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Cessez de compter, faites-vous plaisir !

Jumping character in various poses. Group of young joyful laughing people jumping with raised hands. Happy positive young men and women
Illustration Adobe Stock

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Vous savez, nous, les chroniqueurs de finances personnelles, nous avons plutôt tendance à vous expliquer comment réduire vos dépenses.

Avez-vous vraiment envie d’entendre encore ça maintenant ? La menace d’une troisième guerre mondiale plane sur nos têtes, les nouvelles sur le climat nous dépriment, la COVID-19 s’acharne, puis voilà que Bruce Willis annonce sa retraite.

Et il y a l’inflation. La hausse des prix à la consommation nous oblige à couper quelque part, à faire des choix. Dans un contexte où l’on a surtout besoin de trouver un peu de réconfort, comment devrions-nous orienter nos décisions de consommation ?

Y a-t-il des dépenses qui font plus de bien que d’autres ?

Le bien-être dans la durée

J’ai lancé sur les réseaux un appel pour trouver un psychologue qui pourrait m’indiquer où trouver le bonheur à bon prix. Par « bonheur », je n’entends pas ce climax atteint vers 2 h 30 du matin au beau temps des raves, je pense plutôt à la paix d’esprit, la confiance en soi, le sentiment d’être utile, les plaisirs simples. Se sentir bien.

Les recommandations ont convergé vers Jacques Forest, professeur à l’ESG-UQAM.

D’abord psychologue du sport, Jacques Forest s’est réorienté en psychologie du travail. Son dada : comment stimuler la performance et le bien-être dans la durée. Ses travaux portent en grande partie sur la rémunération et les motivations, chez les travailleurs, à vouloir améliorer leur salaire. Ses recherches l’ont mené à réfléchir sur cette question connexe : l’argent peut-il rendre heureux ?

La réponse est « oui », et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’en faut pas nécessairement beaucoup.

Le malheur de l’argent

On l’a souvent entendu, le bonheur croît avec le salaire, mais il plafonne rapidement, quand on gagne autour 75 000 $. Il y a déjà plusieurs années que la recherche en psychologie a établi ce seuil, avec le coût de la vie qui grimpe, on présume qu’il a monté aussi.

Jacques Forest et d’autres savants qui s’intéressent au sujet ont montré que la satisfaction d’une personne vis-à-vis de sa rémunération dépendait surtout de ses motivations dans son désir de faire plus d’argent. Réglons celles qui ont plutôt tendance à saper le bien-être, les nuisibles : nourrir des dépenses impulsives, attirer l’attention ou l’admiration des autres et se prouver à soi-même qu’on est bon.

Ça nous donne déjà un bon indice du genre de consommation qui ne remonte pas le moral, ou qui procure du plaisir au mieux éphémère : se lâcher lousse au DIX30 pour déjouer l’ennui, changer de voiture pour imiter son voisin, acheter au-delà de ses besoins pour montrer qu’on n’est pas si loser que ça.

Alors, qu’est-ce qui fait du bien ?

Je ne veux pas vous charrier, mais toutes « dépenses » qui favorisent la sécurité financière (l’épargne, l’investissement) produisent un effet psychologique bénéfique et durable, selon Jacques Forest. Mais passons, car si les finances personnelles vous intéressent, vous êtes sans doute déjà au courant. Passez le mot quand même, je n’ai jamais trop de lecteurs.

À part ça, trois voies s’offrent à nous pour nous faire du bien, selon Jacques Forest : dépenser pour les autres, acheter des expériences et acheter du temps. À propos de ce dernier point, l’universitaire souligne que le télétravail offre une solution formidable, mais en gros cela renvoie à l’idée de se libérer plus de temps pour soi, et pour y arriver, on doit parfois sacrifier du temps rémunéré ou payer pour sous-traiter des tâches.

Quant aux dépenses liées aux proches et aux expériences, elles peuvent être réunies dans une même activité, comme inviter un ami à assister à un concert ou à une pièce de théâtre.

Le psychologue souligne qu’une expérience sera plus bénéfique si elle est partagée avec d’autres, et plus encore si elle met en œuvre une compétence, donc active. On peut penser à la formation entre amis, la pratique d’un sport ou de la musique en groupe.

À première vue, cela semble exclure les biens matériels, mais, au contraire, nuance le docteur en psychologie, tout dépend de sa situation financière et de ce qu’on achète. « Dans les premiers paliers de revenus, le matériel offre autant de satisfaction que l’expérience. Une personne qui fait son lavage à la buanderie trouvera une satisfaction durable à l’achat d’une laveuse et d’une sécheuse », illustre-t-il.

L’acquisition d’un objet qui permet d’exercer une compétence et de participer à des expériences, poursuit-il, offrira généralement un bon ratio dollar/bien-être, comme l’achat d’un instrument de musique, de matériel artistique ou d’équipement de plein air.

Un bon livre offre à lui seul des heures d’évasion.

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