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La 4e dose n’est pas officiellement recommandée pour les 60 à 80 ans

La position du Comité sur l’immunisation du Québec ne fait pas l’unanimité

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc La quatrième dose est actuellement recommandée pour les gens de 80 ans et plus, ceux vivant en RPA ou en CHSLD et ceux qui sont à risque.

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À partir de lundi, une 4e dose de vaccin contre la COVID-19 sera accessible aux personnes de 60 ans et plus qui souhaitent l’obtenir, mais cette dose de rappel n’est pas officiellement recommandée par le Comité sur l’immunisation du Québec. Cette position « tiède » ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les experts, alors que certains s’inquiètent de la confusion qu’elle pourrait entraîner. Le Journal fait le point.

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Que dit la Santé publique sur la 4e dose pour les 60 ans et plus ?  

Gaston De Serres
Photo d'archives
Gaston De Serres

« Ce que le ministère a annoncé, ce n’est pas qu’on recommande la vaccination aux 60 ans et plus, mais ceux qui veulent la 2e dose de rappel peuvent y avoir accès », précise d’entrée de jeu Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec et membre du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ).

« Les bénéfices nous apparaissent beaucoup moins évidents » que pour les autres groupes, comme les gens âgés de 80 ans et plus pour qui la 4e dose est recommandée, ajoute-t-il.  

La majorité des études ont démontré, après un certain temps, une baisse de l’efficacité des vaccins contre l’infection, mais la diminution de la protection contre les hospitalisations liées aux formes graves de la maladie « est beaucoup moins marquée », explique l’épidémiologiste. 

  • Écoutez l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec, sur QUB radio: 

Est-ce que les gens de plus de 60 ans en bonne santé devraient se faire vacciner ?  

Alain Lamarre
Photo d'archives, Martin Alarie
Alain Lamarre

Les avis sont partagés. « Il va y avoir un gain, mais il ne sera probablement pas très grand », affirme le Dr De Serres, puisque la sixième vague est déjà bien amorcée. « Un vaccin est bon quand tu le reçois avant la vague épidémiologique », précise-t-il. 

Alain Lamarre, spécialiste en immunologie et virologie à l’INRS, affirme au contraire que le gain est bien réel.

Selon une étude publiée en début de semaine dans le New England Journal of Medicine, la 4e dose chez les personnes de 60 ans et plus permettrait de quadrupler le niveau de protection contre les formes sévères de la maladie jusqu’à six semaines après l’injection.

« Il y a un avantage non négligeable » à recevoir cette dose de rappel puisque l’immunité conférée par la troisième dose diminue avec le temps, affirme-t-il. 

 Est-ce que l’accès au médicament Paxlovid pourrait éviter d’avoir recours aux doses de rappel ?  

Quebec
Photo Adobe Stock

Non, selon les deux experts consultés.

Le Paxlovid reste efficace pour prévenir les formes graves de la maladie, mais seulement s’il est administré rapidement.

Or, les tests rapides ont plus de difficulté à détecter rapidement le sous-variant BA.2, si bien que plusieurs jours peuvent s’écouler avant d’obtenir un résultat positif.

L’accès à ce médicament, en vente en pharmacie depuis le 1er avril, est par ailleurs réservé aux personnes à risque de complications. 

Faut-il craindre les vaccins à répétition ?  

Outre les effets secondaires déjà connus, il n’y a pas d’indication pour l’instant que l’injection d’une quatrième dose de vaccin en une courte période pourrait altérer la réponse immunitaire contre la COVID-19, affirme Gaston De Serres.  

De son côté, Alain Lamarre estime que ces vaccins à répétition pourraient engendrer « une efficacité moindre au fil du temps », un risque qui est toutefois loin d’avoir été démontré.

Puisque les bénéfices sont plus grands que les risques appréhendés, il considère qu’une personne de 60 ans et plus « n’a pas grand-chose à perdre » en allant chercher sa 4e dose.

Un intervalle d’au moins trois mois entre les doses est nécessaire.

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