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Les histoires d’horreur se multiplient

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Photo Pierre Olivier Zappa L’acquisition d’une résidence dans le secteur Ahuntsic, à Montréal, s’est transformée en cauchemar pour un couple d’acheteurs. Ils ont découvert, après avoir emménagé, que la fondation de béton s’effritait et que les travaux allaient coûter 200 000 $. Le nombre d’histoires d’horreur de cet acabit a explosé depuis 2 ans.

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Il n’y a rien de rose dans le secteur immobilier en ce moment. 

Parlez-en à Sylvain Brosseau, expert en bâtiment et propriétaire de Groupe Burex. Son téléphone n’arrête pas de sonner, et ces jours-ci, ce n’est jamais pour de bonnes nouvelles. Ce sont des acheteurs désespérés qui le contactent parce qu’ils viennent de découvrir le pot aux roses dans leur nouvelle propriété. Selon ses propres mots, il n’a jamais vu une telle crise.

« Le nombre d’histoires d’horreur a quadruplé et ça concerne autant des maisons de prestige que des maisons abordables, explique M. Brosseau. C’est parce que les acheteurs n’ont jamais été aussi nombreux à laisser tomber l’inspection par crainte que le vendeur rejette leur offre d’achat. »

Le phénomène des folles surenchères immobilières est en train de créer un très gros problème. Prenez l’exemple d’un duplex vendu récemment dans le secteur Ahuntsic, à Montréal. 700 000 $ pour un petit bâtiment de 1940. Les acheteurs ont remporté une surenchère parmi une vingtaine d’offres, notamment parce qu’ils n’ont pas exigé d’inspection préachat.

Fondations fichues

Ce n’est qu’après avoir emménagé dans le bâtiment que le couple découvre que la fondation en béton s’effrite. Verdict : des rénovations de 200 000 $ sont nécessaires pour éviter un effondrement. 

« La fondation est scrap, elle a été camouflée avec du crépi, et les acheteurs n’ont pas l’argent pour la rénover », explique Sylvain Brosseau.

Mur en train de tomber 

Une retraitée a récemment emménagé avec sa fille monoparentale et ses trois enfants dans un bungalow de Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle s’est rapidement rendu compte qu’un mur était en train de s’affaisser, et que plus de 150 000 $ étaient nécessaires pour réparer la structure, soit la moitié du prix payé pour la maison.

Un autre acheteur a récemment déboursé 465 000 $ pour une maison unifamiliale de Longueuil. 

Il s’est rendu compte, trop tard, que les infiltrations d’eau au sous-sol menaçaient le bâtiment. 250 000 $ sont nécessaires pour corriger un problème qui aurait pu être détecté lors d’une inspection préachat.

Forcés de jouer au casino

Mais pourquoi donc acheter une maison à l’aveuglette ? 

« En ce moment, plusieurs courtiers ne tordent pas les bras, mais ils laissent entendre que si l’acheteur inclut une clause d’inspection dans son offre d’achat, le vendeur ne la retiendra tout simplement pas », explique l’inspecteur Sylvain Brosseau.

Certains courtiers organisent des visites de 15 minutes. 15 petites minutes pour un achat de 500 000 $, est-ce raisonnable ? Et comme au casino, les acheteurs espèrent que la chance sera de leur côté. Quand vous êtes en concurrence avec vingt, trente ou quarante acheteurs, vous êtes portés à laisser quelques détails de côté. Mais c’est un pari très risqué.

Rumeur de loi en 2021...

Est-ce au gouvernement de s’imposer comme shérif au Far West de l’immobilier ? Dans certaines régions, comme Montréal, près de la moitié des maisons unifamiliales se vendent au-dessus du prix demandé.

Au printemps 2021, le ministre des Finances a flirté avec l’idée de légiférer pour rendre obligatoire l’inspection professionnelle d’une propriété avant qu’elle ne change de main.

« Les citoyens qui font des acquisitions ont tendance à limiter leurs recours légaux, à renoncer aux inspections. Ce n’est pas une bonne pratique », avait fait valoir Eric Girard en avril 2021.

Mais, rien un an plus tard

Eh bien, un an plus tard, rien n’a bougé, même la situation a empiré. Et toujours pas question pour le gouvernement Legault de s’attaquer de front au problème des surenchères secrètes.

À la page 59 du dernier budget Girard, on lit que « les formulaires utilisés par les courtiers immobiliers ont été modifiés ». Ils contiennent désormais « des mises en garde claires indiquant qu’une promesse d’achat sans clause d’inspection n’est appropriée que dans des circonstances particulières ».

En clair, on reconnaît le problème et on se contente de lancer une mise en garde du bout des lèvres. Rien de plus ! Alors que se livre une véritable guerre immobilière, on a vraiment l’impression qu’il n’y a aucun shérif en ville. Et dans un monde semblable, pour de plus en plus de familles, l’investissement d’une vie se transforme en un gouffre financier tout simplement insurmontable.

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