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Québec solidaire: Catherine Dorion estime que l’Assemblée nationale est «passée date»

Elle quittera la politique active en octobre pour militer à nouveau dans la rue

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La députée Catherine Dorion continuera la lutte pour Québec Solidaire «dans la rue». Son constat après quatre années à l’Assemblée nationale: les institutions démocratiques sont «passées date».

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La députée de Taschereau qui ne laisse personne indifférent a expliqué lundi sa décision de ne pas se représenter aux prochaines élections.  

En plus de vouloir passer plus de temps avec les gens qu’elle aime, Mme Dorion souhaite «laisser la chance à quelqu’un d’autre d’aller connaître ce monde merveilleux de la politique institutionnelle», a-t-elle affirmé, avec un fond d’ironie.  

Photo Stevens LeBlanc

Après un mandat, elle constate que «l’Assemblée nationale est une institution extrêmement contraignante avec des cadres rigides, vieux et “passés date”» qui «rendent difficiles les transformations sociales». 

Selon elle, le réel poids démocratique des partis d’opposition n’est pas représenté dans les décisions politiques du gouvernement. Il est «très difficile de faire exister la volonté des citoyens» qui ont voté pour elle, critique l’élue.   

«Ce sont quelques personnes qui, pendant quatre ans, font pas mal ce qu’ils veulent», dit-elle, visant directement le Conseil exécutif et les proches du premier ministre.  

«Ça, pour moi, c’est très grave. C’est inadmissible et ça nous choque tous les jours.» 

Écrire des lois

Questionnée sur son rôle de législateur à titre de députée de l’opposition, Mme Dorion a admis l’important travail que doivent néanmoins réaliser tous les élus. 

«Il y a quand même à faire [...]. Il y a des projets de loi qui s’écrivent et qui se discutent. Même si on a zéro pour cent du pouvoir, il faut aller vérifier», a indiqué la députée, ajoutant qu’il est possible de gagner quelques batailles.   

  • Écoutez l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Catherine Dorion sur QUB radio:   

Elle soutient également que son passage en politique aura été «une maudite belle aventure». Un passage qu’elle conseille à tout le monde, parce qu’il en «vaut la peine», avoue-t-elle. «Il faut que des gens qui veulent brasser le pommier et transformer aillent à l’intérieur. Mais, d’autres doivent aussi le remettre en question de l’extérieur.» 

Radio X et les conservateurs

Par ailleurs, Catherine Dorion n’est pas étonnée par la montée d’Éric Duhaime et les conservateurs dans la région de Québec.  

«Lorsqu’on écoute Radio X, Éric Duhaime est là à peu près tous les jours. Les animateurs lui font de la pub gratuite tous les jours. C’est une radio qui est quand même écoutée à Québec. On a une radio privée qui s’est carrément transformée en machine électorale pour Éric Duhaime», a plaidé celle qui compte maintenant militer contre cette «clique» qui plante tous les projets et qui nuit au développement la Capitale nationale.  

«Le tramway, c’est la bataille à mener. La gauche et les gens à Québec doivent comprendre que si on veut se sortir définitivement de ce règne-là, où c’est impossible à Québec d’avoir des choses qui améliorent la mobilité, qui améliorent le vivre ensemble et qui rendent la ville plus belle [...] il va falloir la faire cette bataille-là.» 

Photo Stevens LeBlanc

Fière de son héritage

Mme Dorion s’est dite fière de son bilan, de la lutte pour le tramway, de celle contre le troisième lien ainsi que celle contre la désinformation dans certains médias. Elle ne regrette rien, n’est pas amère ni désillusionnée.  

Ce qui la rend particulièrement fière, c’est d’avoir ajouté de la «passion», de l’«émotion» et de l’«art» en politique.  

«C’est ce qui manque aux mouvements sociaux. Ce qui manque à la politique en ce moment, c’est une intelligence émotionnelle collective», décrit-elle.  

Le chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a mentionné que la députée avait transformé la vie politique comme Amir Khadir avant elle. «Elle a poursuivi une tradition solidaire en bousculant les habitudes», a dit GND.  

Son collègue de la région de Québec, Sol Zanetti, a souligné sa peine de perdre sa complice, mais il compte militer à ses côtés et espère changer le système de l’intérieur, au cœur de l’Assemblée nationale. 

«C’est un système qui est à changer. Il y a un déficit démocratique», a-t-il mentionné.  

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