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Tournoi des Maîtres: une course bien planifiée pour Bruno Lachance

Le golfeur a planté sa chaise en 1re rangée derrière le pittoresque 12e trou

Bruno Lachance
Photo courtoisie Bruno Lachance (à droite) et sa conjointe, Denise Bergeron, ont accompagné le directeur général du club de golf Royal Québec, Mario Bouchard, et son fils, Gabriel, à leur premier pèlerinage sur l’Augusta National, cette semaine.

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AUGUSTA | Jeudi matin, 4 h 15, Bruno Lachance et sa conjointe, Denise Bergeron, avaient le nez collé sur la grille de l’entrée nord de l’Augusta National. La stratégie était claire : coûte que coûte, ils devaient installer leurs chaises derrière le pittoresque 12e trou, cette normale 3 au cœur du Amen Corner.

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L’image est forte quand les portes du ANGC s’ouvrent. Même s’il est interdit de courir sur la propriété, c’est la folie furieuse. On assiste à une scène qui ressemble à la course de taureaux dans les rues de Pampelune, en Espagne. 

Les spectateurs se ruent littéralement vers les endroits les plus populaires, notamment vers le Amen Corner. 

Tout en avant de cette parade cinglée regroupant des milliers de « patrons », le couple de Québec a tenté de conserver sa priorité. 

Fin stratège et véritable passionné du Masters, de son histoire et de ses traditions, Bruno avait soigneusement analysé son chemin jusqu’au tertre de « Golden Bell ». Il n’en était pas à son premier rodéo à Augusta : c’était sa sixième présence sur la propriété. 

Il a tricoté à travers les flaques d’eau et de boue laissées par les orages de la nuit. Au pas de course, il a descendu l’allée du 18e et ensuite piqué à travers les bois du 14e et 15e. Une fois arrivé près du tertre, il a réussi à planter ses deux chaises au beau milieu de la première rangée. 

Mission réussie. Avec sa douce, par une superbe journée ensoleillée, il a pu admirer le paysage de cette cathédrale en toile de fond d’un évènement unique.

Moment en or

Tout l’or du monde n’aurait pas suffi pour les empêcher de savourer ce moment qu’ils attendaient depuis trois ans. Ils avaient rongé leur frein lors des deux récentes éditions à huis clos.

« J’avais vraiment bien préparé mon plan et étudié mon chemin. En y arrivant parmi les premiers, ce fut vraiment un exploit, a-t-il expliqué fièrement. 

C’était l’une des plus belles journées de ma vie, a assuré l’homme flanqué de sa conjointe. J’ai goûté chaque moment et j’ai pu apprécier toute la splendeur de l’endroit devant moi. J’étais chanceux de m’y trouver. »

Pour les néophytes, l’Amen Corner est au golf ce que la place Saint-Pierre du Vatican est à l’Église catholique. Un endroit sacré où sont passés tous les plus grands de l’histoire. De Jack Nicklaus et Tiger Woods à Gene Sarazen et Byron Nelson.

Dans n’importe quel amphithéâtre ou stade à travers le monde, un siège si bien positionné vaudrait des milliers de dollars. 

« Nous avons contemplé le paysage durant huit heures. Nous avons pu voir les golfeurs arriver depuis le 11e, les observer analyser la scène, les entendre parler avec leur cadet et les voir s’exécuter. C’était merveilleux », a raconté le passionné qui a senti les golfeurs autant respecter l’endroit que le craindre par ses vents particuliers. 

Souvenirs à vie

Et pas question de partir avant le passage des derniers groupes. Avec raison, car en première ronde, les Dustin Johnson, Collin Morikawa, Jon Rahm, Brooks Koepka et Rory Mcllroy étaient les derniers à négocier cette délicate portion du parcours. 

« Ç’aurait été criminel de quitter avant la fin », a-t-il rappelé. 

La tête pleine de souvenirs de cet autre pèlerinage, les Québécois ont quitté Augusta en direction de la maison. 

L’an dernier, durant la couverture du tournoi, Le Journal avait raconté l’histoire de Bruno, propriétaire d’une « Man Cave » qu’il a surnommée « Home of the Masters ». En raison de la pandémie, il l’avait fermée à ses amis afin de respecter les règles sanitaires en vigueur. 

Une fois rendu à Québec, il réfléchit encore à l’ouvrir pour les rondes finales, ce week-end. 

L’âme à la dérive depuis mars 2020, sa cave pourrait attendre une année de plus avant de la retrouver.

Augusta express     

On aurait cru revenir dans le passé, vendredi, au 18e, quand Bubba Watson a sorti un autre lapin de son chapeau avec un coup magistral. On se souvient qu’au deuxième trou de prolongation face à Louis Oosthuizen en 2012, Watson avait exécuté ce légendaire coup depuis les aiguilles de pin dans le bois à la droite de l’allée du 10e. Muni de son wedge à 164 verges, une autre trajectoire de gauche à droite lui avait permis de placer la balle à une vingtaine de pieds du fanion. Il avait ensuite gagné le premier de ses deux vestons verts. Vendredi, profondément dans le bois à la droite du 18e, il a saisi à nouveau un wedge depuis environ 171 verges de l’objectif. En frappant de toutes ses forces, sa balle a terminé sa course à deux pieds de la coupe et il a complété l’oiselet. « Pour être honnête, ceci est le meilleur coup que j’ai frappé sur ce parcours », a-t-il lâché encore sur l’adrénaline après une ronde de 73 (+1) qui lui permet de participer aux rondes finales. 

Parlant de coup spectaculaire, Stewart Cink a réalisé un trou d’un coup au 16e. Depuis 166 verges, l’Américain de 48 ans a frappé un fer 8 à la perfection. « La distance et le vent étaient parfaits pour moi. Le coup était exact. Je n’essaie pas de frapper une distance très précise, mais plutôt de frapper dans une zone de 7 à 10 verges. Cette fois, j’ai frappé plus loin que le drapeau pour que la balle revienne avec les pentes. J’ai frappé exactement là où je le souhaitais. Un contact parfait pour un coup de rêve. Quand j’ai vu les spectateurs se lever, je savais que la balle tomberait dans la coupe. »

La « coupe Longueuil » de Cameron Smith fait jaser un peu partout sur la planète. Assortie à la moustache, elle attire l’attention, surtout à Augusta ! Les gens essaient d’imaginer les photos de dimanche si l’Australien devait enfiler le veston vert. Il figure parmi les favoris. Invité à donner quelques conseils sur son « mullet », il a dit l’entretenir une fois par mois en visitant le barbier. « Plus le mois avance, plus elle devient miteuse. Cette semaine, je dirais qu’elle est plus propre qu’elle ne l’a jamais été. » Une chance... 

Mackenzie Hughes a trouvé une manière très originale de résister au couperet. Avec un double boguey au 13e, tout indiquait qu’il faisait ses valises en soirée. Mais avec une magistrale sortie de sable depuis la fosse d’allée du 18e, à 158 verges du fanion, il a sauvé les meubles avec un oiselet et une carte de 75 (+3).

« Je n’avais que très peu de marge de manœuvre. On n’en voit pas souvent des coups de la sorte depuis cet endroit. Il restera parmi le top 5 de mes meilleurs coups. Je vais m’en souvenir longtemps. » 

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