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Budget: facture salée en vue à Ottawa

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Photo AFP Chrystia Freeland

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Justin Trudeau et Jagmeet Singh peuvent se réjouir. Leur alliance stratégique reçoit l’aval de quelque 60 % des Canadiens. Mais combien coûtera cette stabilité politique ? 

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, le dévoilera dans son budget jeudi. Et la facture promet d’être salée. 

Assez pour faire déchanter les électeurs ? Les libéraux font le pari que leur activisme et l’élargissement du filet social suffira à séduire la majorité. Ce pourrait être un calcul à courte vue.

Amenez-en des programmes

Déjà, la liste des promesses électorales de libéraux a de quoi donner le vertige.

De la santé au logement en passant par les changements climatiques la facture s’élevait à près de 60 milliards de dollars sur la durée du mandat. Et ça, c’est sans compter le coût d’un éventuel crédit d’impôt pour financer la captation du carbone dans les industries fossiles, technologie essentielle si le Canada veut espérer atteindre ses cibles climatiques.

Guerre en Ukraine oblige, le Canada n’a plus le choix que de hausser substantiellement son financement dans les Forces armées canadiennes. Il faudrait au bas mot 12 milliards de dollars pour répondre à nos engagements envers l’OTAN.

L’exercice aurait déjà été périlleux pour Chrystia Freeland, voilà qu’elle devra également financer les lendemains du pacte de son patron avec le NPD. La facture exacte n’est pas connue, mais la Banque Scotia l’estime entre 15 et 20 milliards de dollars pour les trois prochaines années.

Pensez-y, ça frôlerait les 90 milliards en nouvelles dépenses, pour un gouvernement déjà sérieusement endetté !

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Pas de problème ?

La ministre Freeland aura-t-elle le courage de freiner les ardeurs progressistes de son premier ministre ? Plusieurs en doutent. Elle vantait aux Communes la semaine dernière à quel point son gouvernement avait les moyens de ses ambitions !

Car la croissance économique plus vigoureuse que prévu, la hausse du prix du pétrole et du gaz contribueront certainement à gonfler les coffres de l’État.

C’est là que le vrai débat politique entre en jeu.

Faut-il se servir de cette manne inattendue pour élargir le filet social et lancer une foule de nouvelles initiatives ? Ou ne serait-il pas plus prudent d’en profiter pour éponger une partie du déficit actuel de 140 milliards de dollars ? 

Le Parti libéral sous Jean Chrétien et Paul Martin aurait certainement opté pour la prudence. Celui de Justin Trudeau a toujours favorisé la dépense.

Force est de constater que la stratégie s’est révélée rentable politiquement. Mais pendant combien de temps ?

Car ce gouvernement qui « est là pour vous », comme se plaît à le rappeler Justin Trudeau depuis le début de la pandémie, finance ses largesses avec l’argent des prochaines générations. Ces mêmes générations qui seront confrontées à un défi climatique titanesque, un virage technologique allant en s’accélérant.

Qui aura les moyens de financer la réponse à ces défis monumentaux, si le gouvernement d’aujourd’hui vide la caisse ?

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