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Transaction avortée avec Air Canada: pas de vente de Transat à l’horizon

Un Airbus A321 d’Air Transat en phase d’embarquement.
Photo d'archives Un Airbus A321 d’Air Transat en phase d’embarquement.

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Quelques mois après la vente avortée de Transat, le président du conseil d’administration, Raymond Bachand, l’avoue candidement. Si l’entreprise québécoise était passée dans le giron d’Air Canada, cela n’aurait pas été de gaieté de cœur, même si la transaction amenait aussi des avantages. 

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« J’ai deux aspects à ma personnalité. D’un côté, j’ai été citoyen fondateur du Mouvement souveraineté-association et ministre nationaliste du Développement économique. Alors, est-ce que j’aurais eu un pincement au cœur ? Oui, clairement », a-t-il affirmé, sans filtre, lors d’une entrevue avec Le Journal.  

En 2012, c’est à sa demande qu’Investissement Québec avait acheté des actions de RONA pour la protéger d’une offre d’achat hostile. L’entreprise sera finalement vendue à Lowe’s en 2016. 

Raymond Bachand
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Raymond Bachand

De l’autre côté, comme administrateur, M. Bachand croit qu’il y avait une « rationalité » au mariage entre Air Canada et Transat. 

« Ça aurait donné plus d’opportunités aux employés, ça amène un marché mondial encore plus grand. Le siège social était quand même à Montréal dans les deux cas », a-t-il soutenu.  

Air Canada a fait les manchettes plusieurs fois lors des derniers mois pour l’omniprésence de l’anglais au sein de l’entreprise. Le patron Michael Rousseau a déclenché une tempête linguistique après son passage à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

Une situation qui est fort différente chez Transat, où le français est parlé jusque dans les plus hautes instances de l’entreprise, martèle M. Bachand. 

« Nous, au conseil d’administration, tout se passe en français, on respecte la loi 101 du Québec », dit-il. 

« Les réservations vont bien »

En 2019, Air Canada et Transat avaient convenu d’une entente, mais en raison de la pandémie, l’offre avait été revue à la baisse et la Commission européenne n’avait pas donné son aval à la transaction en avril 2021. 

L’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau avait aussi tenté d’acheter Transat à 5 $ l’action, mais avait finalement renoncé se disant bloqué par l’actionnaire principal Letko Brosseau. 

L’an passé, Peter Letko, cofondateur de la firme, avait souligné que ce n’était pas le temps de vendre l’entreprise, « pendant une crise très sérieuse ». 

Quelques mois plus tard, la situation n’a pas changé et il n’y a pas de recherche active d’acheteur, même si d’autres joueurs comme WestJet et Sunwing ont déjà annoncé leur union. « Il n’y a pas de discussions », confirme M. Bachand. 

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Depuis un an, l’action de Transat n’a pas pris du mieux et patauge toujours aux environs de 5 $. 

La situation financière demeure serrée malgré l’aide gouvernementale, mais l’entreprise a des liquidités, « un coussin financier très fort », et la demande est repartie.

« Les réservations vont bien, il y a un grand appétit de voyage. Avec la pandémie, l’épargne n’a jamais été aussi élevée que cela. Donc, les gens ont le goût de voyager », dit-il. 

Prix du carburant en hausse

Avant la pandémie, 5000 employés travaillaient pour Transat. Au plus fort de la crise, ils étaient 800 et maintenant ils sont 2000. 

Transat a dû composer avec Omicron et maintenant avec la guerre en Ukraine, qui pousse le prix du carburant à la hausse. L’entreprise est en pourparlers avec le gouvernement fédéral pour obtenir un nouveau financement complémentaire. 

« C’est une compagnie internationale, donc on a été frappé plus durement par la fermeture des frontières que les autres. [...] L’été ne sera pas comme celui en 2019, on a une flotte un peu plus restreinte. Mais l’été s’annonce bien », prédit M. Bachand.  

Les touristes vont enfin revenir  

Martin Soucy.
Alliance de 
l’industrie 
touristique
Photo courtoisie
Martin Soucy. Alliance de l’industrie touristique

Taux de change favorable pour les touristes, éloignement avec la guerre en Ukraine, levée des restrictions aux frontières, les astres sont alignés pour le Québec, qui devrait connaître une bonne année touristique.

« Les touristes seront au rendez--vous, notamment les Canadiens. Mais avec la fin de l’angoisse reliée aux tests, on va voir le retour des Américains et les touristes internationaux », affirme Raymond Bachand, qui représentait jusqu’à tout récemment l’industrie touristique, fortement touchée par la pandémie.  

Cette semaine, l’ancien ministre est revenu sur les défis à venir en 2022 lors d’un panel organisé par le Conseil du patronat, une année marquée par la guerre, l’inflation et la pénurie de main-d’œuvre. Mais malgré le contexte, le Québec pourra tirer son épingle du jeu, notamment dans le secteur touristique. 

« Je donne l’exemple de la France. Il y a plusieurs familles qui n’ont pas pu se voir depuis deux ans, donc on s’attend à une hausse. Et même sur le marché domestique, on remarque que les réservations sont assez fortes en ce moment », dit-il. 

« Oui, il y a des Québécois qui vont aller dans le Maine, mais je ne crois pas que ça réduise beaucoup ce qui va se passer au Québec », assure M. Bachand.  

Nombreux atouts

Même constat du côté de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, qui entrevoit une hausse de 75 % des touristes internationaux par rapport à 2021. 

« Il y a plusieurs facteurs positifs, notamment la levée des restrictions à la frontière. Mais le taux de change fait en sorte que c’est avantageux pour les Américains et les Européens de venir ici. Compte tenu qu’on est très vaccinés, on est aussi un marché de choix », assure le PDG, Martin Soucy. 

Les équipes de l’Alliance sont d’ailleurs sur le terrain, en France ou aux États-Unis, pour stimuler la demande de nos marchés naturels. 

« Il faut reconquérir leur cœur », image M. Soucy. 

Même le tourisme d’affaires, complètement à l’arrêt, reprendra cette année et donnera un peu de vigueur au centre-ville de Montréal. Les régions ne seront pas en reste. 

« La pandémie a permis de présenter le Québec aux Québécois. On pense qu’il y a beaucoup de gens qui vont voyager ici », espère M. Soucy. 

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