, notre présent serait-il le même ? 

En s’inspirant d’un dossier du New York Times qui détaille que des chercheurs financés par des compagnies pétrolières avaient mis le doigt sur le réchauffement climatique il y a plus de 40 ans, l’auteur François Archambault a décidé d’écrire la pièce Pétrole, qui sera présentée en avril chez Duceppe.

« C’est une fiction documentée, explique le comédien Simon Lacroix qui tient le rôle d’un scientifique qui est engagé par une compagnie pétrolière. Le dramaturge a pris des personnages et il a changé des noms, car ce sont des gens qui ont vraiment vécu. »

Influencer de l’intérieur

Cette œuvre se déroule à deux époques, soit lorsque cet homme jeune et idéaliste est embauché par une pétrolière pour évaluer l’impact de la pollution sur l’environnement, ainsi qu’une quarantaine d’années plus tard, quand il est soupçonné d’avoir provoqué des incendies de forêt. 

« Naïf, il vient du monde des insectes, précise l’acteur en parlant du personnage principal qu’il incarne. Il est payé grassement par l’entreprise. Mais il croit qu’il peut faire changer les choses de l’intérieur, qu’il saura convaincre les dirigeants de modifier leur façon de faire pour protéger la planète. »

« On se doute bien que cela va mal finir, car les pétrolières vont le faire taire », mentionne Simon Lacroix.

« C’est fascinant, dit-il en parlant de cette époque. Je ne connaissais pas du tout cet aspect historique. C’est un moment étrange de la crise climatique où notre avenir aurait pu basculer. »

De l’humour

Malgré le côté sombre de cette œuvre, l’acteur assure que cette production est ponctuée d’humour.

« C’est pour cela que j’ai décroché le rôle, car j’ai surtout eu une carrière comique, dit-il. Le propos est très grave et les thèmes sont lourds, mais il y a beaucoup de moments drôles et humains. C’est une pièce avec une intrigue, pleine de rebondissements et qui est parsemée d’humour. »

Simon Lacroix vante le travail de François Archambault dont le texte est mis en scène par Édith Patenaude.

« La pièce est très réaliste. Cela se reflète beaucoup dans les dialogues. Le jeu est spontané, pas très théâtral. C’est intelligent, vivant et rythmé », dit celui qui planche avec Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande sur une comédie qui sera présentée l’automne prochain chez Duceppe.

Simon Lacroix se désole que le réchauffement du climat ne constitue pas davantage une urgence pour les États et la population, malgré ses graves conséquences. 

« La guerre en Ukraine met complètement au deuxième rang la crise climatique, mentionne-t-il. C’est fascinant comme on cesse d’en parler. Dès qu’une nouvelle plus immédiate se trouve dans notre face, elle prend toute la place. »

Espoir malgré tout

Bien que cette production relate un rendez-vous manqué avec l’Histoire, le comédien, qui partagera la scène avec dix autres acteurs, dont Éric Bernier et Marie-Ève Milot, voit quand même cette proposition comme une lueur d’espoir. 

« Une pièce, c’est un travail collectif. C’est l’aboutissement des efforts de plusieurs personnes, souligne-t-il. C’est un peu à l’image de ce qu’on doit faire comme société pour contrer les changements climatiques, c’est-à-dire travailler ensemble. L’être humain est capable de faire de grandes choses quand il s’y met. L’acte théâtral en lui-même est porteur d’espoir, un exemple de ce qui peut être réalisé en collaborant. »


Pétrole est présentée du 13 avril au 14 mai chez Duceppe.

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